0

J’ai vu le film-docu « Et je choisis de vivre »

facebook

Dimanche soir je suis allée voir le film-docu « Et je choisis de vivre » en avant première, au cinéma Lumière à L’Union (31).

C’est un film que j’attendais avec impatience. J’avais pris le train en route en découvrant le projet et vraiment j’en avait été attiré.

 

Explications :

Et je choisis de vivre est un projet de film documentaire qui nous invite à traverser avec douceur et sincérité l’épreuve de la perte d’un enfant. Vivre cette expérience, c’est aller à la rencontre de cet élan de vie plus fort que la mort.

 

Synopsis :

70 min – Réalisé par Nans Thomassey et Damien Boyer
Numéro Visa CNC 2019001394 – Code distributeur associé 4886 – ORAWA

« Quand on perd son père ou sa mère on est orpheline, quand on perd son conjoint on est veuve mais quand on perd son enfant, il n’y a plus de mots »

À tout juste 30 ans, Amande perd son enfant. Pour se reconstruire, elle entreprend alors un parcours initiatique dans la Drôme, accompagnée de son ami réalisateur, Nans Thomassey. Ensemble, et sous l’œil de la caméra, ils partent à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont, comme Amande, vécu la perte d’un enfant.

De cette quête de sens naît Et je choisis de vivreun film sur le deuil, à la fois sensible, émouvant et rempli d’espoir.

 

Bande annonce

 

Origine du projet :

Après l’enterrement de Gaspar, rien ne semble pouvoir empêcher Amande d’être engloutie par ce vide qui s’ouvre devant elle. Pour se libérer du désespoir qui les submerge, Amande et Guillaume, son compagnon, s’engagent dans une marche. Aussitôt, une chaîne d’amitié et de partage se forge avec ceux qui ont éprouvé la même indicible douleur.

Pour Amande, naît alors une idée de film qui pourrait être vu par le plus grand nombre afin d’apporter des clés et des témoignages porteurs d’espoir. Elle en parle à son ami d’enfance Nans Thomassey (Nus et Culottés – Série TV France 5) qui commence à écrire un scénario, enthousiasmé par l’idée.

Convaincu de l’importance du sujet, Nans commence à contacter différents producteurs mais se heurte très rapidement à la réticence que suscite la mort, un sujet tabou et peu créateur d’audience dans une société qui cherche à dissimuler la faiblesse et la douleur. Nans se rapproche alors de son ami Damien Boyer, producteur, qui accepte de se lancer dans l’aventure…  Le film qu’ils vont réaliser ensemble permettra au public de se mettre dans les pas d’Amande et de progresser avec elle dans la libération.

Pour récolter des fonds, l’équipe entame un tour de France et présente son film lors de 15 conférences « Deuil et renaissance ». L’engouement est au rendez-vous puisque près de 1 500 personnes y participent.

En parallèle, l’opération de financement participatif qu’ils ont organisée est un véritable succès : elle devient la 2e plus grosse levée de fonds en ligne (plus de 2 000 donateurs) pour un film après celle du film Demain

 

Les réalisateurs :

  • Nans Thomassey : je l’avais déjà vu dans « Nus et culottés« . Si tu connais pas je te conseille cette émission, vraiment sympa, où Nans et son ami partent nus comme des vers avec un fou projet en tête à chaque fois et ils doivent se débrouiller pour le faire sans dépenser d’argent (don ou travail), tout en se faisant habiller… J’ai découvert donc Nans avec cette émission et je l’ai trouvé très humain. Il est l’ami d’Amande et ce projet qu’il met en place avec elle est un véritable cadeau.
  • Damien Boyer : je l’ai rencontré après la diffusion du film, il était présent pour le débat. Très humain également une chouette personne.

 

Le prochain projet :

C’est une plateforme internet d’aide pour le deuil qui sera lancée en même temps que la sortie officielle du film début juin : https://www.mieux-traverser-le-deuil.fr/
Hâte de voir tout ça car vraiment c’est d’utilité publique.

 

Ce que j’en ai pensé :

Ce film est très touchant, forcément. Comme c’est encore à vif pour moi, je t’avoue que j’ai pleuré quasiment tout le long. Mais j’ai aussi souri et ri. Cette randonnée à travers la nature est apaisante. On y entend le bruit de l’eau et les feuilles descendre doucement la rivière, les somptueuses couleurs de l’automne, les paysages magnifiques… Amande va faire différentes rencontres, comme par exemple avec un thérapeute, Christophe Fauré, (j’ai eu aussi l’occasion de voir une conférence en vidéo et j’aime beaucoup son discours, vrai, déculpabilisant, tourné vers l’espoir… quelqu’un que j’aurai aimé rencontrer quand j’étais au plus bas, et pourquoi pas même maintenant), des personnes ou familles ayant vécu le deuil d’un enfant chacune à leur manière et qui en ont ressorti une force de vie, un choix de vie et nous le raconter.
J’ai donc beaucoup aimé, c’est passé vite et j’aurai aimé en voir plus. Mais bon, le film aurait été super long ^^. Ceci dit, Damien a dit que des morceaux du film coupés ou plus longs seront mis en ligne 🙂
Enfin, un film qui parle du deuil, notamment d’un tout petit, fallait oser. Il va résonner pour toutes les mam’anges comme moi, tous les parents endeuillés et leurs proches mais pas seulement.
Je vous le recommande donc et j’ai plein d’espoir aussi pour le site internet dédié au deuil.
Les maîtres mots : bienveillance, empathie, écoute, voir le positif de la vie, se reconnecter avec soi-même, accueillir les émotions, enlever la culpabilité lors de moments de bonheur, espoir

Tu trouveras toutes les projections ici. S’il n’y en a pas près de chez toi, tu peux aider en devenant ambassadeur et organiser une projection ici.

Bon visionnage et n’hésite pas à venir en parler ici (en commentaire) et sur la page Facebook 😉 (sous ce post)

 

 

Publicités
0

Ce qui était prévu…

J’aurai dû installer ton petit lit dans la chambre de ton grand frère (l’autre lit bébé étant toujours dans notre chambre), préparer ta venue.
Mon ventre aurait du être bien rond, la fin s’annonçant.
J’aurai écrit mon projet de naissance et eu les dernières consultations.
J’aurai déjà revendu toutes les affaires girly que j’ai acheté au cas où, fait du tri, ressorti les petites affaires (linge, petites couches lavables…).
Je serai en train de préparer ma valise pour la maternité et de t’attendre.

Mais non, tout ça n’arrivera pas.
J’ai des vacances, agréables, mais différentes.
Le ventre vide je regarde ceux des autres. Je grogne à l’intérieur quand j’en entends se plaindre, comme si elles n’avaient pas le droit. J’apprends les futures naissances et grossesses en situant où moi j’en aurai été. Je les envie.

Comme tu as été conçu le même mois que ton grand frère, j’ai plein de rapprochements.
Je l’ai amené au feu d’artifice du 14 juillet (au pécaque comme il dit ^^), lui dans mon dos en Tula toddler (qui sert jamais mais là je le voulais près de moi vu la foule). C’était pas son premier à TiChou et je me suis souvenue, qu’il y a 3 ans, j’avais TiChou dans mon bidou et je regardais le feu d’artifice à Aix-en-Provence. Et là, j’ai pensé à toi, toi aussi tu aurai dû être là, dans mon bidou, pendant ce moment. Tout me fait penser à toi ❤

J’arrive à tenir, j’avance tout en pensant à toi, mais des fois, les larmes reviennent, sans prévenir. Hier soir et ce jour c’est plus difficile. Je sais pas pourquoi. J’ai mal et je dis rien, je me cache, j’encaisse.

4 mois que tu es parti, que c’est douloureux. On approche de la DPA et c’est pas facile. J’aurai espéré qu’un petit bébé espoir arrive d’ici là, pensant que ça sera « moins dur » mais pour l’instant RAS 😦

TiChou grandit, fini les couches (je t’en parlerai dans un autre post), que je range, alors que je n’aurai pas dû. Ça m’a foutu un coup ça, mon grand garçon. Tellement fière de lui et en même temps mon mal de bébé qui ressort.

Mon espoir est grand, je me dis qu’on aura aussi notre petit bébé espoir. On racontera ton histoire. Car ma crainte, c’est que tu sois oublié, car peu de gens t’ont vu. Dur de faire comprendre que oui tu as existé et tu compte. Ta place est importante ❤
Ce petit bébé espoir, notre arc-en-ciel, ton petit frère ou ta petite sœur, qui viendra nous apporter son amour. On l’attend avec impatience. J’espère en bonne santé. J’ai confiance car tu veilles sur nous ❤

Il y a ce qu’on avait prévu, et il y a ce que la vie a prévu pour nous…
Et toi tu es loin mais tu es dans nos cœurs.

3

La peur

Avec M. Koala nous sommes officiellement en essais bébé, mais…

J’ai peur.

Je pense à mon ange, à ce qui s’est passé.

Peur de revivre la perte d’un bébé. C’est tellement dur, je crains tout.

J’ai peur de tout, avant même que ce bébé ne soit là.

J’apprendrai une grossesse, je ne pourrais me réjouir, non. En tout cas, pas avant d’être entièrement rassurée, et encore, à sa naissance peut être.

J’ai été touchée en plein cœur, marquée à vif…

On me dit qu’il n’y a pas de raison. Certes, mais il n’y en avait pas non plus pour mon ange.

D’autres me disent que je peux toujours patienter. Mais c’est pas le temps qui y changera quelque chose, on oublie jamais. De plus, nous avons besoin d’accueillir un bébé dans notre maison, nos bras.

J’appréhende cette grossesse. Cela ne sera jamais plus pareil. Moi qui était sereine pour les précédentes, positive. J’ai perdu mon insouciance, ma zenitude, terminé.
J’espère que je pourrais être bien entourée (ça encore je pense que oui, la sage femme était super), rassurée un max. J’appréhende chaque examen, chaque résultat, avant même que cela se présente. Je serai sûrement plus surveillée, je ferai peut être plus d’examens, parce que j’ai « un antécédent ».

Il y a quelques temps, j’ai rêvé que j’étais enceinte d’une petite fille, et que j’accouchait. Je regardais ce bébé, et le lien ne se faisait pas. Le sentiment que ce n’était pas « le bon bébé ».
Ben non forcément, je le sais que ça ne sera pas le même. Pourquoi ce rêve je ne sais pas. Je ne me pose même pas la question de si j’aimerai ce bébé, c’est évident, je l’aimerai peut être « trop » même je pense. Peut être même que j’aurai du mal à « le lâcher ». J’ai tellement ce manque de serrer mon bébé dans mes bras…

Bref, je suis terrorisée 😦 mais j’en ai aussi tellement envie…

1

Les événements de la semaine

Le coucher de TiChou
TiChou a toujours eu l’habitude à ce que je reste allongée près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme, même après la fin de l’allaitement (y a pas si longtemps que ça). Pourquoi? Peut-être avec la proximité de l’allaitement. En tout cas, qu’avec moi. Avec l’annonce de BB2, on s’était dit qu’il fallait qu’on s’occupe de gérer le coucher différemment car je ne pourrais être physiquement présente pour TiChou et en même temps pour un bébé. Et surtout, qu’il fallait qu’on soit calé avant la naissance de BB2, histoire qu’il n’y ait pas de jalousie. Avec tous les événements que l’on a vécu (l’attente des résultats, la perte de notre petit ange), on avait laissé ça de côté, et puis, j’étais près de TiChou. Le problème c’est qu’avec le temps, l’endormissement était devenu plus long. TiChou luttait pour ne pas dormir et pour pouvoir vérifier que j’étais toujours là. Cette semaine, j’en pouvais plus. J’avais aussi besoin d’avoir des soirées avec M. Koala et la gestion du coucher ne me le permettait pas. On en a donc rediscuté et décidé de changer dès cette semaine, lundi soir. J’ai donc expliqué à TiChou que non je ne venais pas dans son lit, que j’allais m’assoir sur le tabouret à côté pour lire l’histoire. Une fois l’histoire terminée, j’éteins la petite lampe, lui fait un gros bisous et lui souhaite bonne nuit. Bien sûr, ça s’est fait sur plusieurs jours, j’ai dû remonter plusieurs fois, BEAUCOUP le rassurer, lui dire que j’étais là, que si besoin il pouvait m’appeler. Le premier soir, il a pleuré quelques fois, je suis montée à chaque fois pour le rassurer qu’il ne s’inquiète pas, que j’étais là, qu’il pouvait faire un gros dodo et plein de jolis rêves et qu’il fasse un gros calin à ses doudous et son nounours. Les autres soirs pas de pleurs mais des appels. Selon, soit je lui parlais d’en bas des escaliers, soit je montais. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé, avec bienveillance, sans avoir à crier. Il ne sortait pas de son lit et le matin, on ne manquait pas de le féliciter. Au final, il s’endort beaucoup plus rapidement que lorsque je restais avec lui…Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

La reprise du boulot
Reprise du boulot mercredi, je ne m’y suis pas rendu sereinement. J’avais peur. Peur de craquer, peur des questions…Ca c’est bien passé quand même. Les élèves ne savaient rien, donc de ce côté là pas de problème. Mes collègues avaient été mis au courant, pas les profs (mais pas au courant de la grossesse). Un des surveillants vient me parler pour me dire qu’il voulait envoyer un sms de soutien, mais qu’il n’avait pas osé, pour pas qu’on soit submergé… J’ai répondu que ce n’était pas grave. Puis, il me dit qu’il connait des amis (classique, tout le monde connaît quelqu’un à qui un truc du même genre est arrivé) qui ont aussi perdu leur bébé mais eux après l’enlèvement d’un cerclage. Je le coupe, en lui disant que je n’ai pas perdu mon bébé mais qu’on a dû arrêter la grossesse car il avait un soucis. Ah… et j’ai poursuivi en disant qu’on allait parler d’autre chose sinon j’allais me mettre à pleurer, à quoi il a répondu « ah oui bien sûr pardon » et j’ai filé. Sinon hier, une prof un peu relou à lourdement insisté pour savoir pourquoi j’avais été en arrêt en me posant plein de questions comme « c’est ton fils qui a été malade? » ou autre, auxquelles je répondais toujours non et une de mes collègues lui précise que c’est perso, la prof tente encore et me dit « mais peut être que tu n’as pas envie d’en parler? »… ben non! tsss la relou. Enfin libérée ma collègue m’avoue qu’elle ne savait plus quoi faire pour s’en débarrasser… super les curieux…

La crémation
Ce matin j’ai envoyé un sms à ma sage femme pour savoir si elle en savait plus concernant la crémation. Au départ elle m’avait dit que ça se ferait sûrement mardi mais je n’avais pas eu de nouvelles depuis. Réponse fin de matinée : la crémation a été faite mercredi, j’ai le cœur lourd. Je me pose la question de me rendre au jardin du souvenir et crématorium.

La psy
Rdv chez la psy à 16h30. J’y suis restée 1h. J’ai parlé, elle a écouté. « hum hum oui » avec de la compassion. Mais je peux pas dire vraiment que ça m’ait aidé. Le fait d’en parler ça m’a fait pleurer (normal c’est douloureux et surtout encore très récent) mais ça m’a pas forcément fait « du bien ». Pas de mal non plus hein, mais je reste perplexe sur cet entretien. Soit la thérapeute ne m’a pas convaincu, soit j’estime que je peux avancer seule. Je ne pense pas que j’y retournerai.

La dispersion
Après ce rdv, je décide de me rendre au jardin du souvenir et au crématorium. J’aimerai en savoir plus si possible, je risque rien à demander. J’arrive sur place vers 17h50, une cérémonie est affichée de 17h30 à 18h. Je fais donc un tour dans le jardin du souvenir en attendant. J’emprunte le chemin le plus proche du crématorium, des dispersions ont été faite, dont une près d’un arbre, je me demande « s’il n’est pas là » et continue mon tour. Après 18h, les proches du défunt discutent devant le crématorium, je n’ose y entrer. Puis, ils commencent à partir. Je décide donc d’y aller. Je voudrai trouver quelqu’un et poser des questions. Au pire, on me refoule mais j’aurai essayer. A l’intérieur, la décoration est particulière, design mais dans le thème, apaisante. Je n’ai pas vu le bureau de suite à ma droite et une dame embêtée en sort et me dit qu’elle va bientôt fermer. Je m’approche d’elle et je lui dit que j’aimerai un renseignement (si elle est au courant).
« Mercredi, normalement, il y a eu la crémation d’un tout petit bébé… (je fonds en larmes), un petit bébé dans un couffin bleu »
« Gabriel? »
Et là je me sens, comment dire, le regard qui s’ouvre, pleine d’espoir.
« oui, Gabriel »
« C’est votre fils? »
« Oui, on a dû arrêter la grossesse, il y avait un soucis »
« vous voulez savoir le lieu de dispersion? »
« oui s’il vous plaît » (re-espoir)
« ok, je pars là, suivez moi, je vais vous montrer où je les ai mise, j’ai dispersé les cendres ce matin »
Je la suis, sur le chemin du crématorium qui mène dans le jardin du souvenir, elle m’indique l’arbre que je pensais.
« voilà, j’ai vidé ici, autour de cet arbre »
Je la remercie et en partant elle me frotte les épaules et me dit « courage ». Je la remercie encore.
Je suis rassurée de savoir où il est. C’est bête, moi qui disait que je n’aimais pas les tombes, ce lieu fixe avec une représentation que je n’aime pas… Au final, c’est contradictoire peut être. Je sais où la dispersion a été faite et quelque part, je me sens mieux. Je sais où est mon bébé 🙂 La dispersion se termine en un tout petit tas. Et là je me dis que je peux en prendre un peu, et l’amener aussi à la mer pour une autre dispersion (j’aime beaucoup la mer). Sauf que dans un sac à main on a pas forcément une boîte hein. J’avais sur moi, juste le sachet zip en plastique dans lequel j’ai reçu le petit ange qui le représente que j’ai mis sur mon bracelet Pandora… Coïncidence du lien…
Je quitte ce lieu « toute contente » d’avoir eu ces informations, rassurée, apaisée. Je vais pouvoir moi aussi faire une dispersion, et peut être mettre quelque chose sur place au jardin du souvenir, je ne sais pas encore. Déjà, pour son « anniversaire » je pourrais amener des fleurs (sur des groupes j’ai lu « anniverciel » c’est mignon je trouve). Bref, des possibilités. Oui, je sais, j’avais aussi dit qu’on récupérait des cendres surtout les affaires et le cercueil, mais oui c’est symbolique…

En presque 2 semaines, j’ai avancé. Oui j’ai toujours, et j’aurai toujours cette peine de cœur, une pensée pour mon ange, des regrets pour son absence (sans penser à la trisomie), le poids de la décision et de l’arrêt de la grossesse, toujours. Une place pour lui dans mon cœur, pour la vie. Mais j’ai aussi de l’espoir. L’espoir d’agrandir la famille et de continuer à avancer tous ensemble.

4

Une semaine

Une semaine que j’ai accouché et que j’ai perdu mon ange… il me manque.

La douleur est toujours là (et je l’aurai à vie), les pleurs ce sont espacés, je suis nostalgique. J’imagine que c’est ça, être sur la voie de l’acceptation.

Le plus dur, c’est le soir au coucher, je ne peux m’empêcher de verser des larmes.

Mon ventre s’est aplati, mes aréoles redeviennent rose… le corps sait.

Quelquefois, il m’arrive encore de passer la main sur mon ventre, qui n’est plus rebondi, je me rends compte, je la retire peinée…

Avec M. Koala on est proche, mais on vit tout ça différemment. Lui s’est acheté un nouveau PC portable et a passé du temps à étudier les caractéristiques qu’il souhaitait, il a besoin de décompresser avec ses potes, il passe beaucoup plus de temps avec TiChou. Moi aussi je suis plus sur TiChou, mais j’aurai besoin de solitude aussi… On passe du temps ensemble aussi.

J’ai quand même fait du tri, rangé des affaires, fait de la place… Les affaires de bébé, de TiChou, que j’avais prévu de ressortir bientôt, je les ai rangées définitivement. Y a plein de choses que j’aurai aimé faire. J’ai eu des moments où j’étais active et d’autres pas, car besoin de ça aussi. Je n’aurai pas le temps de tout faire, la reprise du boulot est prévue pour mercredi mais tant pis ça attendra. J’appréhende cette reprise, mais il ne restera qu’une semaine et demi, après ce sont les vacances scolaires, donc ça va le faire (j’espère).

Difficile de trouver des personnes avec qui en parler car elles n’ont pas forcément vécu ça et les autres je ne vais pas leur rappeler leurs malheurs. Alors j’ai essayé quelques groupes Facebook sur le deuil périnatal, mais le problème c’est que là on est toutes avec la même peine et c’est pas super positif.

Du coup, j’ai demandé à ma sage femme pour un suivi psychologique (on m’en avait proposé un mais je n’étais pas décidée). Je sais pas si ça m’aidera, j’ai rdv vendredi, je teste et je verrai bien. Je lui ai demandé aussi où ça en était pour la crémation de notre ange et ça sera mardi en principe (donc demain), elle me tient au courant.

Avec M. Koala, nous avons décidé de se protéger jusqu’au retour de couche et ensuite de laisser faire les choses. Nous avons besoin d’un nouveau bébé… Aucun bébé ne remplacera notre ange qui restera notre BB2. Le prochain, sera BB3. Et j’espère que ça se passera bien (j’angoisse déjà rien que d’y penser) parce que nous avons envie d’accueillir un bébé dans notre maison et pas uniquement dans nos cœurs.

1

Le vide…

Y a un truc que je peux affirmer, ce n’est pas parce que l’accouchement est passé, que c’est fini, qu’on est prêt à passer à autre chose… En tout cas pas pour moi, et pas maintenant (normal).

Je dirai que la douleur est pire, j’ai horriblement mal… Et qu’une fois fait, il y a le manque… le manque de son bébé.

Je me sens vide…

Les hormones de l’accouchement n’aidant sûrement pas.

Normalement, après un accouchement, on a bébé avec soit et on est rempli d’hormones ocytocines, le bonheur immense nous envahit, on kiffe bébé et ça nous fait potentiellement oublier les douleurs de l’accouchement.

Sauf que là…bébé n’est pas là. C’est comme si tout mon corps l’appelait, le réclamait.

Le vide, l’absence, le manque…me ronge.

Et là, je ne pense même plus à la trisomie, je veux mon bébé. Moi aussi je voudrait l’avoir dans mes bras, le câliner… sauf que c’est pas possible, c’est fini.

Je ne regrette pas ma décision qui a été la bonne, ça j’en suis sûre. La trisomie ne se soigne pas et on aurait pas pu savoir à l’avance comment et à quel degré elle l’aurait accablé. S’il aurait pu être heureux, s’il aurait souffert. On a préféré ne pas prendre de risque. Lui donner une chance pour une autre vie.

Mais ce bébé, je l’aimais quand même. Il était désiré.

Je pense à lui, tout le temps. Si je ne me retenais pas, j’en pleurerai à longueur de journée (j’y suis pas loin en fait) (encore merci les hormones, en plus du reste).

J’en veux à la terre entière. J’aurai voulu que mon bébé soit épargné.

Il me manque 😦

Je me demande comment je vais y arriver, comment continuer, penser à lui autrement.

J’ai une plaie ouverte que tout le monde essaie de panser, j’attends la cicatrice…

4

Au revoir Gabriel…

Lundi 26 mars (16 SA + 2) le matin, on a déposé TiChou à la crèche et on est parti à la maternité. On a posé des affaires dans la chambre et pris seulement un sac pour moi et un avec ses affaires.

On nous a installé en salle de naissance. On nous a bien entouré, bien expliqué le déroulement, comment il serait (assez « rouge » vu la finesse de la peau avec les vaisseaux et qu’on verrait peut être les caractéristiques de la trisomie. On a pu poser toutes les questions qu’on voulait. Le gynéco est venu nous voir aussi, ainsi que ma sage femme, en « civil » mais venue exprès pour nous. J’ai pris 2 comprimés et j’ai ressentis des effets assez rapidement.

Comme c’était déjà difficile, j’ai opté pour une péridurale, surtout au cas où pour après pour éventuellement enlever des restes de placenta.

La pose de la péridurale a été réalisé par une dame anesthésiste pas motivée et froide (à peine bonjour). Bref non seulement elle s’est loupée mais elle m’a trituré et m’a fait mal…

J’ai donc tout senti mais ce fut gérable, Gabriel étant petit sûrement, et d’après les sages femmes, j’ai bien réagi aux médicaments car ça allait vite. Premier examen je suis déjà à 4 cm.

On sent vraiment que « ça travaille » de l’intérieur.

Le temps passe et je commence à avoir bien mal. Deuxième examen, je suis à 7 cm et la poche se rompt. Là j’ai plus mal et Gabriel est pas mal descendu. La sage femme me propose de pousser un peu ou d’attendre, il est à 2 phalanges. En fait, j’en sais rien, je craque, j’ai peur. Peut être parce que c’est la fin, je sais pas, mais c’est difficile. On prend le temps. Je me décide à pousser un peu, mais j’avoue, pas beaucoup. Les jambes et les fesses sortent en premier, puis la tête vient, il est 13h29. Et là je demande à M. Koala, « comment il est? ». Il regarde et pleure. On me propose de le voir, je réponds que oui. On me le présente devant moi, enveloppé, je vois juste sa tête. Je dis « il a le même nez que TiChou », je le trouve beau quand même. Je sais pas trop combien de temps ça a duré, ça m’a parût court mais j’ai eu le temps quand même. On nous dit qu’on va devoir l’amener pour les examens et il part avec ses affaires. Je me retrouve seule avec M. Koala, qui s’est assis sur la chaise, la tête entre ses mains, coudes sur les genoux en train de craquer (« enfin » car il se retenait, un peu parce que je pleurai déjà beaucoup, pour pas en rajouter, ou il se « cachait »). Je crois que c’était tout de suite plus réel pour lui. Je lui ai pris la main en pleurant et je lui ai dis « la prochaine fois qu’on viendra là, on repartira avec notre bébé ». L’espoir ça fait tenir aussi…

La sage femme revient avec le gynécologue et un appareil à échographie. Le placenta est en train de sortir, ça tombe bien. Après vérification, le gynéco a un doute à un endroit (à l’écho car le placenta a l’air complet comme ça). Il va pratiquer une aspiration. Il m’explique le déroulement et me dis que dès que j’ai mal je dis stop et il s’arrête de suite. Sauf que rien qu’en me mettant le spéculum ça me « pince ». Alors il me l’enlève, il n’est pas content car la péridurale est inefficace (ben oué ça j’avais remarqué), qu’il ne peut pas me laisser comme ça. Les sages femmes lui expliquent la super motivation de la dame anesthésiste mais qui devait néanmoins faire son taff. Du coup, on appelle un anesthésiste, un monsieur sympa. On me met un masque à oxygène. Au début j’ai cru qu’on produit serait mis dans le masque pour que je sois stone mais en réalité il avait une seringue avec un produit blanc qu’il a injecté dans le cathéter. Il me parlait et après…je ne me souviens de rien. J’ai eu une anesthésie générale. M. Koala était là, on m’a enlevé le reste et tout a été nettoyé.

Je me réveille, y a plus personne, je regarde l’heure il est vers 14h30, reste que les appareils avec ce qu’on m’a enlevé dedans. Je suppose que M. Koala est parti manger et que les sages femmes doivent être occupées.

A côté, j’entends une maman en travail. La sage femme lui dit qu’elle voit « sa puce ». Je me dis qu’elle a bien de la chance…

La sage femme revient au bout d’un moment et s’excuse, y a pas mal de boulot, mais elle est embêtée de m’avoir laissée seule. Je lui réponds que c’est pas grave, que je comprends, que de toute manière je me suis réveillée doucement. Elle s’occupe de moi et me dit qu’on va venir me chercher pour descendre en chambre.

En bas, peu de temps après j’y retrouve M. Koala. On appelle, on aimerait revoir Gabriel, passer un peu de temps avec lui. La sage femme nous dit pas de soucis mais que là haut à l’espace naissance elles sont un peu débordées du coup elle sait pas trop nous dire quand.

La photographe (bénévole Souven’ange mais aussi professionnelle : L’effet mère) arrive, elle est très sympa (j’avais déjà échangé avec elle par téléphone). Elle a l’habitude et le personnel la connait, elle nous dit qu’elle va aller le chercher et nous l’amener.

Elle revient, avec un berceau classique de maternité à roulettes, un drap blanc recouvre le tout. Dessous, On aperçoit le couffin, avec dedans Gabriel dans son nid d’ange et son doudou à côté, comme on le souhaitait. Elle nous félicite pour ça, elle trouve ça joli, il a l’air bien dedans. On parle beaucoup avec elle, elle nous le montre en entier, prends des photos, on le regarde. Il ressemble vraiment à un bébé en miniature. Il est, en effet, un peu plus rouge, ses paupières fermées (à mon terme c’est pas « fini »). Il est long quand même (long et fin comme TiChou), la photographe le trouve grand. Il a de minuscules petites mains et pieds. Mais tout est là, on voit très bien même que c’est un garçon.

Quand elle a terminé des photos, elle nous questionne si on a des demandes particulières et nous laisse un temps seuls avec lui avant de le ramener. J’ose pas trop le toucher, je le fait à peine, j’ai peur de « l’abîmer ». M. Koala l’embrasse, on lui dit au revoir. C’est dur…

Elle repart avec lui…

M. Koala part chercher TiChou, pour l’amener, et attendre aussi de savoir si je sors ou pas (en principe on dit me garder cette nuit). On passe un moment ensemble et comme TiChou a faim ils repartent.

La sage femme me dit que ça serait pas mal que je reste la nuit et reparte le lendemain, soit.

Les repas, franchement, je suis pas difficile mais là… Pourtant, pour TiChou, j’avais le souvenir inverse.

Personnel super sympa et à l’écoute, aux petits soins, pour ça, j’ai rien à dire.

J’ai mal dormi. Déjà c’était pas simple et puis le lit grinçait, mon dos m’empêchait de bien dormir et j’ai quelque fois entendu des bébés. Je me suis encore dis que, la prochaine fois que je viendrai, ça serait dans d’autres circonstances…

A 6h40 l’infirmier vient me prendre la tension et la température, outch ça pique. Il me donne aussi un papier à remplir pour l’autorisation pour la crémation (crémation individuelle gérée par la clinique et dispersion au jardin du souvenir) et le papier de déclaration pour Gabriel. Je tente de dormir encore un peu.

Vers 8h30, le gynéco vient me voir, me parle de l’intervention, et me dit que je peux sortir quand je le souhaite. Ma sage femme le suit de pas loin, on discute, et me dit qu’elle espère bientôt me revoir, quand je serais prête aussi.

Je prends mon petit déjeuner, réuni mes affaires, me douche et M. Koala que j’ai prévenu et qui vient de déposer TiChou à la crèche arrive. On va déposer le papier de la crémation, à ma sage femme que je recroise, on discute encore. Des bébés prennent leur bain et crient, je pleure. Elle me console. On se salue et je repars avec mon arrêt de travail jusqu’à vendredi inclus. Ca voudrait dire que je reprendrai le travail mercredi dans une semaine, si tout va bien (lundi est férié et je ne travaille pas le mardi). On verra à ce moment là…

Avant de rentrer, on passe à la mairie, Gabriel est noté dans notre livret de famille et on repart avec des actes d’enfant né sans vie.

On rentre. J’ai reçu un cadeau avec une carte, un bouquet de roses blanches, ça fait plaisir.

On est rentré, c’est fini, mais j’ai le blues, le ventre vide et plus de bébé…

Au revoir Gabriel…

29067124_10155512182667183_4059240090428243968_n

Merci à une copinaute pour son dessin qu’elle avait fait pour des amis et qu’elle m’a envoyé 🙂