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Les événements de la semaine

Le coucher de TiChou
TiChou a toujours eu l’habitude à ce que je reste allongée près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme, même après la fin de l’allaitement (y a pas si longtemps que ça). Pourquoi? Peut-être avec la proximité de l’allaitement. En tout cas, qu’avec moi. Avec l’annonce de BB2, on s’était dit qu’il fallait qu’on s’occupe de gérer le coucher différemment car je ne pourrais être physiquement présente pour TiChou et en même temps pour un bébé. Et surtout, qu’il fallait qu’on soit calé avant la naissance de BB2, histoire qu’il n’y ait pas de jalousie. Avec tous les événements que l’on a vécu (l’attente des résultats, la perte de notre petit ange), on avait laissé ça de côté, et puis, j’étais près de TiChou. Le problème c’est qu’avec le temps, l’endormissement était devenu plus long. TiChou luttait pour ne pas dormir et pour pouvoir vérifier que j’étais toujours là. Cette semaine, j’en pouvais plus. J’avais aussi besoin d’avoir des soirées avec M. Koala et la gestion du coucher ne me le permettait pas. On en a donc rediscuté et décidé de changer dès cette semaine, lundi soir. J’ai donc expliqué à TiChou que non je ne venais pas dans son lit, que j’allais m’assoir sur le tabouret à côté pour lire l’histoire. Une fois l’histoire terminée, j’éteins la petite lampe, lui fait un gros bisous et lui souhaite bonne nuit. Bien sûr, ça s’est fait sur plusieurs jours, j’ai dû remonter plusieurs fois, BEAUCOUP le rassurer, lui dire que j’étais là, que si besoin il pouvait m’appeler. Le premier soir, il a pleuré quelques fois, je suis montée à chaque fois pour le rassurer qu’il ne s’inquiète pas, que j’étais là, qu’il pouvait faire un gros dodo et plein de jolis rêves et qu’il fasse un gros calin à ses doudous et son nounours. Les autres soirs pas de pleurs mais des appels. Selon, soit je lui parlais d’en bas des escaliers, soit je montais. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé, avec bienveillance, sans avoir à crier. Il ne sortait pas de son lit et le matin, on ne manquait pas de le féliciter. Au final, il s’endort beaucoup plus rapidement que lorsque je restais avec lui…Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

La reprise du boulot
Reprise du boulot mercredi, je ne m’y suis pas rendu sereinement. J’avais peur. Peur de craquer, peur des questions…Ca c’est bien passé quand même. Les élèves ne savaient rien, donc de ce côté là pas de problème. Mes collègues avaient été mis au courant, pas les profs (mais pas au courant de la grossesse). Un des surveillants vient me parler pour me dire qu’il voulait envoyer un sms de soutien, mais qu’il n’avait pas osé, pour pas qu’on soit submergé… J’ai répondu que ce n’était pas grave. Puis, il me dit qu’il connait des amis (classique, tout le monde connaît quelqu’un à qui un truc du même genre est arrivé) qui ont aussi perdu leur bébé mais eux après l’enlèvement d’un cerclage. Je le coupe, en lui disant que je n’ai pas perdu mon bébé mais qu’on a dû arrêter la grossesse car il avait un soucis. Ah… et j’ai poursuivi en disant qu’on allait parler d’autre chose sinon j’allais me mettre à pleurer, à quoi il a répondu « ah oui bien sûr pardon » et j’ai filé. Sinon hier, une prof un peu relou à lourdement insisté pour savoir pourquoi j’avais été en arrêt en me posant plein de questions comme « c’est ton fils qui a été malade? » ou autre, auxquelles je répondais toujours non et une de mes collègues lui précise que c’est perso, la prof tente encore et me dit « mais peut être que tu n’as pas envie d’en parler? »… ben non! tsss la relou. Enfin libérée ma collègue m’avoue qu’elle ne savait plus quoi faire pour s’en débarrasser… super les curieux…

La crémation
Ce matin j’ai envoyé un sms à ma sage femme pour savoir si elle en savait plus concernant la crémation. Au départ elle m’avait dit que ça se ferait sûrement mardi mais je n’avais pas eu de nouvelles depuis. Réponse fin de matinée : la crémation a été faite mercredi, j’ai le cœur lourd. Je me pose la question de me rendre au jardin du souvenir et crématorium.

La psy
Rdv chez la psy à 16h30. J’y suis restée 1h. J’ai parlé, elle a écouté. « hum hum oui » avec de la compassion. Mais je peux pas dire vraiment que ça m’ait aidé. Le fait d’en parler ça m’a fait pleurer (normal c’est douloureux et surtout encore très récent) mais ça m’a pas forcément fait « du bien ». Pas de mal non plus hein, mais je reste perplexe sur cet entretien. Soit la thérapeute ne m’a pas convaincu, soit j’estime que je peux avancer seule. Je ne pense pas que j’y retournerai.

La dispersion
Après ce rdv, je décide de me rendre au jardin du souvenir et au crématorium. J’aimerai en savoir plus si possible, je risque rien à demander. J’arrive sur place vers 17h50, une cérémonie est affichée de 17h30 à 18h. Je fais donc un tour dans le jardin du souvenir en attendant. J’emprunte le chemin le plus proche du crématorium, des dispersions ont été faite, dont une près d’un arbre, je me demande « s’il n’est pas là » et continue mon tour. Après 18h, les proches du défunt discutent devant le crématorium, je n’ose y entrer. Puis, ils commencent à partir. Je décide donc d’y aller. Je voudrai trouver quelqu’un et poser des questions. Au pire, on me refoule mais j’aurai essayer. A l’intérieur, la décoration est particulière, design mais dans le thème, apaisante. Je n’ai pas vu le bureau de suite à ma droite et une dame embêtée en sort et me dit qu’elle va bientôt fermer. Je m’approche d’elle et je lui dit que j’aimerai un renseignement (si elle est au courant).
« Mercredi, normalement, il y a eu la crémation d’un tout petit bébé… (je fonds en larmes), un petit bébé dans un couffin bleu »
« Gabriel? »
Et là je me sens, comment dire, le regard qui s’ouvre, pleine d’espoir.
« oui, Gabriel »
« C’est votre fils? »
« Oui, on a dû arrêter la grossesse, il y avait un soucis »
« vous voulez savoir le lieu de dispersion? »
« oui s’il vous plaît » (re-espoir)
« ok, je pars là, suivez moi, je vais vous montrer où je les ai mise, j’ai dispersé les cendres ce matin »
Je la suis, sur le chemin du crématorium qui mène dans le jardin du souvenir, elle m’indique l’arbre que je pensais.
« voilà, j’ai vidé ici, autour de cet arbre »
Je la remercie et en partant elle me frotte les épaules et me dit « courage ». Je la remercie encore.
Je suis rassurée de savoir où il est. C’est bête, moi qui disait que je n’aimais pas les tombes, ce lieu fixe avec une représentation que je n’aime pas… Au final, c’est contradictoire peut être. Je sais où la dispersion a été faite et quelque part, je me sens mieux. Je sais où est mon bébé 🙂 La dispersion se termine en un tout petit tas. Et là je me dis que je peux en prendre un peu, et l’amener aussi à la mer pour une autre dispersion (j’aime beaucoup la mer). Sauf que dans un sac à main on a pas forcément une boîte hein. J’avais sur moi, juste le sachet zip en plastique dans lequel j’ai reçu le petit ange qui le représente que j’ai mis sur mon bracelet Pandora… Coïncidence du lien…
Je quitte ce lieu « toute contente » d’avoir eu ces informations, rassurée, apaisée. Je vais pouvoir moi aussi faire une dispersion, et peut être mettre quelque chose sur place au jardin du souvenir, je ne sais pas encore. Déjà, pour son « anniversaire » je pourrais amener des fleurs (sur des groupes j’ai lu « anniverciel » c’est mignon je trouve). Bref, des possibilités. Oui, je sais, j’avais aussi dit qu’on récupérait des cendres surtout les affaires et le cercueil, mais oui c’est symbolique…

En presque 2 semaines, j’ai avancé. Oui j’ai toujours, et j’aurai toujours cette peine de cœur, une pensée pour mon ange, des regrets pour son absence (sans penser à la trisomie), le poids de la décision et de l’arrêt de la grossesse, toujours. Une place pour lui dans mon cœur, pour la vie. Mais j’ai aussi de l’espoir. L’espoir d’agrandir la famille et de continuer à avancer tous ensemble.

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Je t’ai déjà parlé de mon taff?

Je ne t’ai jamais parlé de ce que je faisais dans la vie (non je ne vis pas de mon blog ^^). A la base, j’ai fais des études et j’exerçais dans le domaine de la qualité dans l’agro-alimentaire.

Depuis que je suis dans le sud ouest, je n’ai eu que des CDD (remplacements, congés mater, saisonnier, mission…) et avant d’avoir TiChou j’ai eu une période d’inactivité. Après TiChou, j’ai profité un peu, puis je me suis remise à chercher un emploi. Mais rien. Franchement. Y a des postes dans mon domaine mais avec des gens qui ne partent pas.

Du coup, j’ai voulu faire AVS (auxiliaire de vie scolaire). Me rendre utile, travailler, avoir une vie sociale en dehors de la maison, mais aussi être disponible pour TiChou.

Me voilà donc avec un poste, pas trop près de chez moi (dommage, je te parlerai pas de la rentabilité, mais bon).

Depuis un an je m’occupe à 20h/semaine d’un jeune austiste asperger en lycée agricole.

Dans mon contrat, il est noté que j’ai un CAE de 20h.

L’établissement demande, pour compenser les vacances scolaire, une annualisation à 25h/semaine.

Qu’est-ce que je fais pendant ces 5h de rab? De la vie scolaire, j’ouvre le CDI le mecredi après-midi, de la surveillance d’élève, du soutien pendant l’étude… Rien à voir avec le boulot d’AVS, c’est poir compléter, il manque des surveillants…

Récemment, juste quand j’ai signé mon renouvellement, mes collègues m’ont fait part de leurs recherches sur le net. On avait déjà découvert que les autres AVS de la classe ULIS ne faisaient « que 20h ».Et là, avec des documents syndicats, circulaire de l’éducation nationale on découvre que l’annualisation est illégale. Modulation oui mais annualisation non.

On a essayé d’être reçues en groupe par notre supérieure, sans succès, on lui a donc laissé un mot sur son bureau avec les documents en question. Et comme je voulais en savoir plus, je suis allée voir la déléguée syndicale de l’établissement…

Je te raconte pas le bordel…. Mauvaise ambiance au possible. C’était très difficile.

On se sent mis à l’écart. On nous dit qu’on sera reçu séparémment, on nous fait signer un document. Franchement c’était dur.

Je me suis demandée pourquoi une telle tension. On avait mis le doigt sur un sujet tendu.

En gros, effectivement, dans l’éducation ça a été acté, fini l’annualisation. Et encore, que dans certaines académies (WTF !?!?!?!).  Mais apparemment le ministère de l’agriculture fait comme il veut, il y aurait un « flou juridictionnel ».

Alors, chacun fait comme il veut? J’ai le sentiment qu’on nous utilise, qu’on bouche les trous là où il y a besoin, qu’on est, oui disons le, exploité…

Je suis déçue de cette manière de faire. C’est profiter de gens qui ont un contrat de 20h avec un salaire de moins de 700€ net/mois.

Le problème aujourd’hui, c’est que je n’arrive pas  à trouver les infos pour me permettre d’avoir des réponses.

Je cherche, j’ai besoin d’aide… Si jamais tu as plus d’infos, n’hésite pas à me contacter (page facebook de pref).

Merci 🙂