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La crémation et la dispersion

Dimanche matin, avec TiChou, je suis allée en jardinerie, pour acheter 2 moulins à vent. Un va remplacer celui de Gabriel, qui est un peu passé par le soleil, et l’autre sera pour Elaïa. Je les ai marqué de leurs prénoms et de leurs dates de naissance.

Lundi, reprise du boulot. Je montre à mon directeur, pas sans émotion, l’acte d’enfant né sans vie (il est étonné et touché). Je lui parle de la crémation et de la dispersion, s’il m’autorise à m’absenter, que je pourrais récupérer des heures. Il me dit qu’il n’y a vraiment aucun problème, pas d’heure à poser, c’est normal et que si j’ai besoin je prenne le temps qu’il faut. Je lui dis que ça va aller, c’est juste que là, en sortant le document, c’est pas facile, mais je reprends. Je le remercie.

Je sors vite du boulot et à 12h j’étais au crématorium.
Je suis reçu par une dame et un monsieur qui m’explique qu’en fait la police est déjà passé, le scellé déjà fait et tout attend dans le four…
Je demande s’il est possible de voir mais du coup non.
Par contre, la dame me dit que la dispersion est programmée mardi à 14h et non pas le jour même.

Je préviens donc mon directeur car du coup, je suis aller travailler lundi après-midi, j’aurai besoin du mardi après-midi. Pas de problème pour lui.

Cet après-midi je me rends donc au crématorium. La dame était au courant. Elle me dit qu’on peut y aller et va chercher l’urne. C’est une petite urne en métal, qui a environ la taille d’une petite bouteille d’eau 0,5 l mais elle m’explique qu’en fait elle n’est rempli que d’un tiers à peu près.

Au jardin du souvenir, nous allons au pied de l’arbre « où est Gabriel ». Elle ma propose de disperser moi même si je le souhaite, ce que j’accepte. J’en garde un peu dans un petit sachet zip, pour en jeter à la mer, comme pour Gabriel (normalement on peut pas en garder).

On discute pas mal. Elle est gentille et compatissante. Je lui parle du projet, on parle petits anges… Elle m’explique que c’est méconnu le deuil périnatal, et que c’est depuis qu’elle fait ce métier qu’elle sait. Parce que sinon on ne se doute pas. C’est vrai, on y pense pas. Elle me souhaite du courage, du bonheur par la suite, me salue et me laisse seule. Je la remercie.

Je place les 2 moulins à vent. D’abord celui de Gabriel, qui se met à tourner, puis, celui d’Elaia, qui fait de même. Je les regarde. J’aime ce mouvement, qui donne l’impression qu’ils sont là. A chaque brise, chaque vent, ils tourneront, montrant ainsi qu’ils ont existé.

J’ai enfin compris pourquoi je vivais différemment pour Elaïa. Je les aime tous les deux, je souffre pour eux pareil. Mais j’ai réussi à laisser partir Elaïa, sans la « retenir » (c’est imagé ce que je dis). Gabriel j’avais eu beaucoup de mal.
C’est ça qu’on appelle le « lâcher prise » il me semble.
Laisser le petit ange partir là où il doit aller… 🙂

 

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Ma mission : le rdv à la mairie

Je sais plus si tu te souviens de ma « mission ». Un projet que j’avais rédigé pour la création d’un espace pour les petits anges au jardin du souvenir.
Je voulais encore relancer en janvier, souhaiter les vœux et mine de rien et demander où ça en était. Mais je n’ai pas pu vu les circonstances.

Une semaine avant l’accouchement, je reçois un appel de la mairie. Mon projet a retenu l’attention de l’élu, on me demande mes disponibilités pour un prochain entretien. On va me présenter quelque chose. Je suis contente.

La semaine dernière, on me rappelle pour fixer ce rdv au 15/02.

Dans la semaine, avec ce contact par mail de la secrétaire de l’élu que j’avais eu plusieurs fois, j’en profite pour demander un service : si les « cendres » d’Elaïa peuvent être placées au même endroit (même arbre) que celles de Gabriel. Pour que mes 2 anges soient ensembles. On m’a répondu positivement et la personne que j’ai eu ensuite au téléphone a pris des notes. J’aurai aimé qu’elle me propose de me prévenir et de venir mais bon…

Je me rend donc au rdv, avec une autre mam’ange, qui m’a aidé pour contacter l’hôpital et les cliniques pour avoir des infos (chiffres, statistiques) sur les bébés nés sans vie ou décédés.

Au rdv je retrouve le monsieur de l’état civil qui gère les décès et les cimetières. Je le reconnais et il me reconnaît aussi (vu qu’on s’est revu récemment). Il y a aussi une autre responsable et l’élu qui est arrivé plus tard.
Ils me donne des nouvelles sur ma demande « de service ». Ils me disent que tout a été réglé, ça sera fait comme mon souhait. Je remercie et dit que je n’ai aucune nouvelle de la clinique qui devait me tenir au courant de la date de crémation. Ils m’annoncent que c’est lundi, me donnent les horaires. Je ne m’y attendait pas, cela me touche 🙂
On parle du lieu. Ça sera un espace pour les touts petits : enfants nés sans vie, décédés, jusqu’à l’âge de 5 ans. Pour ceux dont les parents le souhaitent et tous ceux qui auront signé une décharge à l’hôpital ou les cliniques (crémation à la charge de l’établissement). Cela ne pourra être à l’actuel jardin du souvenir car ils me disent qu’il y a eu des dispersions partout. Ils me proposent l’ancien jardin du souvenir dans le cimetière d’à côté. Un petit jardin qui ne sert plus depuis bien une dizaine d’années, depuis que le nouveau, beaucoup plus grand, a été inauguré.
C’est donc un espace à part, clôturé avec 2 portails (on peut y rentrer). Il y a des grands pins. Il y aura un banc. Une stèle est déjà présente, elle sera re-gravée et des petites plaques pourront y être ajoutées à la demande des parents avec nom, prénom… et ça c’est chouette (le bonus!).

J’ai essayé de gratter des plantations, mais ça demande de l’entretien (y a déjà la tonte et enlever les aiguilles des pins) et il faut de la place et que ça reste sobre :/
J’ai proposé un arbre en fer forgé ou autre. Donc pour des trucs plus précis ils reviendront vers nous. J’ai pensé à ce genre de choses (arbres de vie en métal, arbre du souvenir dans un jardin du souvenir) que je leur enverrai :

Comme on est d’accord déjà sur le lieu et la stèle, le projet va être présenté à Mme le Maire pour qu’elle valide (on me dit que cela ne devrait pas poser de problème).

Fin de rdv, on se salue. Le monsieur de l’état civil, me dit « j’espère qu’on se reverra à l’état civil mais que vous soyez de l’autre côté, aux naissances, pour une bonne nouvelle, et que vous me fassiez un coucou quand même ». Cela me touche beaucoup et je lui répond « j’espère » 🙂
Il est super gentil je trouve. La dame aussi d’ailleurs, qui a été touché par nos histoires et notre demande, ainsi que l’élu.
Le monsieur de l’état civil nous raccompagne et on reparle de ce rdv, de l’approbation de Mme le Maire (que ça peut se faire vite) et de la crémation d’Elaïa. Il me redonne les horaires et me dit que je peux y aller 0_0
Je ne pensais pas pouvoir, du coup cette possibilité s’offre à moi.

Cela me fait bizarre. L’impression que tout ce que je n’avais pas pu faire avec Gabriel, qui m’avait fait souffrir, là j’ai pu (et je peux) le faire avec Elaïa… Je me pose plein de questions…

Nous sommes satisfaites de ce rdv et avons hâte de la suite.

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Ma mission

Il y a quelques temps, sur ma page Facebook, je t’avais fait part de mon effroi lorsqu’en retournant au jardin du souvenir où avait été dispersé les cendres de mon ange il n’y avait plus rien de ce que j’avais mis. Le règlement avait été appliqué. J’ai pu récupérer « les affaires » mais j’étais triste qu’il n’y ait plus rien.

Et puis, sur un groupe Facebook de deuil périnatal de Toulouse, je suivais leur démarche. Là bas, il y a un espace pour les petits anges et les mamanges voudraient avoir des stèles comme à Merignac (Bordeaux métropole) avec des plaques.

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Déjà qu’il y ait un espace pour les petits anges ça serait chouette, mais si en bonus y a des plaques encore plus. Mon ange ne serait pas dans cet espace, mais je pense à toutes les mamanges (et papanges) qui seront « rassurées » de savoir « où est leur ange ».

Me voilà donc en train de passer des coups de fils, pour savoir qui est responsable de quoi, à qui confier ce projet. Chose faite, j’ai contacté le crématorium de Montauban (pour avoir plus d’infos), celui de Mérignac (pour savoir comment ça se passait chez eux), des associations (pour avoir leur soutien : AGAPA, souvenange, chemin des étoiles), le service de l’état  civil (pour avoir des chiffres). J’ai même embarqué une mamange dans ce projet qui elle, de son côté, a contacté les différentes maternités, de l’hopital et des cliniques de Montauban pour avoir des chiffres également.

J’ai donc envoyé un mail avec mon courrier contenant le projet, des liens internet vers des articles sur des installations comparables et leur importance, des photos des stèles de Mérignac et les dimensions… et j’ai joint un croquis. Bon pardonnez-moi mon « art », je ne dessine pas bien mais ça donne une idée.

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J’ai imaginé cet espace faisant face à un banc, pour se recueillir. Une stèle avec les plaques de chaque petits anges (pour les paranges qui le souhaitent), un arbre (représentant l’arbre de vie) en fer forgé ou un vrai arbre et devant, une dalle pour pouvoir déposer un petit objet.

Dans mon projet, j’ai aussi parlé d’une demande d’embellissement du carré des anges au cimetière.

Voilà le projet est parti, j’ai eu l’accusé de réception du cabinet de l’adjoint au maire qui a en charge le cimetière… J’ai demandé à être reçue.

Ce projet me tient beaucoup à cœur. Je voudrai que nos anges aient une place, soient reconnus. Qu’on nous laisse une place aussi.

En parallèle, avec la mamange que j’ai embarqué, nous avons créé une page Facebook, spécifique au deuil périnatal sur notre ville (et département bien sûr), afin de se retrouver, et pourquoi pas, de se rencontrer.

J’espère être entendue et reçue.

A suivre….