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Explications pour réaliser petits couffin et nid d’ange au crochet pour tout petit bébé (ange)

Quand j’ai réalisé le couffin pour Gabriel, je n’avais pris aucune note. Je ne pensais pas avoir à en refaire un… Pour Elaïa, j’en ai pris. Pas pour encore en refaire, j’espère, mais je me suis dit que je pourrais partager ça pour les autres mamanges.

J’ai eu ce besoin d’accompagner mes petits anges, de les « envelopper » qu’ils ne soient pas nus. Dans le commerce, on peut voir au rayon poupée mais très souvent c’est rose et pour les poupons de 20 cm environ (par ex), ben c’est trop large (un tout petit bébé c’est maigrichon).

Toutefois, des associations peuvent envoyer gratuitement un petit nid d’ange/angeline :
Lou’ange
A Bras cadabras (ensemble pour les prémas)
Ces associations fournissent les maternités, il est possible que la tienne soit équipée, sinon il ne faut pas hésiter à les mettre en relation.

On trouve quelques tutos au tricot, notamment sur le site de Lou’ange mais au crochet je n’avais pas trouvé grand chose (perso je préfère les vidéos).
Quelques liens tout de même :
Nanoucrochet (angeline et bonnet), Nanoucrochet (nid d’ange), Le petit monde de Laure (nid d’ange).

J’ai appris le crochet sur youtube (oui oui ^^) avec ça :
cours de crochet n°1
cours de crochet n°2
Avec un crochet n°6 et une pelote de chez Zeeman.
Avec entrainement je suis arrivée à faire quelques trucs quand j’étais enceinte de TiChou (voir « crochet » dans le sommaire).
Je suis loin d’être experte, je me suis débrouillée, donc excuse-moi par avance si c’est du bidouillage 🙂
En premier lieux, faire en fonction de la taille du petit ange. Je te donne un tableau fait par Lou’ange qui donne une petite idée déjà :
Tableau-MesureSiteMes anges avaient un peu plus de 16 SA et mesuraient un peu moins de 20 cm. Je suis parti sur 20 cm et qu’ils soient bien.

Matériel nécessaire :
– crochet (n°6 pour le couffin et n°4 pour le nid d’ange)
– pelote de fil (7-8 pour le couffin et 3-4 pour le nid d’ange)
C’est pour pour faire de la pub mais on trouve beaucoup de choses à tout petits prix chez Zeeman. Sinon on peut aussi trouver bonheur chez Mondial Tissus, Gifi, La Foire Fouille….

 

Pour le couffin :
J’ai trouvé un tuto sur youtube mais pour un couffin de poupon. J’ai donc dû un peu adapter. Avec un crochet n°6 et du gros fil (je n’avais pas trouvé le même fil que sur le tuto près de chez moi).
– La base :
Moïse couffin crochet partie 1/2
Pour réduire le couffin j’ai fait moitié moins de mailles chaînette. Elle en fait 18, j’en ai fait 9. Ma base de couffin mesure alors environ 30 cm. Elle fait 12 rangs et je n’en ai fait que 8 (exactement de la même manière quelle sauf que je me suis arrêté à la fin du 8ème rang).
– le tour et la capote :
Moïse couffin crochet partie 2/2
Pour adapté, je n’ai monté que 5 rangs avant de faire les anses et pour qu’elles se voient mieux j’ai fait 8 chaînettes au lieu de 6 (je trouvais que ça faisait plus joli) et j’ai fait 9 mailles serrées dessus. Faire un ou 2 rangs (voir selon visuel) avant de s’arrêter.
La capote c’était pas évident. Je n’ai pas pu me baser comme elle vu qu’on avait pas le même nombre de rangs/mailles donc j’ai bidouillé. J’ai essayé de faire des augmentations/diminutions quand au même moment qu’elle (et je ne comprends pas mes notes j’ai noté 20 mailles serrées et 32 mailles serrées). Je termine plus tôt qu’elle, forcément.
J’ai choisi de faire tout le tour du couffin d’Elaïa avec le reste du fil bleu utilisé pour Gabriel. J’ai réalisé 3 nœuds en maille chaînette que j’ai noué puis passé un fil dedans et dans le couffin pour les attacher (ça fait un dégradé de couleur mais parce que c’est la pelote qui est comme ça).
Comme mon couffin a été réalisé en fil classique et pas comme le sien, il a un peu moins de tenu. J’ai donc mis dans le fond un carton découpé aux dimensions. J’ai cousu un petit matelas  dans lequel j’ai inséré le carton découpé et de la ouate de coussin.

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Pour le nid d’ange :
J’ai choisi de faire très simple et classique. Ce sont 2 rectangles (un plus court que l’autre qui a la capuche) que j’ai fais en maille serrées.
En général, un nid d’ange s’ouvre sur le côté. Sur les conseils que j’ai eu (photographe Souven’ange), il vaut mieux un nid d’ange qui s’ouvre sur les 2 cotés (pour tout ouvrir et bien découvrir bébé pour les photos) et donc totalement fermé en bas.
Avec un crochet n°4 j’ai monté 20 mailles chaînettes, puis, j’ai crocheté pour arriver à une longueur de 16 cm environ. Marquez l’ouvrage. Ensuite montez la capuche. On continue le rectangle pour le fermer en fait. Ça donne, après le marqueur, un carré. Pour fermer le carré et faire la capuche, il suffit de replier les 2 coins et les rapprocher.
Regardez ici et .
Pour le devant, j’ai également monté 20 maille chaînettes mais fait que 15 cm de longueur. J’ai relié les 2 parties là où j’avais fait les mailles chaînettes, par une maille coulée.
J’ai choisi de faire un petit pompon que j’ai mis au bout de la capuche et de mettre des liens en ruban pour fermer. Vous pouvez aussi mettre des petits boutons.

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J’aurai aimé faire celui là en forme d’étoile, en adaptant les mesures, car il est très beau mais j’ai finalement fait classique. Je mets quand même le lien pour celles que ça intéresse ici.

Bon à savoir : pour un petit ange, si vous ne pouvez faire un bonnet, une moufle (vendue en magasin en paire avec un bonnet nouveau-né) fait très bien l’affaire (cf mes photos prises avec le couffin).
Gabriel n’avait pas de bonnet, Elaïa en avait un (la moufle) et j’ai préféré avec.
En urgence, on peut aussi prévoir un lange à plier pour emmailloter le bébé.

 

Voilà j’espère que ça va aider, sinon n’hésitez pas à me contacter via ma page Facebook.

 

 

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Ma mission : le rdv à la mairie

Je sais plus si tu te souviens de ma « mission ». Un projet que j’avais rédigé pour la création d’un espace pour les petits anges au jardin du souvenir.
Je voulais encore relancer en janvier, souhaiter les vœux et mine de rien et demander où ça en était. Mais je n’ai pas pu vu les circonstances.

Une semaine avant l’accouchement, je reçois un appel de la mairie. Mon projet a retenu l’attention de l’élu, on me demande mes disponibilités pour un prochain entretien. On va me présenter quelque chose. Je suis contente.

La semaine dernière, on me rappelle pour fixer ce rdv au 15/02.

Dans la semaine, avec ce contact par mail de la secrétaire de l’élu que j’avais eu plusieurs fois, j’en profite pour demander un service : si les « cendres » d’Elaïa peuvent être placées au même endroit (même arbre) que celles de Gabriel. Pour que mes 2 anges soient ensembles. On m’a répondu positivement et la personne que j’ai eu ensuite au téléphone a pris des notes. J’aurai aimé qu’elle me propose de me prévenir et de venir mais bon…

Je me rend donc au rdv, avec une autre mam’ange, qui m’a aidé pour contacter l’hôpital et les cliniques pour avoir des infos (chiffres, statistiques) sur les bébés nés sans vie ou décédés.

Au rdv je retrouve le monsieur de l’état civil qui gère les décès et les cimetières. Je le reconnais et il me reconnaît aussi (vu qu’on s’est revu récemment). Il y a aussi une autre responsable et l’élu qui est arrivé plus tard.
Ils me donne des nouvelles sur ma demande « de service ». Ils me disent que tout a été réglé, ça sera fait comme mon souhait. Je remercie et dit que je n’ai aucune nouvelle de la clinique qui devait me tenir au courant de la date de crémation. Ils m’annoncent que c’est lundi, me donnent les horaires. Je ne m’y attendait pas, cela me touche 🙂
On parle du lieu. Ça sera un espace pour les touts petits : enfants nés sans vie, décédés, jusqu’à l’âge de 5 ans. Pour ceux dont les parents le souhaitent et tous ceux qui auront signé une décharge à l’hôpital ou les cliniques (crémation à la charge de l’établissement). Cela ne pourra être à l’actuel jardin du souvenir car ils me disent qu’il y a eu des dispersions partout. Ils me proposent l’ancien jardin du souvenir dans le cimetière d’à côté. Un petit jardin qui ne sert plus depuis bien une dizaine d’années, depuis que le nouveau, beaucoup plus grand, a été inauguré.
C’est donc un espace à part, clôturé avec 2 portails (on peut y rentrer). Il y a des grands pins. Il y aura un banc. Une stèle est déjà présente, elle sera re-gravée et des petites plaques pourront y être ajoutées à la demande des parents avec nom, prénom… et ça c’est chouette (le bonus!).

J’ai essayé de gratter des plantations, mais ça demande de l’entretien (y a déjà la tonte et enlever les aiguilles des pins) et il faut de la place et que ça reste sobre :/
J’ai proposé un arbre en fer forgé ou autre. Donc pour des trucs plus précis ils reviendront vers nous. J’ai pensé à ce genre de choses (arbres de vie en métal, arbre du souvenir dans un jardin du souvenir) que je leur enverrai :

Comme on est d’accord déjà sur le lieu et la stèle, le projet va être présenté à Mme le Maire pour qu’elle valide (on me dit que cela ne devrait pas poser de problème).

Fin de rdv, on se salue. Le monsieur de l’état civil, me dit « j’espère qu’on se reverra à l’état civil mais que vous soyez de l’autre côté, aux naissances, pour une bonne nouvelle, et que vous me fassiez un coucou quand même ». Cela me touche beaucoup et je lui répond « j’espère » 🙂
Il est super gentil je trouve. La dame aussi d’ailleurs, qui a été touché par nos histoires et notre demande, ainsi que l’élu.
Le monsieur de l’état civil nous raccompagne et on reparle de ce rdv, de l’approbation de Mme le Maire (que ça peut se faire vite) et de la crémation d’Elaïa. Il me redonne les horaires et me dit que je peux y aller 0_0
Je ne pensais pas pouvoir, du coup cette possibilité s’offre à moi.

Cela me fait bizarre. L’impression que tout ce que je n’avais pas pu faire avec Gabriel, qui m’avait fait souffrir, là j’ai pu (et je peux) le faire avec Elaïa… Je me pose plein de questions…

Nous sommes satisfaites de ce rdv et avons hâte de la suite.

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Cette douleur…

Cette douleur… que je connais déjà, qui commençait à peine à se « soigner » mais avec une plaie toujours ouverte tentant de se refermer. Elle s’est ouverte à nouveau, plus grande. Et même en le vivant différemment, c’est la même souffrance après.

Pour Gabriel, l’attente des résultats avait été plus douce, contrairement à Elaïa où elle était insupportable, parce qu’on connaissait l’issue.
Pour Gabriel, la naissance avait été stressante et dure, alors que pour Elaïa elle était plus douce.

C’est l’après qui est identique. La souffrance, le manque…

Et pourtant, j’avais essayé de me protéger, avec un premier trimestre presque détaché, en ne m’investissant pas dans cette grossesse, par crainte. En prenant du recul au maximum. J’avais rien acheté pour le bébé, ou presque, uniquement un petit sarouel tissu arc-en-ciel, qui allait bien à ce bébé espoir. Et c’est pendant que je cherchais le petit bonnet assorti que tout à basculé. Me retournant ainsi à la réalité. Comme quoi, rien n’est acquis ni gagné 😦

C’est peut être parce que j’ai voulu me protéger, que je n’ai pas bien réalisé. Les résultats ont atterris comme une bombe et même si je savais ce qui allait se passer, j’ai eu beaucoup de mal à y croire, à l’accepter. Ce n’était pas possible, pas mon bébé espoir…

Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. J’ai dû préparer sa venue, comme pour Gabriel, avec à l’idée d’essayer de faire ce que je n’avait pas pu/pas oser faire avec lui.

C’est le retour à la maison le plus dur. Encore une fois, les bras vides, le cœur lourd, sans bébé 😦
Avec un TiChou qui commence à comprendre un peu plus et demande si le bébé va revenir… « Et non mon cœur, c’est pour ça que je suis triste, le bébé est parti au ciel, il ne reviendra pas. Nous avons 2 bébés au ciel ».

Ce sentiment d’injustice, pourquoi encore? Pourquoi ne pas avoir un bébé espoir. Juste un. La vie s’acharne, on ne comprend pas.

L’espoir s’en est allé…

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Après la DPA

J’ai beaucoup redouté cette date, et pour cause…
Pourtant, elle est uniquement symbolique, je le sais bien, TiChou était prévu pour un 25 septembre et est arrivé un 1er septembre. Mais, voilà, cette date symbolique, c’est celle à laquelle mon ange aurait dû être là.

Le soin énergétique que j’avais fait m’a beaucoup aidé. Dans le lâché prise, laisser mon ange partir mais j’avais encore du travail sur moi même.

Ca commence par l’arrivée du 9ème mois, rappelé gentiment par un mail de Philipps Avent (je ne me suis pas inscrite chez eux mais ils ont eu mes données sûrement). : « vous êtes dans votre neuvième mois… » Je le savais, mais le lire…

Et donc ce dernier mois, a été difficile, triste dans ma tête. Même mon corps, comme programmé s’en souviens. En vacances, je ne fais pas attention aux dates. Une journée, je pleurais facilement, « sans raison », le soir j’ai éclaté en sanglot, trop dur quoi. Le lendemain je regarde la date. On était le 26 août. 5 mois pile que j’avais accouché. J’avais pas fais attention que c’était ce jour là, mais mon corps lui oui…dingue quand même.

Puis le jour J, grosse pensée pour lui, avec tristesse.
Ce jour là, on a pas mal discuté avec M. Koala, le soir surtout, longtemps. Je pensais être la seule à souffrir autant. Mais en fait, lui aussi souffre. On en parle pas forcément souvent, je n’ose pas, je me renferme et lui, il veut être « fort ». Ben quelque part, ça m’a fait « plaisir », dans le sens où, non je n’étais pas seule. On est d’accord sur le fait qu’on doit avancer ensemble, avoir des projets et s’y mobiliser. Pas facile mais il le faut.
En tout cas, M. Koala a bien assuré, pour plein de choses. Je ne sais pas comment j’aurai fait sans son implication et soutien. C’est tellement important. Cet amour aide à se relever.

J’ai 2 difficultés. La première, j’ai pris du poids. Comme si j’avais continué ma grossesse (peut être), le joli bidou en moins (c’est pour dire). Je ne sais pas si les hormones y ont joué, mais en tout cas j’avoue que j’ai pas trop fait attention à ce que j’ai mangé :/ A tel point que je ne m’aime pas comme ça. J’aimerai perdre du poids, mais…ça me semble difficile. Faudrait déjà que je me bouge plus…
La deuxième c’est que je me suis beaucoup renfermée, dans ma bulle, que je m’isole…sur mon PC. Je passe énormément de temps sur Facebook et sur le net en général à chercher moult choses. Alors que souvent je pourrais utiliser mon temps autrement, mais j’ai du mal à décrocher. Bref…

Et dans ma tête? Bizarrement, passée cette date, je me sens différente dans mon deuil. J’ai toujours mal hein, mais quelque chose a changé. Je suis peut être plus « apaisée ». Peut être une étape de passée. La prochaine sera peut être l’anniverciel de mon ange.

Par contre, y en a un qui se fait attendre…c’est BB3. Peut être fallait-il que je termine la grossesse de mon ange? ou peut être que j’arrive à faire des bébés qu’en décembre et qu’il me faut encore patienter. C’est long…serrer un bébé (le mien) dans mes bras ça me ferait tellement envie… Je suis mitigée en étant blasée et plaine d’espoir en même temps.
Au boulot ! ^^

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1 mois après

Mon deuil
1 mois sans mon ange, où il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui.
Plusieurs fois par jour même.
J’ai souvent rêvé que je tenais mon bébé dans les bras, que je le serrais contre moi, que je le berçait.
J’y pense tendrement, amèrement aussi, car je trouve cela toujours injuste ce que la vie nous a imposé.
j’essaye de vivre avec, d’avancer.
On s’est beaucoup recentrer sur nous. Nous 2, nous 3, nous retrouver. Ca nous a beaucoup rapproché.

Sa place, nos souvenirs
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est de « m’occuper de lui ». De lui faire une place, qu’il ait une existence (son couffin, son coin chez nous, son coin au jardin du souvenir, sa boîte à souvenirs, la déclaration à l’Etat Civil, son prénom).
Les photos de la photographe ont été une révélation. Je les ai reçus avant nos vacances. Ca m’a fait une sensation bizarre quand je les ai vu. Pourtant, je n’avais pas oublié. Le jour de l’accouchement, j’avais pas voulu/ pas vu les traits de la trisomie. L’émotion, la douleur peut être. A tel point que je me posais des questions, « et si? ». Et là, j’ai vu. Ca m’a beaucoup apaisé, comme si, effectivement tout prenait son sens, c’était à cause de la T21, pas d’erreur possible. Je le savais mais j’ai eu besoin de « voir » je pense, que se soit flagrant, mais aussi, que je sois prête à voir. Cela ne change rien de mon amour pour lui de toute façon. Surtout, je n’éprouve plus la culpabilité qui me rongeait.

Son coin chez nous (case meuble Ikea)

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Son coin au jardin des souvenirs

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Sa boîte à souvenirs (moins haute que celle de TiChou, avec les échos, examens, cartes, mots, poèmes, cadeaux, doudous, photos…)

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Le couple
M. Koala avait peur de tout ça. Peur que « je me fasse du mal », que je reste dans ma tristesse à pleurer sur les souvenirs (photos par ex). Je l’ai rassuré en lui disant que ça serait rangé, à disposition si on le désirait, que j’avais besoin de m’occuper à tout ça. il m’a fait confiance.
Au niveau du couple ce qui n’est pas simple c’est qu’on ne réagit pas de la même manière. Personne tu vas me dire. Mais homme/femme c’est très différent. Une épreuve sépare ou rapproche, c’est inévitable. L’homme veut montrer qu’il est fort, qu’il est là, qu’il soutient. Mais il a quand même ses faiblesses. Le mien a tenu. Il est triste mais tient. J’aurai sombré dans une profonde dépression, est-ce qu’il aurait tenu dans la durée? Personne ne sait, mais quand on passe en mode survie on se préserve…
Quand moi j’ai eu besoin de faire tout ça, lui mettait ça dans un coin de sa tête. Pas qu’il n’est pas touché, pas qu’il n’y pense jamais, mais pour se préserver. On est très différent. Mais ce qui est important c’est qu’on en parle, qu’on s’écoute. Il n’a pas tout compris mes besoins, des fois m’approuvant (bonne idée), d’autres m’observant avec la crainte de me voir sombrer.
Quand j’ai annoncé vouloir voir notre bébé après l’accouchement, il m’a regardé sans rien dire. Et puis, c’était devenu pour lui une évidence.
Quand je lui ai parlé de la photographe, j’ai failli passer « pour une folle ». Mais je lui ai expliqué. Il a voulu les voir et il trouve que c’est bien de les avoir.
Quand j’ai fais la pierre pour le jardin du souvenir, il m’a regardé d’un air perplexe. Pour autant, il a souhaité m’accompagner. Il a voulu voir « où notre ange était » (où les cendres avaient été déposées) et participer à faire ce petit coin. Il a été touché, c’est certain, et c’est pour ça qu’il ne l’aurait pas fait de lui même. Mais au final, il a apprécié ce moment.
Est-ce qu’on a changé? Je sais pas trop. C’est peut être un peu trop tôt pour le dire. J’ai l’impression que lui s’est plus rapproché et que moi, je vois les choses différemment, sous un autre angle maintenant. A voir avec le temps.

Pas seuls
Qu’est-ce qu’on est nombreux je trouve à être paranges… trop en fait. Bien sûr on a des amis qui ont connu le deuil périnatal mais on pense toujours que c’est rare. En vrai, quand on lance le sujet, on est pas seuls. Ca permet d’échanger, de se sentir moins seuls ok mais non ce n’est pas rare et ça fait peur.
J’ai lu qu’une grossesse sur 5 ne se passe pas comme prévu, je trouve ça énorme.
On est impuissant face à tout ça et je me pose beaucoup de questions sur le pourquoi.

Le contrôle technique
Ce matin rendez-vous de contrôle avec le gynéco avec une écho. Il me montre l’écran où l’on ne voit rien et avec un grand sourire, l’air satisfait, il me dit que c’est vide. Sauf que ça n’a pas le même sens pour lui et pour moi. Lui rassurant que « le nettoyage » de mon utérus soit une opération réussie, moi vide de mon ange… oui, vide…
On parle contraception, futur enfant, il veut savoir ce que je veux. On veut laisser faire la nature, qui j’espère, cette fois-ci, sera plus sympa avec nous.
C’est « accidentel ». Tel est le terme employé dans les résultats du caryotype fraîchement reçu. Une trisomie libre et homogène sans aucune cause génétique, je suis rassurée, en partie, jusqu’à la prochaine grossesse…

Ma liste
Je remercie M. Koala pour avoir été là, m’avoir soutenue. Ca peut paraître évident mais pas forcément. J’étais pas bien, il ne s’est pas posé de question, il a pris le relais. Je sais qu’il a pris sur lui alors que lui aussi était triste.
Y a ceux qui ont envoyé des messages/mots/cadeaux, je les en remercie.
Y a ceux qui en plus m’ont proposé de téléphoner quand je voulais. Je m’excuse de ne pas l’avoir fait. Je n’ai pas osé mais surtout, pas capable d’aligner quelques mots sans pleurer, je n’ai tout simplement pas pu. J’espère qu’ils comprendront.
Y a ceux qui n’ont rien dit, mais qui ont pensé quand même à nous.
Y a ceux qui étaient gênés, qui n’osaient pas, ne le soyez pas, je ne vous en veux pas.
Y a ceux qui nous ont fuit. Peut être qu’on les retrouvera un jour… ou pas.
Y a ceux qui ont eu des vilains mots. Ceux là on ne les verra plus.
J’ai entendu dire, pour me « consoler », que bon, j’avais quand même de la chance d’avoir un enfant (TiChou) en parfaite santé. 2 j’avais pas le droit?
Y a ceux qui ne comprennent pas comment on peut « déjà » envisager BB3.
On m’a demandé si je me sentais mieux…
On m’a dit que je devrai arrêter d’y penser.
Y a ceux qui parlent devant moi de leur futur bébé à venir en oubliant que moi je n’aurai pas le mien.
Y a ceux qui zappe notre ange, par mégarde, et d’autres volontairement comme s’il ne comptait pas. Ceux là j’ai envie de leur coller le livret de famille sous leur nez.
Y a ceux qui ne parle pas de la trisomie, comme si c’était honteux. N’importe quoi.
Y a ceux qui pense que ce n’était qu’un fœtus. A ceux là je voudrai leur dire que certes le terme médical est exact, mais que derrière y a des sentiments, que c’est un bébé, notre bébé…

Il restera à jamais mon bébé, il ne grandira jamais…sa place restera toujours vide…

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La préparation

Demain matin c’est le passage à la mater…j’ai la boule au ventre.

Je vais commencer par hier soir, parce que je ne t’ai pas raconté que, durant le coucher, je me suis dis que j’allais essayer d’en parler avec TiChou. On était dans son lit, c’était après l’histoire du soir, après avoir éteint la lumière. Il était calme, c’était le bon moment je pense car dans la journée il est trop « sur piles » ^^. En général, quand il ne veut pas écouter, il parle par dessus, donc là à voir. Voici ce que je lui ai dis :
« Mon chéri, tu sais, en ce moment, je suis très triste, mais ce n’est pas de ta faute. Tu sais, le bébé dans mon bidou, il est très très malade et les docteurs ne peuvent pas le guérir. Alors il va partir et rejoindre les étoiles… Toi, quand tu étais dans mon bidou, tu n’étais pas malade, tu allais très bien, et quand tu es né, on t’a ramené à la maison. Là ça sera pas possible pour le bébé, il viendra pas à la maison, il ne sera bientôt plus dans mon bidou. Peut-être qu’un jour, il y aura un autre bébé dans mon bidou, qui j’espère ne sera pas malade, et on le ramènera à la maison. Tu sais, je t’aime mon chéri… »
Il a tout écouté, n’a absolument rien dit, n’a pas bougé (plutôt étonnant de sa part). Après, qu’est-ce qu’il en a retenu/compris, difficile à dire pour un enfant de 2 ans et demi.

Ce matin, après avoir amené TiChou à la crèche, dans le rond point je lis sur les panneaux « crématorium, jardin des souvenirs… ». Je décide d’aller voir. Je suis rentrée dans le jardin, j’y ai fais un tour, j’ai pleuré. C’est déjà dur alors qu’il n’y est même pas 😦

Ce qui est proposé par la clinique, c’est une crémation collective avec d’autres anges, et une dispersion dans le jardin des souvenirs.
J’ai demandé quelques devis à des pompes funèbres pour avoir un ordre d’idée si jamais on voulait faire une crémation individuelle et récupérer les cendres pour une dispersion en mer par exemple. On voit le business de la mort… Ca va de 595€ à 2000/2500€ pour LA MÊME prestation. Celle qui est la moins chère fait uniquement payer le petit cercueil (en pin brut pour ce prix, sinon rajouter jusqu’à 150€ pour du chêne blanc haut de gamme) et la taxe de crémation. Le reste, elle ne fait pas payer (par choix) pour les enfants morts-nés. Quand on voit la différence, je trouve ça scandaleux quand même… Bref. J’avais lu sur le site de l’association Petite Emilie et là certaines pompes funèbres m’en ont parlé, avant 1 an, un enfant ne produit pas de cendre ou quasi rien. Ce qui reste en fait, ce sont les cendres du cercueil et des affaires personnelles. C’est symbolique…
M. Koala se dit que le fait que se soit organisé par la maternité et la dispersion dans le jardin du souvenir, ça lui convient. Moi, du coup, je me dis que si c’est pour rien récupérer… J’y réfléchis encore quand même. L’inhumation on est pas pour par contre, même si cela avait été pour nous. C’est pas évident de prendre une telle décision.

Aujourd’hui j’en ai profité pour terminer quelque chose que je voulais pour lui. Je voulais un couffin. Me demande pas pourquoi, je sais pas. Au départ, je t’avoue que j’ai yieuté en magasin, au rayon poupées. Mais tout est trop grand ou moche, enfin pas adapté quoi. Alors j’ai décidé d’essayer d’en faire un moi-même, au crochet. J’ai donc acheté du fil, assez gros et j’ai ressorti mon crochet. Je me suis inspirée d’un tuto sur youtube mais que j’ai adapté en plus petit comme j’ai pu. Pour lui donner une forme et du confort, j’ai cousu un petit matelas molletonné avec un fond en carton et un petit oreiller. Bon, c’est pas parfait et pas comme le modèle sur la vidéo, mais je l’ai fait de mes mains pour mon ange.
Voici ce que ça donne en photo avec le doudou et le nid d’ange.

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Avec une partie de la collecte des copinautes, je me suis acheté ce charms pour mettre à mon bracelet Pandora.

charms ange

Voilà, demain, va falloir aller à la mater, ça annonce la fin 😦