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Au revoir Elaïa…

Le jour J, on part avec TiChou pour le déposer à l’école. Sur le chemin, M. Koala se rend compte qu’il a oublié son téléphone et arrivé à l’école qu’on a oublié le sac de TiChou, chacun pensant que l’autre l’avait pris :/
Ça commence bien… J’étais déjà stressée, ça n’arrange rien.
On dépose TiChou et retourne à la maison chercher le téléphone et le sac, retourne à l’école pour déposer le sac et enfin on va à la maternité.

On nous installe dans la chambre (pas la même que la dernière fois, ça m’étonne) et on attend qu’on vienne nous chercher pour monter. On trouve le temps long et on se demande pourquoi.

Enfin, on nous dit de monter, on nous installe. La sage femme qui va s’occuper de nous se présente et me donne le comprimé. Elle me dit qu’on est libre, qu’on peut aller dehors, dans la chambre… ce qu’on veut et qu’on revienne si contractions. Dehors il fait moche, seul M. Koala y va pour fumer. Mais moi, je me dis que comme s’est allé vite pour Gabriel, que là ça sera pareil. Du coup je reste sur place et je m’installe.

Mais en fait, cela ne va pas aussi vite, et à part aller faire pipi plusieurs fois, il ne se passe pas grand chose. Du coup, M. Koala part manger. D’ailleurs, il n’y a pas grand monde non plus à l’espace naissance. Sur un trajet pour aller aux toilettes, je m’attarde à discuter avec la sage femme et l’auxiliaire de puériculture.

C’est sûrement pour ça que tout est beaucoup plus détendu : c’est pas le rush, malheureusement on connaît déjà, et aussi, tout a bien été organisé/brieffé par le gynécologue.

3h après, prise d’un nouveau comprimé (M. Koala est revenu entre temps). Mon gynécologue attend tranquillement dans la salle de repos. Et là, ça commence à bouger, et assez rapidement. Du coup, l’anesthésiste est appelé. Et là aussi, tout a été organisé/brieffé par rapport à la dernière fois. Le gynécologue a lourdement insisté (bravo à lui). Du coup, franchement, impeccable. Bon je suis tombée sur un monsieur super à la base mais, une crème quoi. On a plusieurs doses, à mettre ou pas, selon le besoin, pour faire au mieux.
La première dose c’est pas mal mais j’ai quand même mal (bon ça va hein) et je sens que ça se rapproche. Du coup, la sage femme me dit qu’elle va en remettre un peu (faut bien 10 minutes pour en ressentir les effets). Et là, je dis « trop tard ». Je perds les eaux. Bon. Je pleure, je sais que c’est « bientôt fini ». Ça s’affaire autour de moi. Une 2ème vague de liquide arrive et j’annonce que bébé n’est pas loin, je le sens. Et puis, à peine je termine ma phrase que bébé arrive sur une 3ème vague, comme un boulet (petit).
Tu es arrivée, ce jeudi 31 janvier à 15h00.
J’essaye de regarder (cette fois-ci on ne m’a rien mis sur les jambes) et la sage femme me demande si je veux voir. Oui, carrément. Elle me dit on l’essuie et vous montre. Là je sais déjà à quoi m’attendre, pas de peur ni de craintes, je connais. Gabriel était au même terme à 4 jours près. Regard plein de tendresse, de pleurs (de nous 2, aussi)… On me dit qu’elle doit être amenée mais pas longtemps (essuyée, petit examen), on donne ses affaires et l’auxiliaire revient avec.
Et c’est là que c’est bien différent aussi. On me la ramène quasi de suite et on me la donne. Gabriel lui était parti (je l’avais à peine entrevu) et je ne l’avait revu que bien plus tard en chambre. Là j’ai pu la garder tout le temps, l’admirer, la toucher (cette fois ci j’ai osé). Son petit corps était tout chaud, les détails, c’est fou, c’est déjà très bien fait. Le petit menton, les mignons tout petits pieds… Alors, bien sûr, la trisomie se voit (nuque, yeux), mais tout ça je le sais, et la différence avec Gabriel c’est que pour lui, déjà je ne connaissais pas (petit bébé, les signes), mais surtout, j’étais dans la négation pour lui. Là, bien obligée d’accepter, fatalement.
Le gynécologue avait été averti et vient contrôler. Du coup, la sage femme me dit qu’elle me la reprend, mais la pose juste à côté. Je croise pour qu’il n’y ait rien…
Le placenta a l’air entier.
Pour la petite explication, en gros, un placenta c’est une poche avec de l’eau et le cordon dedans (avec bébé bien sûr), « collé à un genre de steak » (désolé pour le mot mais c’est un peu ça). Et même si la poche est intacte, il peut rester des petits bouts de « steaks ».
Le gynéco me fait une écho endo-vaginale (hum chouette). La dernière fois c’était sur le ventre mais il me dit qu’on voit beaucoup mieux. Et c’est vrai. Même quand j’ai eu mes échos, les images étaient bien plus belles en passant par là. Soit.
Manque de bol reste quelques bouts… Le gynéco m’explique qu’il peut tenter d’enlever avec un ou 2 doigts, ça évite une anesthésie générale. Ok. On me donne un peu plus de dose via péridurale. Il enlève ce qu’il y a au plus près mais il reste un bout au fond. Et pour aller le chercher, comme il va plus au fond, ça pousse l’utérus et il doit donc le ramener avec son autre main posée sur mon ventre. Je sais pas si tu imagines, mais moi je douille en sentant ses doigts avec ses ongles sur mon ventre (pas dedans hein). Je souffre sincèrement. On me propose le gaz hilarant, toujours si je souhaite tenter sans AG. Oui oui si ça peut éviter. Alors le gaz, (au bout d’un moment) on est bien conscient, on ressent des picotements, on est un peu ailleurs tout en étant là, un peu dans le cosmos. On sent un peu moins mais franchement on sent quand même et j’ai mal. Des larmes coulent, la sage femme me rassure. Le gynéco dit que normalement c’est bon, encore une écho, qui confirme, OUF. Bon je suis quand même contente d’avoir évité l’AG.
M. Koala pose la question quand je peux rentrer à la maison et le gynéco répond qu’il sait que c’est pas évident pour moi de rester à la maternité mais qu’il aimerait une nuit de surveillance si malaise, hémorragie ou autre. On suit son avis, on lui fait confiance.

Je dois attendre 1h en salle de naissance, pour contrôle. On me la redonne, M. Koala va rentrer et aller chercher TiChou, ils viendront me voir en chambre.

Et donc toute cette heure, j’étais encore avec elle, à la regarder, la toucher. Je me suis excusée en lui disant que cela n’aurait pas dû se passer comme cela, pas une 2ème fois. Que j’étais bien dégoûtée, que j’avais envie de hurler cette injustice, cet acharnement qu’on devait subir, ma colère, mon incompréhension.
Mon espoir s’est envolé avec elle…

Puis la sage femme me propose de descendre et me demande ce que je veux faire d’elle (encore une fois, rien à voir avec Gabriel). Je lui réponds que là, M. Koala et TiChou m’attendent en chambre, du coup, je ne peut pas la garder mais lui demande de le faire pour moi et que je la récupère après, seule. J’en profiterai pour faire des photos, avec l’appareil photo cette fois (j’en avais fait avec le téléphone jusqu’à présent). Je lui parle d’empreintes. J’en ai pas eu pour Gabriel, mais là si possible, j’aimerai bien. Elle me répond que oui sans problème.

Je descends donc sans elle, et rejoint mes hommes. On profite un peu tous les 3 et ils me disent au revoir.

On m’amène à manger puis je prends ma douche et je demande à la revoir.

Là aussi j’ai pris du temps. Par contre, c’était plus difficile, car elle était froide (conservation oblige) et du coup, elle a aussi un peu changé (couleur). Malgré tout, je fais comme prévu, les photos. Ensuite, je la garde un peu avec moi. Un bon moment. Puis, je me décide à appeler les sages femmes, c’est pas très raisonnable, il faut que je lui dise au revoir 😦

Elles viennent la chercher, me parlent des empreintes (la communication est passée), ça c’est chouette. Je demande s’il est possible d’avoir un bracelet. Là encore on me dit aucun problème, on me demande son prénom que j’épelle.

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Je me permets d’en demander un pour Gabriel aussi, j’en avais pas eu. Là aussi, aucun problème, l’une d’elle note la date de naissance et elles repartent (avec elle).

Elles reviennent peu de temps après, avec de l’encre sur les doigts ^^, les 2 bracelets et les empreintes.

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Tu peux pas imaginer ce que ça représente pour moi… Un souvenir de gagné en plus.

On vient me voir 2-3 fois, je discute, on me pose des questions, me rassure, je raconte, je pleure (de l’incompréhension de la situation). Equipe au top notons le, sincèrement.

J’ai mis la TV, eu M. Koala un peu, répondu aux messages… j’ai retardé le coucher.

J’avais mal physiquement : j’ai encore les marques des 2 prises de la ponction, des ongles du gynéco sur mon ventre, les résultantes de la péri dans le dos, l’accouchement… le corps meurtri. Mais aussi une profonde tristesse…
Seule, dans le noir, en attendant le sommeil, je pleure (j’ai beaucoup retenu toute la journée) 😦

J’ai beaucoup de mal à dormir. Y a ce p**** de cathéter que j’ai dans le pli du coude du bras droit (compliqué de l’installer ailleurs), qu’on m’a laissé « au cas où » qui me gène, plus mes douleurs, plus la situation.

Au petit matin, avant la relève, prise de température et tension. Dommage, je dormais… J’arrive tout de même à me rendormir un peu. Le gynéco passe un peu avant 9h (et me réveille) pour me donner une ordonnance avec un cocktail de vitamines et autre (fer, vitamine C, vitamine K, acide folique…) parce que, quand même dit-il, je viens d’accoucher (j’ai pas du tout eu ça la dernière fois). Il me donne aussi un papier avec un rdv de contrôle et me dit de passer au secrétariat pour l’arrêt de travail, je lui dirait ce que je veux (je suis étonnée, agréablement).

Je me lève. Je vois que M. Koala a essayé de me joindre pour venir me chercher, avec TiChou qui est encore un peu maladou, pas en forme (il n’ira donc pas à l’école). Je le préviens de ne pas venir de suite. Il me reste à prendre le petit déjeuner, me doucher, aller au secrétariat du gynéco, attendre la cadre sage femme pour signer les papiers pour la crémation (à leur charge) et qu’elle me donne le certificat de naissance/accouchement.

Ce que j’attends le plus c’est le cadre sage femme. Tout est ok, j’appelle M. Koala. Il signe lui aussi les papiers et on s’en va.

Dire que la dernière fois, en partant, je me disais (avec espoir), que la prochaine fois que je viendrai, je repartirai avec un bébé… Loin de moi de penser que cela ne serait pas le cas 😦
Je repars encore sans bébé, le cœur lourd, encore délesté d’un petit morceau, envolé avec mon ange.
Cette fois-ci, je ne me dis rien, je ne crois plus en rien, l’avenir avec un bébé est incertain. Et pourtant, l’envie, le manque, est toujours là 😦

On part à la mairie pour la déclaration et on rentre… Je suis épuisée, physiquement et moralement.

J’ai maintenant 2 anges sur le livret de famille, dans le ciel et dans mon cœur.

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Au revoir Elaïa… Ton frère a dû t’accueillir.
Nos pensées vont vers vous ❤

 

Pensées pour toutes les mamanges (et papanges) et leurs anges ❤

> Céline Dion – Les petits pieds de Léa
> Louane – Si t’étais là
> Louane – Je vole
> Céline Dion – Vole

 

 

 

 

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1 mois après

Mon deuil
1 mois sans mon ange, où il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui.
Plusieurs fois par jour même.
J’ai souvent rêvé que je tenais mon bébé dans les bras, que je le serrais contre moi, que je le berçait.
J’y pense tendrement, amèrement aussi, car je trouve cela toujours injuste ce que la vie nous a imposé.
j’essaye de vivre avec, d’avancer.
On s’est beaucoup recentrer sur nous. Nous 2, nous 3, nous retrouver. Ca nous a beaucoup rapproché.

Sa place, nos souvenirs
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est de « m’occuper de lui ». De lui faire une place, qu’il ait une existence (son couffin, son coin chez nous, son coin au jardin du souvenir, sa boîte à souvenirs, la déclaration à l’Etat Civil, son prénom).
Les photos de la photographe ont été une révélation. Je les ai reçus avant nos vacances. Ca m’a fait une sensation bizarre quand je les ai vu. Pourtant, je n’avais pas oublié. Le jour de l’accouchement, j’avais pas voulu/ pas vu les traits de la trisomie. L’émotion, la douleur peut être. A tel point que je me posais des questions, « et si? ». Et là, j’ai vu. Ca m’a beaucoup apaisé, comme si, effectivement tout prenait son sens, c’était à cause de la T21, pas d’erreur possible. Je le savais mais j’ai eu besoin de « voir » je pense, que se soit flagrant, mais aussi, que je sois prête à voir. Cela ne change rien de mon amour pour lui de toute façon. Surtout, je n’éprouve plus la culpabilité qui me rongeait.

Son coin chez nous (case meuble Ikea)

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Son coin au jardin des souvenirs

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Sa boîte à souvenirs (moins haute que celle de TiChou, avec les échos, examens, cartes, mots, poèmes, cadeaux, doudous, photos…)

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Le couple
M. Koala avait peur de tout ça. Peur que « je me fasse du mal », que je reste dans ma tristesse à pleurer sur les souvenirs (photos par ex). Je l’ai rassuré en lui disant que ça serait rangé, à disposition si on le désirait, que j’avais besoin de m’occuper à tout ça. il m’a fait confiance.
Au niveau du couple ce qui n’est pas simple c’est qu’on ne réagit pas de la même manière. Personne tu vas me dire. Mais homme/femme c’est très différent. Une épreuve sépare ou rapproche, c’est inévitable. L’homme veut montrer qu’il est fort, qu’il est là, qu’il soutient. Mais il a quand même ses faiblesses. Le mien a tenu. Il est triste mais tient. J’aurai sombré dans une profonde dépression, est-ce qu’il aurait tenu dans la durée? Personne ne sait, mais quand on passe en mode survie on se préserve…
Quand moi j’ai eu besoin de faire tout ça, lui mettait ça dans un coin de sa tête. Pas qu’il n’est pas touché, pas qu’il n’y pense jamais, mais pour se préserver. On est très différent. Mais ce qui est important c’est qu’on en parle, qu’on s’écoute. Il n’a pas tout compris mes besoins, des fois m’approuvant (bonne idée), d’autres m’observant avec la crainte de me voir sombrer.
Quand j’ai annoncé vouloir voir notre bébé après l’accouchement, il m’a regardé sans rien dire. Et puis, c’était devenu pour lui une évidence.
Quand je lui ai parlé de la photographe, j’ai failli passer « pour une folle ». Mais je lui ai expliqué. Il a voulu les voir et il trouve que c’est bien de les avoir.
Quand j’ai fais la pierre pour le jardin du souvenir, il m’a regardé d’un air perplexe. Pour autant, il a souhaité m’accompagner. Il a voulu voir « où notre ange était » (où les cendres avaient été déposées) et participer à faire ce petit coin. Il a été touché, c’est certain, et c’est pour ça qu’il ne l’aurait pas fait de lui même. Mais au final, il a apprécié ce moment.
Est-ce qu’on a changé? Je sais pas trop. C’est peut être un peu trop tôt pour le dire. J’ai l’impression que lui s’est plus rapproché et que moi, je vois les choses différemment, sous un autre angle maintenant. A voir avec le temps.

Pas seuls
Qu’est-ce qu’on est nombreux je trouve à être paranges… trop en fait. Bien sûr on a des amis qui ont connu le deuil périnatal mais on pense toujours que c’est rare. En vrai, quand on lance le sujet, on est pas seuls. Ca permet d’échanger, de se sentir moins seuls ok mais non ce n’est pas rare et ça fait peur.
J’ai lu qu’une grossesse sur 5 ne se passe pas comme prévu, je trouve ça énorme.
On est impuissant face à tout ça et je me pose beaucoup de questions sur le pourquoi.

Le contrôle technique
Ce matin rendez-vous de contrôle avec le gynéco avec une écho. Il me montre l’écran où l’on ne voit rien et avec un grand sourire, l’air satisfait, il me dit que c’est vide. Sauf que ça n’a pas le même sens pour lui et pour moi. Lui rassurant que « le nettoyage » de mon utérus soit une opération réussie, moi vide de mon ange… oui, vide…
On parle contraception, futur enfant, il veut savoir ce que je veux. On veut laisser faire la nature, qui j’espère, cette fois-ci, sera plus sympa avec nous.
C’est « accidentel ». Tel est le terme employé dans les résultats du caryotype fraîchement reçu. Une trisomie libre et homogène sans aucune cause génétique, je suis rassurée, en partie, jusqu’à la prochaine grossesse…

Ma liste
Je remercie M. Koala pour avoir été là, m’avoir soutenue. Ca peut paraître évident mais pas forcément. J’étais pas bien, il ne s’est pas posé de question, il a pris le relais. Je sais qu’il a pris sur lui alors que lui aussi était triste.
Y a ceux qui ont envoyé des messages/mots/cadeaux, je les en remercie.
Y a ceux qui en plus m’ont proposé de téléphoner quand je voulais. Je m’excuse de ne pas l’avoir fait. Je n’ai pas osé mais surtout, pas capable d’aligner quelques mots sans pleurer, je n’ai tout simplement pas pu. J’espère qu’ils comprendront.
Y a ceux qui n’ont rien dit, mais qui ont pensé quand même à nous.
Y a ceux qui étaient gênés, qui n’osaient pas, ne le soyez pas, je ne vous en veux pas.
Y a ceux qui nous ont fuit. Peut être qu’on les retrouvera un jour… ou pas.
Y a ceux qui ont eu des vilains mots. Ceux là on ne les verra plus.
J’ai entendu dire, pour me « consoler », que bon, j’avais quand même de la chance d’avoir un enfant (TiChou) en parfaite santé. 2 j’avais pas le droit?
Y a ceux qui ne comprennent pas comment on peut « déjà » envisager BB3.
On m’a demandé si je me sentais mieux…
On m’a dit que je devrai arrêter d’y penser.
Y a ceux qui parlent devant moi de leur futur bébé à venir en oubliant que moi je n’aurai pas le mien.
Y a ceux qui zappe notre ange, par mégarde, et d’autres volontairement comme s’il ne comptait pas. Ceux là j’ai envie de leur coller le livret de famille sous leur nez.
Y a ceux qui ne parle pas de la trisomie, comme si c’était honteux. N’importe quoi.
Y a ceux qui pense que ce n’était qu’un fœtus. A ceux là je voudrai leur dire que certes le terme médical est exact, mais que derrière y a des sentiments, que c’est un bébé, notre bébé…

Il restera à jamais mon bébé, il ne grandira jamais…sa place restera toujours vide…

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La veille…

C’est un jour « entre deux », où rien n’est prévu mais il faut attendre.

Il ne s’est pas passé grand chose. J’ai préparé un sac à dos pour moi avec quelques affaires au cas où, un petit sac pour lui avec ses affaires. Bien loin de la valise de maternité où l’on amène les brassières et mini bodys avec chaussons et bonnets, l’écharpe de portage…

Je sais pas si j’en ai fait un peu trop mais au moment du repas j’ai contracté un peu. Rien de méchant.

Après le goûter de TiChou, je lui propose d’aller jouer dans le jardin. Il fait pas super beau mais il ne pleut pas, un peu boueux mais avec ses bottes et son imper ça passe niquel. Le jardin est clos, j’aurai pas à lui courir derrière ^^. On a joué un moment et il a voulu faire de la balançoire. Une pour petit, un siège avec un « T » devant pour protéger. Je l’ai porté pour l’y mettre et j’ai un peu galérer pour l’en sortir à cause des bottes. J’ai pas demandé d’aide…

Est-ce à cause de ça, possible, mais après ça a été compliqué… J’ai dû m’allonger, j’ai beaucoup contracté. J’ai pris du Spasfon et suis restée allongée. Franchement c’est flippant. Parce j’avais peur qu’il arrive. En début de soirée, c’était pas le moment dans le sens où TiChou est avec nous et nous sommes seuls avec lui. M. Koala me dit que si jamais on se pointera tous les 3 là bas, je dis non, qu’il faut que j’y aille et qu’il faut qu’il reste à la maison avec TiChou en attendant que quelqu’un prenne le relais. Il ne veut pas me laisser…

Heureusement, le repos ou le Spasfon a fait son effet. J’ai demandé « non, pas maintenant, pas avant d’avoir déposé TiChou à la crèche, pitié ».

Bref, là je contracte de temps en temps mais ça va, je croise. Je vais essayer de me reposer un max, demain sera une grosse journée…