0

Après la DPA

J’ai beaucoup redouté cette date, et pour cause…
Pourtant, elle est uniquement symbolique, je le sais bien, TiChou était prévu pour un 25 septembre et est arrivé un 1er septembre. Mais, voilà, cette date symbolique, c’est celle à laquelle mon ange aurait dû être là.

Le soin énergétique que j’avais fait m’a beaucoup aidé. Dans le lâché prise, laisser mon ange partir mais j’avais encore du travail sur moi même.

Ca commence par l’arrivée du 9ème mois, rappelé gentiment par un mail de Philipps Avent (je ne me suis pas inscrite chez eux mais ils ont eu mes données sûrement). : « vous êtes dans votre neuvième mois… » Je le savais, mais le lire…

Et donc ce dernier mois, a été difficile, triste dans ma tête. Même mon corps, comme programmé s’en souviens. En vacances, je ne fais pas attention aux dates. Une journée, je pleurais facilement, « sans raison », le soir j’ai éclaté en sanglot, trop dur quoi. Le lendemain je regarde la date. On était le 26 août. 5 mois pile que j’avais accouché. J’avais pas fais attention que c’était ce jour là, mais mon corps lui oui…dingue quand même.

Puis le jour J, grosse pensée pour lui, avec tristesse.
Ce jour là, on a pas mal discuté avec M. Koala, le soir surtout, longtemps. Je pensais être la seule à souffrir autant. Mais en fait, lui aussi souffre. On en parle pas forcément souvent, je n’ose pas, je me renferme et lui, il veut être « fort ». Ben quelque part, ça m’a fait « plaisir », dans le sens où, non je n’étais pas seule. On est d’accord sur le fait qu’on doit avancer ensemble, avoir des projets et s’y mobiliser. Pas facile mais il le faut.
En tout cas, M. Koala a bien assuré, pour plein de choses. Je ne sais pas comment j’aurai fait sans son implication et soutien. C’est tellement important. Cet amour aide à se relever.

J’ai 2 difficultés. La première, j’ai pris du poids. Comme si j’avais continué ma grossesse (peut être), le joli bidou en moins (c’est pour dire). Je ne sais pas si les hormones y ont joué, mais en tout cas j’avoue que j’ai pas trop fait attention à ce que j’ai mangé :/ A tel point que je ne m’aime pas comme ça. J’aimerai perdre du poids, mais…ça me semble difficile. Faudrait déjà que je me bouge plus…
La deuxième c’est que je me suis beaucoup renfermée, dans ma bulle, que je m’isole…sur mon PC. Je passe énormément de temps sur Facebook et sur le net en général à chercher moult choses. Alors que souvent je pourrais utiliser mon temps autrement, mais j’ai du mal à décrocher. Bref…

Et dans ma tête? Bizarrement, passée cette date, je me sens différente dans mon deuil. J’ai toujours mal hein, mais quelque chose a changé. Je suis peut être plus « apaisée ». Peut être une étape de passée. La prochaine sera peut être l’anniverciel de mon ange.

Par contre, y en a un qui se fait attendre…c’est BB3. Peut être fallait-il que je termine la grossesse de mon ange? ou peut être que j’arrive à faire des bébés qu’en décembre et qu’il me faut encore patienter. C’est long…serrer un bébé (le mien) dans mes bras ça me ferait tellement envie… Je suis mitigée en étant blasée et plaine d’espoir en même temps.
Au boulot ! ^^

Publicités
2

Fini les couches pour TiChou !

TiChou va avoir 3 ans le 1er septembre et va faire sa première rentrée… déjà OMG que s’est passé vite. Et pour aller à l’école il ne faut plus de couches.

Vers 18-20 mois, pour que ça fasse parti de la maison, j’avais acheté 2 pots Ikea basique et 2 urinoirs (maison à étage). Les urinoirs ne servent pas finalement ou une fois ou 2 à la douche.

lilla-pot-enfant-vert__0169226_PE322979_S4

Ce fût un jeu au début qui a passé. On lui proposait quand même avant le bain mais après sa période de « jeu » c’était niet. Moi qui m’était dit, vu son jeu, que je m’en occuperai l’été ben loupé il ne voulait plus. Bon pas grave il n’avait pas encore 2 ans. Mais je m’étais posé la question si du coup je ne l’avait pas assez écouté, si j’avais pas loupé le coche…bref tant pis. Il s’avère que beaucoup d’enfants peuvent s’y intéresser vers 2 ans par mimétisme. Certains s’y mettront et pour d’autres ça restera un jeu.

Et du coup, pendant 1 an, rien. Il n’était pas motivé, on ne le pressait pas, c’est pas grave hein.

Et puis, à l’approche de l’été, je me suis dit que je tenterai la culotte.
Pourquoi? Parce que je le sentais prêt mais un peu feignasse ^^
Y a plusieurs « écoles » pour « l’apprentissage de la propreté ». Certains vont mettre l’enfant sur le pot en « attendant que ça vienne », des fois ils repèrent le moment. Nos parents et avant faisaient comme ça. D’autres, te diront que c’est une acquisition, pas un apprentissage et qu’il faut attendre que l’enfant demande. Enfin, il y a ceux qui tentent l’apprentissage et l’accompagnement : la culotte et on propose.

Avec tout ça il faut surtout te faire ta propre idée et écouter ton enfant car TOI tu sais, tu ressens, tu le connais.

Pour moi, TiChou n’était absolument pas gêné de faire ses besoins dans sa couche (lavable ou jetable). Il me disait et repartait jouer. Pour moi il était tout à fait capable mais s’en foutait royalement (je te parle de mon ressentis).

J’ai donc annoncé à TiChou « bientôt les vacances mon chéri ! on essayera de ne plus mettre de couches hein ». Ravi d’être en vacances j’avais le sourire de TiChou.

J’ai la chance d’avoir les vacances scolaires et donc du temps pour que mon « projet » se fasse en continu (oui parce qu’à la crèche ils s’emmerdent pas avec faut dire ce qui est).
J’ai préféré tenter comme ça, plutôt que d’attendre si jamais il se décide, ou pas et d’avoir la pression à la rentrée. Je préférai qu’on fasse ça tranquillement tous les 2, sans pression.

Le premier jour il s’est fait dessus surtout et quelque fois pot. Deuxième jour un peu moins mais quand en sortie j’ai mis des culottes d’apprentissage lavables il a fait dedans. J’en ai donc pas remis, bilan : on s’en est pas servi ou très très peu.
Très concentré sur ses jeux ou autre il n’y pensait pas, sinon il demandait.
Troisième jour, j’ai plus aidé, plus proposé pour l’y faire penser 0 accident.
Les autres jours niquel, pas d’accident et de lui même il a demandé.

Du coup, j’ai acheté un réducteur de wc. Après avoir lu quelques avis, et visuels, mon choix s’est porté sur le Kiddyloo de Thermobaby. J’ai pu l’avoir en soldes sur cdiscount.

J’ai choisi le blanc, passe partout. On le reçoit démonté mais c’est pas compliqué. On l’installe, il se plie, très pratique.

Le plus conquis c’était TiChou. Au rdc, au revoir le pot, trop fier d’aller sur les wc et se servir seul en papier wc…

37045796_10216611591903559_6454917816721080320_n

Photo pas très nette mais tu devine TiChou ravi. Au début (et encore un peu maintenant mais il s’améliore) il fallait l’aider à baisser et remonter la culotte. Il y monte, s’installe et s’y plaît. Les poignets sont pratiques pour l’enfant. Le seul inconvénient c’est que quand on l’enlève pour nous, il faut penser à le remettre.

Le caca, il s’est un peu retenu au début mais avec un peu d’accompagnement et d’explications ça n’a pas duré. Ca s’est réglé avant que je reçoive les livres de circonstance commandés « Le grand voyage de monsieur caca » (qui parle de la formation du caca après manger et son expulsion) et « Le nouveau voyage de monsieur caca » (qui explique ce que devient le caca après la chasse d’eau). Il est très attentif à leur lecture et les aime bien. En même temps et même édition (400 coups) j’ai acheté « L’épopée de dame crotte de nez » mais pour d’autres raisons ^^

resizepicture

Pour les siestes et la nuit, au départ j’ai laissé la couche. puis, plusieurs fois d’affilé elles ont été sèches. Les 2 premières nuit où il a géré, il m’a demande vers 4-5h du matin (aïe ça pique) puis, il y est allé seul au réveil (ouf). J’appréhendais un peu quand on était pas chez nous « tu es sûr TiChou pas de couche? ou tu en veux une? » et du coup on en mettait une mais en fait tout allait bien. Juste 1 accident durant une sieste sinon RAS.

Je déclare donc TiChou officiellement continent (oué « propre » c’est bof, il n’était pas « sale » avant ^^) 🙂

Fini les couches !

Mouarf il est où mon bébé….

0

Ce qui était prévu…

J’aurai dû installer ton petit lit dans la chambre de ton grand frère (l’autre lit bébé étant toujours dans notre chambre), préparer ta venue.
Mon ventre aurait du être bien rond, la fin s’annonçant.
J’aurai écrit mon projet de naissance et eu les dernières consultations.
J’aurai déjà revendu toutes les affaires girly que j’ai acheté au cas où, fait du tri, ressorti les petites affaires (linge, petites couches lavables…).
Je serai en train de préparer ma valise pour la maternité et de t’attendre.

Mais non, tout ça n’arrivera pas.
J’ai des vacances, agréables, mais différentes.
Le ventre vide je regarde ceux des autres. Je grogne à l’intérieur quand j’en entends se plaindre, comme si elles n’avaient pas le droit. J’apprends les futures naissances et grossesses en situant où moi j’en aurai été. Je les envie.

Comme tu as été conçu le même mois que ton grand frère, j’ai plein de rapprochements.
Je l’ai amené au feu d’artifice du 14 juillet (au pécaque comme il dit ^^), lui dans mon dos en Tula toddler (qui sert jamais mais là je le voulais près de moi vu la foule). C’était pas son premier à TiChou et je me suis souvenue, qu’il y a 3 ans, j’avais TiChou dans mon bidou et je regardais le feu d’artifice à Aix-en-Provence. Et là, j’ai pensé à toi, toi aussi tu aurai dû être là, dans mon bidou, pendant ce moment. Tout me fait penser à toi ❤

J’arrive à tenir, j’avance tout en pensant à toi, mais des fois, les larmes reviennent, sans prévenir. Hier soir et ce jour c’est plus difficile. Je sais pas pourquoi. J’ai mal et je dis rien, je me cache, j’encaisse.

4 mois que tu es parti, que c’est douloureux. On approche de la DPA et c’est pas facile. J’aurai espéré qu’un petit bébé espoir arrive d’ici là, pensant que ça sera « moins dur » mais pour l’instant RAS 😦

TiChou grandit, fini les couches (je t’en parlerai dans un autre post), que je range, alors que je n’aurai pas dû. Ça m’a foutu un coup ça, mon grand garçon. Tellement fière de lui et en même temps mon mal de bébé qui ressort.

Mon espoir est grand, je me dis qu’on aura aussi notre petit bébé espoir. On racontera ton histoire. Car ma crainte, c’est que tu sois oublié, car peu de gens t’ont vu. Dur de faire comprendre que oui tu as existé et tu compte. Ta place est importante ❤
Ce petit bébé espoir, notre arc-en-ciel, ton petit frère ou ta petite sœur, qui viendra nous apporter son amour. On l’attend avec impatience. J’espère en bonne santé. J’ai confiance car tu veilles sur nous ❤

Il y a ce qu’on avait prévu, et il y a ce que la vie a prévu pour nous…
Et toi tu es loin mais tu es dans nos cœurs.

2

L’espoir fait vivre

Dans mon précédent article je te faisais part de mon état de « moins bien ». Là on va dire que c’est un peu mieux.
Difficile d’expliquer ces changements, comment ils arrivent.
En tout cas, je me suis accrochée à un espoir, qui me pousse « au mieux » : une nouvelle grossesse.
J’en suis à mon C3 après mon retour de couche. Fin du C2 j’espérai beaucoup, et les reds sont arrivées comme prévu. J’ai été très déçue. J’avais peur de retourner dans un « creux ». Mais en réalité, non, j’ai espoir, j’ai envie d’y croire, que ça va marcher.
Par contre, il est certain que j’ai toujours peur, je sais que j’aurai une grossesse stressante, mais j’ai envie de croire que, la prochaine fois, bébé sera en bonne santé. Je m’y accroche fermement.

Bien sûr je pense toujours à mon ange, rien ni personne ne le remplacera jamais. Mais j’ai envie de lui donner un petit frère ou une petite sœur, de serrer un bébé dans les bras.

Cependant, il faut que je fasse un gros travail sur moi même, et pas des plus simple, le laisser partir… Oui, il n’est plus là, mais quelque part, je m’y accroche…
Non je ne vois pas de psy (j’ai déjà fait une séance après l’accouchement et je ne m’y suis pas retrouvée), c’est pas de ça dont j’ai besoin. J’ai plus besoin de spiritualité mais c’est difficile à concevoir.

Samedi dernier, je suis allée à un soin énergétique qu’une amie très chère m’a offert. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. En tout cas elle l’a connait donc j’avais confiance. Elle a un diplôme de reiki, et fait bien d’autres choses. On a discuté, je lui ai raconté et elle m’a raconté aussi son parcours. Elle m’explique qu’il faut « casser » le lien émotionnel qui me lie à mon ange et « nettoyer » mon utérus (c’est très imager hein, j’essaye de raconter au mieux). Puis, la séance. Je suis très cérébrale, je réfléchis à plein de choses tout le temps et j’avais du mal à me laisser aller. J’ai fermé les yeux pour m’y aider et éviter de la regarder faire, parcourir mon corps avec ses mains placées au-dessus de moi. J’ai ressenti des choses un peu au cœur, mais surtout, dans mon utérus. Une fois terminé elle m’a expliqué ce qu’elle avait fait et où (j’ai donc relié ça à mes sensations). Elle m’a dit que j’étais quelqu’un de très mental (oui lol) et me dit qu’elle avait ressenti que je gardais mon ange contre moi. Oui, je lui dis que j’ai souvent cette image que je tiens mon bébé contre moi. Voilà… Elle a demandé à ce qu’on s’occupe de lui.
C’est pas évident de comprendre tout ça, faut y croire. Mais ça se rejoint de quand on parle du lâcher prise. Quand on retient quelqu’un il ne peut pas partir…

C’est très dur en tant que maman de faire ce travail sur soi. Même si je n’ai pas connu ce bébé, j’étais connectée à lui, je le désirai et il me manque d’où ma souffrance.
j’espère y arriver…

Mon état est quand même très variable. C’est surtout parce que j’ai quelquefois de la nostalgie, un état mélancolique. C’est en arrière plan car je bosse (bientôt en vacances), je profite de mon homme, je m’occupe beaucoup de TiChou, mais je n’effacerai jamais ce qui nous est arrivé. Et quelque part, je n’en ai pas envie, parce que je veux aussi me souvenir, je ne veux pas l’oublier, honorer sa mémoire. Jauger tout ça est compliqué. C’est encore récent et donc normal je pense.

Lors d’une mise au point avec M. Koala (grâce/à cause de la BM LOL), on a beaucoup discuté lors d’un trajet en voiture et il m’a expliqué son ressenti. Nous dès de début on est très investi sur la grossesse, les hommes c’est pas encore concret, il leur faut le temps (et quand on perd un bébé trop tôt, je pense que c’est d’autant plus compliqué pour eux). Nous sommes connectée à bébé, nous sommes dans une « bulle » avec lui. Eux sont à côté. J’ai compris qu’il avait fait beaucoup de choses « pour moi » comme la déclaration (pas qu’il n’en avait pas envie mais il n’y aurait pas pensé), déposer la pierre au jardin du souvenir, l’ange posé dans notre salon (un crève-cœur apparemment pour lui, mais qu’il laisse pour moi, parce que j’y tiens, que ça me fait « plaisir »)… L’un et l’autre nous faisons des concessions. Je lui laisse vivre son deuil comme il le sent, sans reproche que ce n’est pas « assez » pour moi (mais de tout façon je ne juge pas), et lui me laisse vivre le mien, m’accompagne. Finalement, même si on en parle pas (à fond) souvent, quelque part, cela nous a « uni », un lien fort est là.

Je vais te raconter quelque chose qui m’a bouleversé… Dans la crèche de TiChou (dans sa section), il y a un petit garçon atteint de T21. L’an dernier il était déjà avec lui. Je l’avais déjà vu plusieurs fois. Je trouve ça bien qu’il soit intégré. Je ne sais pas quel âge il a exactement. C’est un enfant qui vient occasionnellement (la maman ne travaille pas je pense). Le vendredi je vais chercher TiChou pour 14h30. Il sortait de la sieste, je patientais. Ce petit garçon était là. La nounou ayant rejoint la salle de change (ouverte), il était seul dans la pièce qui jouxte l’entrée où j’étais. Je l’ai observé. Il avait de petites mains, une bouille sympa, une langue qui sortait (tout le temps). Il ne parle pas mais a des expressions. J’ai continué à le regarder et je sentais les larmes monter… Je pensais à mon ange… Pour ne pas pleurer totalement là bas, je me suis ensuite concentrée sur l’écran de TV où l’on peut voir les photos des enfants prises pendant des activités/sorties…
La vie nous confronte à nos réalités…

J’aimerai dire à mon ange que je l’aime, qu’il peut partir sans crainte. Je vais y arriver.
J’espère qu’il est bien, qu’il ne nous en veut pas, qu’il comprend, qu’il veillera sur notre famille.
On ne l’oubliera pas… ❤

2

Le creux de la vague

Une amie m’a expliqué que quand on vit un deuil on passe par des vagues, des hautes, des basses. Et du coup je me dis que je suis en vague « basse » en ce moment.
Pourtant il me semblait que j’arrivait à « bien gérer »…
Une tristesse, une nostalgie s’empare de moi. Je repense à mon ange plus souvent, je verse plus de larmes aussi. Je l’imagine…et si…mais non.
Je pensais à un « coup de mou ».
Je ne pense pas que la fête des mères y soit pour quelque chose vu que j’aurai dû être encore enceinte.
Mais, coïncidence ou pas, ça a commencé juste après ce week-end là. On en parle avec M. Koala. Bon point tu me diras, sauf qu’en me livrant (à sa demande), il me répond « oui mais tu te fais du mal »… (typique de l’homme qui vit son deuil à sa façon : y penser c’est se faire du mal…). Ce à quoi j’ai répondu que si c’était pour me répondre ça c’était pas la peine qu’il me pousse à en parler, ça aide pas… Je lui explique que je prends sur moi, ce qui ne veut pas dire que j’oublie : « je pense à Gabriel tous les jours ». Il me répond que lui aussi, mais apparemment différemment.
J’ai mes règles, je commence mon C2. Il me dit qu’il a l’impression que je suis « contente », qu’on dirait que je n’en veux pas d’autres. En fait, je suis déçue, j’ai envie et besoin d’un bébé, mais effectivement, je lui avoue que, quelque part, je suis rassurée. Quand ça arrivera il y aura l’anxiété, la peur, les futurs examens…et j’ai pas hâte de tout ça 😦
Il me dit que c’est arrivé une fois, il me rappelle « la faute à pas de chance » qu’on nous a dit. Oui mais… il n’y a pas que ça. Maintenant je sais (concrètement) que des choses pas prévues peuvent arriver. Pas que je l’ignorai avant, non, mais là je suis « concernée », j’ai un « antécédent », je sais… et je sais que je ne suis pas seule, et pas uniquement pour la T21.

Jusque là, j’arrivais depuis récemment à pouvoir raconter sans me mettre à pleurer, et puis… Y a une semaine je me suis rendue à un café de mam’anges, prévu depuis un moment. J’avais hâte et j’appréhendais en même temps. Déjà sur le trajet j’ai senti que ça allait être plus difficile que ce que je pensais, et j’ai versé des larmes. Je m’installe et les organisatrices présentent le principe et là, et tout le reste du temps je n’ai fais que pleurer. Je me suis présentée la dernière et tout le long des présentations des autres mam’anges, et jusqu’à la fin, j’ai pleuré sans pouvoir me retenir. Et encore plus à la fin quand on a toutes écrit sur un papier qu’on a attaché à un ballon gonflé à l’hélium pour un lâché. C’est difficile de laisser partir le ballon et le voir s’envoler au loin…
Elles voient des « signes » elles pour leur ange. Ca m’attriste. Je suis peu être trop terre à terre, je sais pas, mais moi j’ai rien 😦

J’ai aussi besoin d’en parler, de raconter mais pas évident de trouver des personnes « intéressées » ou juste à qui on peut le faire (et pas encore au courant). J’ai pas eu de déconvenue à celles à qui j’en ai parlé en tout cas.

Tout ça me fait dire que je suis loin, très loin d’être « mieux », et en même temps, c’est normal, ça fait juste un peu plus de 2 mois, c’est encore tout récent. Mais là je suis plus dans une phase ou j’essaie beaucoup de l’imaginer 😦
Pas de regrets, non, je pense avoir fait au mieux pour lui, mais il me manque quand même ❤

J’en suis à mon C2 donc, à suivre.

2

La peur

Avec M. Koala nous sommes officiellement en essais bébé, mais…

J’ai peur.

Je pense à mon ange, à ce qui s’est passé.

Peur de revivre la perte d’un bébé. C’est tellement dur, je crains tout.

J’ai peur de tout, avant même que ce bébé ne soit là.

J’apprendrai une grossesse, je ne pourrais me réjouir, non. En tout cas, pas avant d’être entièrement rassurée, et encore, à sa naissance peut être.

J’ai été touchée en plein cœur, marquée à vif…

On me dit qu’il n’y a pas de raison. Certes, mais il n’y en avait pas non plus pour mon ange.

D’autres me disent que je peux toujours patienter. Mais c’est pas le temps qui y changera quelque chose, on oublie jamais. De plus, nous avons besoin d’accueillir un bébé dans notre maison, nos bras.

J’appréhende cette grossesse. Cela ne sera jamais plus pareil. Moi qui était sereine pour les précédentes, positive. J’ai perdu mon insouciance, ma zenitude, terminé.
J’espère que je pourrais être bien entourée (ça encore je pense que oui, la sage femme était super), rassurée un max. J’appréhende chaque examen, chaque résultat, avant même que cela se présente. Je serai sûrement plus surveillée, je ferai peut être plus d’examens, parce que j’ai « un antécédent ».

Il y a quelques temps, j’ai rêvé que j’étais enceinte d’une petite fille, et que j’accouchait. Je regardais ce bébé, et le lien ne se faisait pas. Le sentiment que ce n’était pas « le bon bébé ».
Ben non forcément, je le sais que ça ne sera pas le même. Pourquoi ce rêve je ne sais pas. Je ne me pose même pas la question de si j’aimerai ce bébé, c’est évident, je l’aimerai peut être « trop » même je pense. Peut être même que j’aurai du mal à « le lâcher ». J’ai tellement ce manque de serrer mon bébé dans mes bras…

Bref, je suis terrorisée 😦 mais j’en ai aussi tellement envie…

8

1 mois après

Mon deuil
1 mois sans mon ange, où il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui.
Plusieurs fois par jour même.
J’ai souvent rêvé que je tenais mon bébé dans les bras, que je le serrais contre moi, que je le berçait.
J’y pense tendrement, amèrement aussi, car je trouve cela toujours injuste ce que la vie nous a imposé.
j’essaye de vivre avec, d’avancer.
On s’est beaucoup recentrer sur nous. Nous 2, nous 3, nous retrouver. Ca nous a beaucoup rapproché.

Sa place, nos souvenirs
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est de « m’occuper de lui ». De lui faire une place, qu’il ait une existence (son couffin, son coin chez nous, son coin au jardin du souvenir, sa boîte à souvenirs, la déclaration à l’Etat Civil, son prénom).
Les photos de la photographe ont été une révélation. Je les ai reçus avant nos vacances. Ca m’a fait une sensation bizarre quand je les ai vu. Pourtant, je n’avais pas oublié. Le jour de l’accouchement, j’avais pas voulu/ pas vu les traits de la trisomie. L’émotion, la douleur peut être. A tel point que je me posais des questions, « et si? ». Et là, j’ai vu. Ca m’a beaucoup apaisé, comme si, effectivement tout prenait son sens, c’était à cause de la T21, pas d’erreur possible. Je le savais mais j’ai eu besoin de « voir » je pense, que se soit flagrant, mais aussi, que je sois prête à voir. Cela ne change rien de mon amour pour lui de toute façon. Surtout, je n’éprouve plus la culpabilité qui me rongeait.

Son coin chez nous (case meuble Ikea)

30831248_10215993567493335_1664412578_n

Son coin au jardin des souvenirs

30784986_10215990548497862_1091920662_n

Sa boîte à souvenirs (moins haute que celle de TiChou, avec les échos, examens, cartes, mots, poèmes, cadeaux, doudous, photos…)

30859785_10215993567973347_276833287_n

Le couple
M. Koala avait peur de tout ça. Peur que « je me fasse du mal », que je reste dans ma tristesse à pleurer sur les souvenirs (photos par ex). Je l’ai rassuré en lui disant que ça serait rangé, à disposition si on le désirait, que j’avais besoin de m’occuper à tout ça. il m’a fait confiance.
Au niveau du couple ce qui n’est pas simple c’est qu’on ne réagit pas de la même manière. Personne tu vas me dire. Mais homme/femme c’est très différent. Une épreuve sépare ou rapproche, c’est inévitable. L’homme veut montrer qu’il est fort, qu’il est là, qu’il soutient. Mais il a quand même ses faiblesses. Le mien a tenu. Il est triste mais tient. J’aurai sombré dans une profonde dépression, est-ce qu’il aurait tenu dans la durée? Personne ne sait, mais quand on passe en mode survie on se préserve…
Quand moi j’ai eu besoin de faire tout ça, lui mettait ça dans un coin de sa tête. Pas qu’il n’est pas touché, pas qu’il n’y pense jamais, mais pour se préserver. On est très différent. Mais ce qui est important c’est qu’on en parle, qu’on s’écoute. Il n’a pas tout compris mes besoins, des fois m’approuvant (bonne idée), d’autres m’observant avec la crainte de me voir sombrer.
Quand j’ai annoncé vouloir voir notre bébé après l’accouchement, il m’a regardé sans rien dire. Et puis, c’était devenu pour lui une évidence.
Quand je lui ai parlé de la photographe, j’ai failli passer « pour une folle ». Mais je lui ai expliqué. Il a voulu les voir et il trouve que c’est bien de les avoir.
Quand j’ai fais la pierre pour le jardin du souvenir, il m’a regardé d’un air perplexe. Pour autant, il a souhaité m’accompagner. Il a voulu voir « où notre ange était » (où les cendres avaient été déposées) et participer à faire ce petit coin. Il a été touché, c’est certain, et c’est pour ça qu’il ne l’aurait pas fait de lui même. Mais au final, il a apprécié ce moment.
Est-ce qu’on a changé? Je sais pas trop. C’est peut être un peu trop tôt pour le dire. J’ai l’impression que lui s’est plus rapproché et que moi, je vois les choses différemment, sous un autre angle maintenant. A voir avec le temps.

Pas seuls
Qu’est-ce qu’on est nombreux je trouve à être paranges… trop en fait. Bien sûr on a des amis qui ont connu le deuil périnatal mais on pense toujours que c’est rare. En vrai, quand on lance le sujet, on est pas seuls. Ca permet d’échanger, de se sentir moins seuls ok mais non ce n’est pas rare et ça fait peur.
J’ai lu qu’une grossesse sur 5 ne se passe pas comme prévu, je trouve ça énorme.
On est impuissant face à tout ça et je me pose beaucoup de questions sur le pourquoi.

Le contrôle technique
Ce matin rendez-vous de contrôle avec le gynéco avec une écho. Il me montre l’écran où l’on ne voit rien et avec un grand sourire, l’air satisfait, il me dit que c’est vide. Sauf que ça n’a pas le même sens pour lui et pour moi. Lui rassurant que « le nettoyage » de mon utérus soit une opération réussie, moi vide de mon ange… oui, vide…
On parle contraception, futur enfant, il veut savoir ce que je veux. On veut laisser faire la nature, qui j’espère, cette fois-ci, sera plus sympa avec nous.
C’est « accidentel ». Tel est le terme employé dans les résultats du caryotype fraîchement reçu. Une trisomie libre et homogène sans aucune cause génétique, je suis rassurée, en partie, jusqu’à la prochaine grossesse…

Ma liste
Je remercie M. Koala pour avoir été là, m’avoir soutenue. Ca peut paraître évident mais pas forcément. J’étais pas bien, il ne s’est pas posé de question, il a pris le relais. Je sais qu’il a pris sur lui alors que lui aussi était triste.
Y a ceux qui ont envoyé des messages/mots/cadeaux, je les en remercie.
Y a ceux qui en plus m’ont proposé de téléphoner quand je voulais. Je m’excuse de ne pas l’avoir fait. Je n’ai pas osé mais surtout, pas capable d’aligner quelques mots sans pleurer, je n’ai tout simplement pas pu. J’espère qu’ils comprendront.
Y a ceux qui n’ont rien dit, mais qui ont pensé quand même à nous.
Y a ceux qui étaient gênés, qui n’osaient pas, ne le soyez pas, je ne vous en veux pas.
Y a ceux qui nous ont fuit. Peut être qu’on les retrouvera un jour… ou pas.
Y a ceux qui ont eu des vilains mots. Ceux là on ne les verra plus.
J’ai entendu dire, pour me « consoler », que bon, j’avais quand même de la chance d’avoir un enfant (TiChou) en parfaite santé. 2 j’avais pas le droit?
Y a ceux qui ne comprennent pas comment on peut « déjà » envisager BB3.
On m’a demandé si je me sentais mieux…
On m’a dit que je devrai arrêter d’y penser.
Y a ceux qui parlent devant moi de leur futur bébé à venir en oubliant que moi je n’aurai pas le mien.
Y a ceux qui zappe notre ange, par mégarde, et d’autres volontairement comme s’il ne comptait pas. Ceux là j’ai envie de leur coller le livret de famille sous leur nez.
Y a ceux qui ne parle pas de la trisomie, comme si c’était honteux. N’importe quoi.
Y a ceux qui pense que ce n’était qu’un fœtus. A ceux là je voudrai leur dire que certes le terme médical est exact, mais que derrière y a des sentiments, que c’est un bébé, notre bébé…

Il restera à jamais mon bébé, il ne grandira jamais…sa place restera toujours vide…