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Les caryotypes

Après les résultats qui avaient confirmé la T21, nous avons fait avec M. Koala, chacun une prise de sang pour analyser nos caryotypes.
Dans l’attente des résultats, je dormais mal. J’imaginais tout et n’importe quoi. Quelque chose d’équilibré chez l’un de nous, et que TiChou serait porteur et pourrait vivre la même chose que nous. Ça me rendait malade… Ou une faible mosaïque chez l’un de nous. Et mes pieds avec gros orteils en « sandales », chose que l’ont peut trouver chez une personne atteinte de T21, me faisait penser que ça pouvait être moi… (pas tous ont cette spécificité). M. Koala lui attendait simplement. Il disait avoir vécu durement l’attente des résultats du bébé, beaucoup plus que ceux là, ou juste il attendait.

Mais moi, si j’étais anxieuse, c’est que je savais aussi que ça pourrait déterminer l’avenir d’un éventuel bébé en bonne santé par la suite, d’un bébé tout court même…

Car, nous avons peur tous les deux que ça recommence. Rien ne pouvait présager une récidive, c’est très rare on nous a dit. Mais voilà, c’est arrivé. Qui nous dit que cela n’arriverait pas encore? On dit jamais 2 sans 3 hein. On m’a dit aussi que la troisième fois c’est la bonne :/

J’ai peur, mais d’un autre côté, ce qui pèse beaucoup dans la balance, c’est que j’ai tellement envie (et besoin) de vivre une grossesse normale (jusqu’au bout) et de ramener un bébé en bonne santé à la maison…
Alors que M. Koala, très refroidi, dit qu’il a besoin d’y réfléchir. Il se peut qu’on arrête là.
Et là c’est dur, si on est pas d’accord (à ce moment là rien n’est fait, on attend les résultats mais on en parle). Si jamais moi je veux et pas lui. Ça deviendrait compliqué. Ça voudrait dire que je devrai mettre de côté ce désir profond et l’oublier 😦
Je lui dis alors que ça serait à lui de gérer une contraception (après tout hein) et que s’il ne veut plus du tout d’enfant, il peut songer aussi à une vasectomie.
A ce moment, il ne voit pas aussi loin et dit qu’il faut réfléchir.

Nous avons eu les résultats la semaine dernière. Y a rien. Les analyses sont normales.
Alors, du coup, d’un côté, je suis soulagée car je me dis que TiChou n’a rien non plus.
Mais, on ne sait toujours pas pourquoi finalement. On se dit qu’on va attendre celui du bébé.

Presque une semaine passe encore puisque je n’ai eu les résultats qu’hier.
La trisomie est encore libre et homogène.

J’ai pu avoir le généticien.
Pour lui, c’est très rare, 2 fois « pas de chance », ça ne s’explique pas vraiment.
La translocation est écartée et le seule possibilité, très rare, serait éventuellement une T21 en mosaïque germinale (c’est-à-dire, une cellule avec 3 chromosomes 21 qui serait présente à l’endroit de la production de spermatozoïdes ou d’ovules) mais bon peu probable et surtout même avec ça un pourcentage faible pour lui pas trop possible.
Je demande s’il est possible d’analyser nos ovules (nécessité d’une stimulation du coup) et nos spermatozoïdes. Mais pour lui ça ne donnerai pas forcément d’indications intéressantes. Il m’explique que pour les spermatozoïdes il existe des aberrations qui nous ferait « peur » alors que ça arrive souvent et ne donne rien et que pour moi ça serait lourd (ponction…) et ne donnerai rien spécialement non plus. C’est pas quelque chose qui se fait trop.
Alors du coup comment savoir que cela ne se reproduira pas?
Il me dit qu’une récidive est très rare, mais que ça arrive, qu’en tout cas trois fois il n’a jamais vu.
Pour lui, (ce sont ses mots) ce serait dommage de se priver d’une grossesse vu les risques par rapport au bénéfice. Que c’est dur ce qui nous est arrivé mais qu’il n’y ait pas de raison que la prochaine fois ça ne se passe pas bien (moué).
Il me conseille pour une éventuelle prochaine grossesse. Bon déjà il faut attendre de passer le premier trimestre, dans tous les cas. Faire l’écho du premier trimestre avec prise de la clarté nuccale. Pour lui, le tri-test ne sera pas utile et me dit de venir faire directement un DPNI entre la 13ème et la 14ème semaine. Les analyses seront passées en urgence (10 jours normalement). On pourra se revoir à se moment là.
Voilà, faut faire avec ça…

J’ai eu derrière la sage femme qui m’a fait les échos, vu qu’elle souhaitait être tenue au courant des résultats (elle est en commission et notre cas est suivi là bas). Je lui ai transmis ce qu’il m’avait dit. Pour le tri-test, elle, elle préfère quand même que se soit fait car ça peut donner d’autres indications, soit. Elle me dit que oui, faut retenter, ça serait dommage. Je demande si, par rapport à mon corps il faut attendre ou pas, vu que, quand même, j’ai eu 2 moitiés de grossesse en moins d’un an. Pour elle non, aucune raison, c’est surtout quand on se sentira prêt. Elle me demande ce que j’ai eu comme prescriptions (acide folique, vitamines…) et me demande des nouvelles : comment je vais, comment je gère, si j’ai besoin d’un suivi… On se quitte sur un « courage » et « à bientôt ».

En rentrant, je fais part de tout ça à M. Koala, qui dit « ça se réfléchi ».

Le lendemain matin, réveil bisous et il me sort « tu crois qu’on aura un autre bébé ici avec nous? »
Ben comment te dire que ça va dépendre un peu de toi ^^
Je lui dis qu’il ne faut pas dire des choses comme ça s’il ne sait pas ce qu’il veut, car pour moi c’est dur.

Comme d’habitude, pendant la première semaine de vacances, je pars avec TiChou dans la famille dans le sud est, près d’Aix-en-Provence. M. Koala se retrouve donc seul (et profite ^^) et va prendre ce temps pour réfléchir…

A suivre 😉

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La crémation et la dispersion

Dimanche matin, avec TiChou, je suis allée en jardinerie, pour acheter 2 moulins à vent. Un va remplacer celui de Gabriel, qui est un peu passé par le soleil, et l’autre sera pour Elaïa. Je les ai marqué de leurs prénoms et de leurs dates de naissance.

Lundi, reprise du boulot. Je montre à mon directeur, pas sans émotion, l’acte d’enfant né sans vie (il est étonné et touché). Je lui parle de la crémation et de la dispersion, s’il m’autorise à m’absenter, que je pourrais récupérer des heures. Il me dit qu’il n’y a vraiment aucun problème, pas d’heure à poser, c’est normal et que si j’ai besoin je prenne le temps qu’il faut. Je lui dis que ça va aller, c’est juste que là, en sortant le document, c’est pas facile, mais je reprends. Je le remercie.

Je sors vite du boulot et à 12h j’étais au crématorium.
Je suis reçu par une dame et un monsieur qui m’explique qu’en fait la police est déjà passé, le scellé déjà fait et tout attend dans le four…
Je demande s’il est possible de voir mais du coup non.
Par contre, la dame me dit que la dispersion est programmée mardi à 14h et non pas le jour même.

Je préviens donc mon directeur car du coup, je suis aller travailler lundi après-midi, j’aurai besoin du mardi après-midi. Pas de problème pour lui.

Cet après-midi je me rends donc au crématorium. La dame était au courant. Elle me dit qu’on peut y aller et va chercher l’urne. C’est une petite urne en métal, qui a environ la taille d’une petite bouteille d’eau 0,5 l mais elle m’explique qu’en fait elle n’est rempli que d’un tiers à peu près.

Au jardin du souvenir, nous allons au pied de l’arbre « où est Gabriel ». Elle ma propose de disperser moi même si je le souhaite, ce que j’accepte. J’en garde un peu dans un petit sachet zip, pour en jeter à la mer, comme pour Gabriel (normalement on peut pas en garder).

On discute pas mal. Elle est gentille et compatissante. Je lui parle du projet, on parle petits anges… Elle m’explique que c’est méconnu le deuil périnatal, et que c’est depuis qu’elle fait ce métier qu’elle sait. Parce que sinon on ne se doute pas. C’est vrai, on y pense pas. Elle me souhaite du courage, du bonheur par la suite, me salue et me laisse seule. Je la remercie.

Je place les 2 moulins à vent. D’abord celui de Gabriel, qui se met à tourner, puis, celui d’Elaia, qui fait de même. Je les regarde. J’aime ce mouvement, qui donne l’impression qu’ils sont là. A chaque brise, chaque vent, ils tourneront, montrant ainsi qu’ils ont existé.

J’ai enfin compris pourquoi je vivais différemment pour Elaïa. Je les aime tous les deux, je souffre pour eux pareil. Mais j’ai réussi à laisser partir Elaïa, sans la « retenir » (c’est imagé ce que je dis). Gabriel j’avais eu beaucoup de mal.
C’est ça qu’on appelle le « lâcher prise » il me semble.
Laisser le petit ange partir là où il doit aller… 🙂

 

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Ma mission : le rdv à la mairie

Je sais plus si tu te souviens de ma « mission ». Un projet que j’avais rédigé pour la création d’un espace pour les petits anges au jardin du souvenir.
Je voulais encore relancer en janvier, souhaiter les vœux et mine de rien et demander où ça en était. Mais je n’ai pas pu vu les circonstances.

Une semaine avant l’accouchement, je reçois un appel de la mairie. Mon projet a retenu l’attention de l’élu, on me demande mes disponibilités pour un prochain entretien. On va me présenter quelque chose. Je suis contente.

La semaine dernière, on me rappelle pour fixer ce rdv au 15/02.

Dans la semaine, avec ce contact par mail de la secrétaire de l’élu que j’avais eu plusieurs fois, j’en profite pour demander un service : si les « cendres » d’Elaïa peuvent être placées au même endroit (même arbre) que celles de Gabriel. Pour que mes 2 anges soient ensembles. On m’a répondu positivement et la personne que j’ai eu ensuite au téléphone a pris des notes. J’aurai aimé qu’elle me propose de me prévenir et de venir mais bon…

Je me rend donc au rdv, avec une autre mam’ange, qui m’a aidé pour contacter l’hôpital et les cliniques pour avoir des infos (chiffres, statistiques) sur les bébés nés sans vie ou décédés.

Au rdv je retrouve le monsieur de l’état civil qui gère les décès et les cimetières. Je le reconnais et il me reconnaît aussi (vu qu’on s’est revu récemment). Il y a aussi une autre responsable et l’élu qui est arrivé plus tard.
Ils me donne des nouvelles sur ma demande « de service ». Ils me disent que tout a été réglé, ça sera fait comme mon souhait. Je remercie et dit que je n’ai aucune nouvelle de la clinique qui devait me tenir au courant de la date de crémation. Ils m’annoncent que c’est lundi, me donnent les horaires. Je ne m’y attendait pas, cela me touche 🙂
On parle du lieu. Ça sera un espace pour les touts petits : enfants nés sans vie, décédés, jusqu’à l’âge de 5 ans. Pour ceux dont les parents le souhaitent et tous ceux qui auront signé une décharge à l’hôpital ou les cliniques (crémation à la charge de l’établissement). Cela ne pourra être à l’actuel jardin du souvenir car ils me disent qu’il y a eu des dispersions partout. Ils me proposent l’ancien jardin du souvenir dans le cimetière d’à côté. Un petit jardin qui ne sert plus depuis bien une dizaine d’années, depuis que le nouveau, beaucoup plus grand, a été inauguré.
C’est donc un espace à part, clôturé avec 2 portails (on peut y rentrer). Il y a des grands pins. Il y aura un banc. Une stèle est déjà présente, elle sera re-gravée et des petites plaques pourront y être ajoutées à la demande des parents avec nom, prénom… et ça c’est chouette (le bonus!).

J’ai essayé de gratter des plantations, mais ça demande de l’entretien (y a déjà la tonte et enlever les aiguilles des pins) et il faut de la place et que ça reste sobre :/
J’ai proposé un arbre en fer forgé ou autre. Donc pour des trucs plus précis ils reviendront vers nous. J’ai pensé à ce genre de choses (arbres de vie en métal, arbre du souvenir dans un jardin du souvenir) que je leur enverrai :

Comme on est d’accord déjà sur le lieu et la stèle, le projet va être présenté à Mme le Maire pour qu’elle valide (on me dit que cela ne devrait pas poser de problème).

Fin de rdv, on se salue. Le monsieur de l’état civil, me dit « j’espère qu’on se reverra à l’état civil mais que vous soyez de l’autre côté, aux naissances, pour une bonne nouvelle, et que vous me fassiez un coucou quand même ». Cela me touche beaucoup et je lui répond « j’espère » 🙂
Il est super gentil je trouve. La dame aussi d’ailleurs, qui a été touché par nos histoires et notre demande, ainsi que l’élu.
Le monsieur de l’état civil nous raccompagne et on reparle de ce rdv, de l’approbation de Mme le Maire (que ça peut se faire vite) et de la crémation d’Elaïa. Il me redonne les horaires et me dit que je peux y aller 0_0
Je ne pensais pas pouvoir, du coup cette possibilité s’offre à moi.

Cela me fait bizarre. L’impression que tout ce que je n’avais pas pu faire avec Gabriel, qui m’avait fait souffrir, là j’ai pu (et je peux) le faire avec Elaïa… Je me pose plein de questions…

Nous sommes satisfaites de ce rdv et avons hâte de la suite.

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Cette douleur…

Cette douleur… que je connais déjà, qui commençait à peine à se « soigner » mais avec une plaie toujours ouverte tentant de se refermer. Elle s’est ouverte à nouveau, plus grande. Et même en le vivant différemment, c’est la même souffrance après.

Pour Gabriel, l’attente des résultats avait été plus douce, contrairement à Elaïa où elle était insupportable, parce qu’on connaissait l’issue.
Pour Gabriel, la naissance avait été stressante et dure, alors que pour Elaïa elle était plus douce.

C’est l’après qui est identique. La souffrance, le manque…

Et pourtant, j’avais essayé de me protéger, avec un premier trimestre presque détaché, en ne m’investissant pas dans cette grossesse, par crainte. En prenant du recul au maximum. J’avais rien acheté pour le bébé, ou presque, uniquement un petit sarouel tissu arc-en-ciel, qui allait bien à ce bébé espoir. Et c’est pendant que je cherchais le petit bonnet assorti que tout à basculé. Me retournant ainsi à la réalité. Comme quoi, rien n’est acquis ni gagné 😦

C’est peut être parce que j’ai voulu me protéger, que je n’ai pas bien réalisé. Les résultats ont atterris comme une bombe et même si je savais ce qui allait se passer, j’ai eu beaucoup de mal à y croire, à l’accepter. Ce n’était pas possible, pas mon bébé espoir…

Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. J’ai dû préparer sa venue, comme pour Gabriel, avec à l’idée d’essayer de faire ce que je n’avait pas pu/pas oser faire avec lui.

C’est le retour à la maison le plus dur. Encore une fois, les bras vides, le cœur lourd, sans bébé 😦
Avec un TiChou qui commence à comprendre un peu plus et demande si le bébé va revenir… « Et non mon cœur, c’est pour ça que je suis triste, le bébé est parti au ciel, il ne reviendra pas. Nous avons 2 bébés au ciel ».

Ce sentiment d’injustice, pourquoi encore? Pourquoi ne pas avoir un bébé espoir. Juste un. La vie s’acharne, on ne comprend pas.

L’espoir s’en est allé…

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Au revoir Elaïa…

Le jour J, on part avec TiChou pour le déposer à l’école. Sur le chemin, M. Koala se rend compte qu’il a oublié son téléphone et arrivé à l’école qu’on a oublié le sac de TiChou, chacun pensant que l’autre l’avait pris :/
Ça commence bien… J’étais déjà stressée, ça n’arrange rien.
On dépose TiChou et retourne à la maison chercher le téléphone et le sac, retourne à l’école pour déposer le sac et enfin on va à la maternité.

On nous installe dans la chambre (pas la même que la dernière fois, ça m’étonne) et on attend qu’on vienne nous chercher pour monter. On trouve le temps long et on se demande pourquoi.

Enfin, on nous dit de monter, on nous installe. La sage femme qui va s’occuper de nous se présente et me donne le comprimé. Elle me dit qu’on est libre, qu’on peut aller dehors, dans la chambre… ce qu’on veut et qu’on revienne si contractions. Dehors il fait moche, seul M. Koala y va pour fumer. Mais moi, je me dis que comme s’est allé vite pour Gabriel, que là ça sera pareil. Du coup je reste sur place et je m’installe.

Mais en fait, cela ne va pas aussi vite, et à part aller faire pipi plusieurs fois, il ne se passe pas grand chose. Du coup, M. Koala part manger. D’ailleurs, il n’y a pas grand monde non plus à l’espace naissance. Sur un trajet pour aller aux toilettes, je m’attarde à discuter avec la sage femme et l’auxiliaire de puériculture.

C’est sûrement pour ça que tout est beaucoup plus détendu : c’est pas le rush, malheureusement on connaît déjà, et aussi, tout a bien été organisé/brieffé par le gynécologue.

3h après, prise d’un nouveau comprimé (M. Koala est revenu entre temps). Mon gynécologue attend tranquillement dans la salle de repos. Et là, ça commence à bouger, et assez rapidement. Du coup, l’anesthésiste est appelé. Et là aussi, tout a été organisé/brieffé par rapport à la dernière fois. Le gynécologue a lourdement insisté (bravo à lui). Du coup, franchement, impeccable. Bon je suis tombée sur un monsieur super à la base mais, une crème quoi. On a plusieurs doses, à mettre ou pas, selon le besoin, pour faire au mieux.
La première dose c’est pas mal mais j’ai quand même mal (bon ça va hein) et je sens que ça se rapproche. Du coup, la sage femme me dit qu’elle va en remettre un peu (faut bien 10 minutes pour en ressentir les effets). Et là, je dis « trop tard ». Je perds les eaux. Bon. Je pleure, je sais que c’est « bientôt fini ». Ça s’affaire autour de moi. Une 2ème vague de liquide arrive et j’annonce que bébé n’est pas loin, je le sens. Et puis, à peine je termine ma phrase que bébé arrive sur une 3ème vague, comme un boulet (petit).
Tu es arrivée, ce jeudi 31 janvier à 15h00.
J’essaye de regarder (cette fois-ci on ne m’a rien mis sur les jambes) et la sage femme me demande si je veux voir. Oui, carrément. Elle me dit on l’essuie et vous montre. Là je sais déjà à quoi m’attendre, pas de peur ni de craintes, je connais. Gabriel était au même terme à 4 jours près. Regard plein de tendresse, de pleurs (de nous 2, aussi)… On me dit qu’elle doit être amenée mais pas longtemps (essuyée, petit examen), on donne ses affaires et l’auxiliaire revient avec.
Et c’est là que c’est bien différent aussi. On me la ramène quasi de suite et on me la donne. Gabriel lui était parti (je l’avais à peine entrevu) et je ne l’avait revu que bien plus tard en chambre. Là j’ai pu la garder tout le temps, l’admirer, la toucher (cette fois ci j’ai osé). Son petit corps était tout chaud, les détails, c’est fou, c’est déjà très bien fait. Le petit menton, les mignons tout petits pieds… Alors, bien sûr, la trisomie se voit (nuque, yeux), mais tout ça je le sais, et la différence avec Gabriel c’est que pour lui, déjà je ne connaissais pas (petit bébé, les signes), mais surtout, j’étais dans la négation pour lui. Là, bien obligée d’accepter, fatalement.
Le gynécologue avait été averti et vient contrôler. Du coup, la sage femme me dit qu’elle me la reprend, mais la pose juste à côté. Je croise pour qu’il n’y ait rien…
Le placenta a l’air entier.
Pour la petite explication, en gros, un placenta c’est une poche avec de l’eau et le cordon dedans (avec bébé bien sûr), « collé à un genre de steak » (désolé pour le mot mais c’est un peu ça). Et même si la poche est intacte, il peut rester des petits bouts de « steaks ».
Le gynéco me fait une écho endo-vaginale (hum chouette). La dernière fois c’était sur le ventre mais il me dit qu’on voit beaucoup mieux. Et c’est vrai. Même quand j’ai eu mes échos, les images étaient bien plus belles en passant par là. Soit.
Manque de bol reste quelques bouts… Le gynéco m’explique qu’il peut tenter d’enlever avec un ou 2 doigts, ça évite une anesthésie générale. Ok. On me donne un peu plus de dose via péridurale. Il enlève ce qu’il y a au plus près mais il reste un bout au fond. Et pour aller le chercher, comme il va plus au fond, ça pousse l’utérus et il doit donc le ramener avec son autre main posée sur mon ventre. Je sais pas si tu imagines, mais moi je douille en sentant ses doigts avec ses ongles sur mon ventre (pas dedans hein). Je souffre sincèrement. On me propose le gaz hilarant, toujours si je souhaite tenter sans AG. Oui oui si ça peut éviter. Alors le gaz, (au bout d’un moment) on est bien conscient, on ressent des picotements, on est un peu ailleurs tout en étant là, un peu dans le cosmos. On sent un peu moins mais franchement on sent quand même et j’ai mal. Des larmes coulent, la sage femme me rassure. Le gynéco dit que normalement c’est bon, encore une écho, qui confirme, OUF. Bon je suis quand même contente d’avoir évité l’AG.
M. Koala pose la question quand je peux rentrer à la maison et le gynéco répond qu’il sait que c’est pas évident pour moi de rester à la maternité mais qu’il aimerait une nuit de surveillance si malaise, hémorragie ou autre. On suit son avis, on lui fait confiance.

Je dois attendre 1h en salle de naissance, pour contrôle. On me la redonne, M. Koala va rentrer et aller chercher TiChou, ils viendront me voir en chambre.

Et donc toute cette heure, j’étais encore avec elle, à la regarder, la toucher. Je me suis excusée en lui disant que cela n’aurait pas dû se passer comme cela, pas une 2ème fois. Que j’étais bien dégoûtée, que j’avais envie de hurler cette injustice, cet acharnement qu’on devait subir, ma colère, mon incompréhension.
Mon espoir s’est envolé avec elle…

Puis la sage femme me propose de descendre et me demande ce que je veux faire d’elle (encore une fois, rien à voir avec Gabriel). Je lui réponds que là, M. Koala et TiChou m’attendent en chambre, du coup, je ne peut pas la garder mais lui demande de le faire pour moi et que je la récupère après, seule. J’en profiterai pour faire des photos, avec l’appareil photo cette fois (j’en avais fait avec le téléphone jusqu’à présent). Je lui parle d’empreintes. J’en ai pas eu pour Gabriel, mais là si possible, j’aimerai bien. Elle me répond que oui sans problème.

Je descends donc sans elle, et rejoint mes hommes. On profite un peu tous les 3 et ils me disent au revoir.

On m’amène à manger puis je prends ma douche et je demande à la revoir.

Là aussi j’ai pris du temps. Par contre, c’était plus difficile, car elle était froide (conservation oblige) et du coup, elle a aussi un peu changé (couleur). Malgré tout, je fais comme prévu, les photos. Ensuite, je la garde un peu avec moi. Un bon moment. Puis, je me décide à appeler les sages femmes, c’est pas très raisonnable, il faut que je lui dise au revoir 😦

Elles viennent la chercher, me parlent des empreintes (la communication est passée), ça c’est chouette. Je demande s’il est possible d’avoir un bracelet. Là encore on me dit aucun problème, on me demande son prénom que j’épelle.

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Je me permets d’en demander un pour Gabriel aussi, j’en avais pas eu. Là aussi, aucun problème, l’une d’elle note la date de naissance et elles repartent (avec elle).

Elles reviennent peu de temps après, avec de l’encre sur les doigts ^^, les 2 bracelets et les empreintes.

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Tu peux pas imaginer ce que ça représente pour moi… Un souvenir de gagné en plus.

On vient me voir 2-3 fois, je discute, on me pose des questions, me rassure, je raconte, je pleure (de l’incompréhension de la situation). Equipe au top notons le, sincèrement.

J’ai mis la TV, eu M. Koala un peu, répondu aux messages… j’ai retardé le coucher.

J’avais mal physiquement : j’ai encore les marques des 2 prises de la ponction, des ongles du gynéco sur mon ventre, les résultantes de la péri dans le dos, l’accouchement… le corps meurtri. Mais aussi une profonde tristesse…
Seule, dans le noir, en attendant le sommeil, je pleure (j’ai beaucoup retenu toute la journée) 😦

J’ai beaucoup de mal à dormir. Y a ce p**** de cathéter que j’ai dans le pli du coude du bras droit (compliqué de l’installer ailleurs), qu’on m’a laissé « au cas où » qui me gène, plus mes douleurs, plus la situation.

Au petit matin, avant la relève, prise de température et tension. Dommage, je dormais… J’arrive tout de même à me rendormir un peu. Le gynéco passe un peu avant 9h (et me réveille) pour me donner une ordonnance avec un cocktail de vitamines et autre (fer, vitamine C, vitamine K, acide folique…) parce que, quand même dit-il, je viens d’accoucher (j’ai pas du tout eu ça la dernière fois). Il me donne aussi un papier avec un rdv de contrôle et me dit de passer au secrétariat pour l’arrêt de travail, je lui dirait ce que je veux (je suis étonnée, agréablement).

Je me lève. Je vois que M. Koala a essayé de me joindre pour venir me chercher, avec TiChou qui est encore un peu maladou, pas en forme (il n’ira donc pas à l’école). Je le préviens de ne pas venir de suite. Il me reste à prendre le petit déjeuner, me doucher, aller au secrétariat du gynéco, attendre la cadre sage femme pour signer les papiers pour la crémation (à leur charge) et qu’elle me donne le certificat de naissance/accouchement.

Ce que j’attends le plus c’est le cadre sage femme. Tout est ok, j’appelle M. Koala. Il signe lui aussi les papiers et on s’en va.

Dire que la dernière fois, en partant, je me disais (avec espoir), que la prochaine fois que je viendrai, je repartirai avec un bébé… Loin de moi de penser que cela ne serait pas le cas 😦
Je repars encore sans bébé, le cœur lourd, encore délesté d’un petit morceau, envolé avec mon ange.
Cette fois-ci, je ne me dis rien, je ne crois plus en rien, l’avenir avec un bébé est incertain. Et pourtant, l’envie, le manque, est toujours là 😦

On part à la mairie pour la déclaration et on rentre… Je suis épuisée, physiquement et moralement.

J’ai maintenant 2 anges sur le livret de famille, dans le ciel et dans mon cœur.

anges-bisous

Au revoir Elaïa… Ton frère a dû t’accueillir.
Nos pensées vont vers vous ❤

 

Pensées pour toutes les mamanges (et papanges) et leurs anges ❤

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