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La Toussaint

Cette semaine, j’y ai beaucoup pensé, les larmes sont revenues. Colère, injustice se mêlent.
Cette année, j’ai acheté 2 pots de chrysanthèmes pour le jardin, un de plus que l’an dernier…quelle tristesse…
Cette année TiChou nous a accompagné, j’ai dû lui expliquer qu’ici il n’y avait que « poussières », qu’on allait porter des fleurs à nos 2 petits anges, Gabriel et Elaïa… Lui « ravi » d’offrir ces fleurs à son petit frère et à sa petite sœur du Ciel…
J’ai « grave les boules ». Porter des fleurs à des bébés à la Toussaint ce n’est pas dans l’ordre des choses.
Voilà ce que je dois affronter, ce jour, ce quotidien, cette souffrance, les anniversaires sans eux, Noël…
En ce jour tout remonte. Pas que j’avais oublié non, jamais on oublie, chaque jour on y pense, mais y penser le jour de la fête des morts ça prend tout son sens. La pensée n’est plus douce, mais triste.
J’essaye de ne pas demander pourquoi, il faut faire avec, je le sais bien, mais j’en veux à la Terre entière de nous imposer ça, et deux fois…
Je pense beaucoup à eux, et je leur envoi plein d’amour ❤

Désolé pour la qualité des photos prises viteuf.

En espérant que 2020 nous apporte plus de bonheur et de l’espoir ❤

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La fausse couche

Les vacances passaient et rien n’arrivait. Je me voyais déjà contacter le gynéco en disant que rien ne s’était passé.
J’avais bien eu de légères pertes brunes sur 2 jours mais qui s’étaient arrêtées une semaine, puis repris.
Et enfin, hier, fin de matinée, les règles arrivent.
Quelque part soulagée, si ça peut m’éviter une hospitalisation, que ça vienne naturellement.
Et puis le soir, d’un coup, je me sens me vider. Je pars une première fois aux WC, je dois me changer de vêtements. Je perds pas mal de sang avec caillots.
Un peu plus tard, idem, sauf que là je sens que quelque chose d’assez conséquent (plus que des caillots) est tombé. Je file aux WC et dans ma culotte, je vois un tout petit placenta, de la taille d’un abricot environ (je pense qu’il a continué à se développer alors que bébé lui non pourtant). Le gynéco qui disait que je ne m’apercevrai de rien…hum. Ça colle plutôt avec les témoignages que j’avais eu, bref.
Je regardais ce placenta. Comme il n’était pas tombé dans les WC et que je l’avais devant mes yeux, je me voyais pas l’y jeter. Du coup, je l’ai récupéré et je l’ai enterré dans le jardin avec ma maman au pied du cerisier.

Après ça, je n’ai plus eu d’hémorragie. Une fois le placenta sorti c’était comme des règles classiques.

Demain, en rentrant de vacances, j’enverrai donc à mon gynéco un message pour le tenir au courant. Il me programmera une écho, en espérant qu’il ne reste rien et que tout soit bien parti…

Bien sûr qu’après 2 IMG, c’est très différent comme sentiment, mais cela reste une épreuve difficile, encore plus quand on attend un bébé espoir.

Encore un espoir qui s’envole…

Je me demande ce qui va bien pouvoir nous tomber sur le nez la prochaine fois 😦

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L’espoir de bébé arc en ciel

Le mois dernier, fête des mères oblige, je m’étais monté la tête et au final j’avais eu mes règles.
J’ai abordé ce nouveau cycle blasée, déçue. Ça finirai bien par arriver n’est-ce pas?
Et puis, fin de ce cycle, sentiment différent, mais je me disais « non te fait pas d’idée tu va être très déçue ».
Jour J RAS : « ne te fais pas d’idée ! »
J + 1 : « sérieux comme la dernière fois, si c’est pour les avoir demain c’est dégueulasse ! »
J + 2 : « ah… et si? Allez, demain matin si rien test pipi »
Lundi matin me voilà en train de faire un test de grossesse :

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C’est léger mais c’est là 🙂
Du coup, à la pause déjeuner je file au labo.
Et dans l’aprem :

pds 24-06-19

Pour une fois, j’avais une ordonnance avec une nouvelle pds 48h après. Mais du coup, j’avais peur que le taux n’évolue pas. Et en fait si 🙂
Aujourd’hui :

pds 26-06-19

Donc pour l’instant ça évolue bien.

Je suis contente, mais je sais ce qui m’attend… et je sais ce que je crains. Et même une fois passés les examens du premier trimestre, si tout est ok on va souffler un peu, mais l’angoisse sera là jusqu’à ce que bébé soit avec nous et qu’on le ramène en vie à la maison. Le vécu laisse des traces 😦
J’avoue aussi qu’à fréquenter les groupes de mamanges, je devient pas mal au courant de tout ce qui peut se passer de pire dans une grossesse.

Ne me dites pas « il n’y a pas de raison ». Il n’y en a jamais. On ne choisit pas, ça tombe sur nous sans prévenir. Il n’y en avait pas pour aucun de mes anges, c’est comme ça.

Aujourd’hui, nous avons conscience, plus que jamais, que la vie tient à un fil, même celle des touts petits bébés, et qu’elle peut basculer d’un coup.

Alors on espère de tout notre cœur que tout se passera bien, mais on en sait rien, on croise tout ce qu’on peut.

Contrairement aux dernières fois, je ne me suis même pas précipité pour avoir un rdv de suivi sage femme ou prendre rdv pour une écho de datation. Ne sachant par où commencer, j’ai envoyer un mail à la sage femme qui me fait les échos, parce que je ne sais pas par où commencer, avec qui et comment.
Elle m’a dit de l’appeler, elle me propose de me voir chaque mois (avec écho) pour me rassurer. On va voir pour que je sois rassurée et mon suivi 🙂

A suivre 😉

 

 

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En ce jour de fête des mamans…

En ce jour de fête des mamans, je suis partagée.
Partagée entre l’immense plaisir d’avoir reçu de la part de TiChou un cadre peint et un poème et le manque de mes anges.

TiChou, 3 ans et demi, en petite section de maternelle, m’a apporté tout fier son oeuvre (non sans avoir vendu la mèche avant ^^) et m’a récité sa première poésie.
Séquence émotion pleine de choupitude 🙂

Je mesure encore plus aujourd’hui, l’immense chance d’avoir TiChou près de moi et qu’il soit tout heureux de me fêter ce jour si particulier.
Je pense à toute celles qui, aujourd’hui, n’ont rien reçu, ou partiellement, car elle ont un ange là haut.

Gabriel aurait 8 mois, et j’aurai sûrement reçu, comme pour TiChou, ses empreintes à la peinture formant un cœur, une fleur ou autre en revenant de la crèche.
Elaïa serait encore dans mon ventre, bien au chaud, dans le 8ème mois.
La vie en a voulu autrement, et aujourd’hui, encore plus, je pense à eux.

Ce mois-ci, j’ai voulu positiver à fond, à me dire que, cette fois-ci, je pourrais avoir un cadeau supplémentaire. Tellement, que la semaine dernière j’avais acheté un test de grossesse. Avec 2 jours jours de retard, j’aurai pu faire un test aujourd’hui! Sur le papier ça aurait été chouette. Vendredi, jour J, rien, j’y crois. Samedi matin, rien, la banane. Et c’est arrivé dans l’aprem. Dé-gou-tée ! Encore, mon corps n’est pas si sadique que ça. Certes, un jour de retard et j’y ai cru, mais il m’a épargné d’y croire plus et de cramer un test pour rien ce matin…
Mais voilà, pas de surprise, ce jour 😦

A suivre…

 

 

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<3 Gabriel 1 an <3

Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit… J’ai eu un passage plus difficile à gérer, mais je le sais, le deuil c’est par vagues. Ça s’éloigne, ça revient, mais tous les jours je pense à eux ❤

Ce que j’en ressors encore aujourd’hui n’est que douleur et tristesse, même si je suis plus apaisée. Je ne ressens plus de colère mais j’en suis bien amère…

J’ai toutefois un  poids en moins, car finalement, monsieur Koala n’a pas eu à réfléchir longtemps pour BB4. Il a peur, tout comme moi, mais il a aussi envie qu’on ramène un bébé en bonne santé à la maison. Alors il a dit qu’il ne voulait pas me/nous priver de ça.
Mais voilà, je suis partagée entre la crainte que ça nous arrive encore une fois (car même si nos caryotypes sont revenus sans rien, la technologie actuelle ne permet peut être pas de trouver quelque chose) et le besoin intense de serrer mon bébé dans les bras, en vie et en bonne santé.

Je repense à ce que le généticien m’avait dit, 2 fois c’est très rare mais 3 fois je n’ai jamais vu. Et bien, moi j’ai « vu ». Très récemment, suite à une émission sur le sujet, j’ai trouvé un nouveau groupe Facebook de paranges. Et là, j’y ai trouvé une canadienne à qui c’est arrivé 3 fois… Ses 3 premiers enfants… Sachant que pour BB2 et BB3 ce n’était pas le même papa que BB1, elle m’a dit que clairement elle savait que ça venait d’elle. Son caryotype a été fait une première fois après son 2ème, puis un nouveau, renforcé avec son dernier. Je sais pas pourquoi chez eux les examens sont plus tard, et donc détecté plus tard aussi. Elle est désespérée et quand je lui ai demandé s’il lui était possible qu’on lui sélectionne des embryons (via une FIV), elle m’a répondu que c’était hors budget pour eux (pas remboursé chez eux) 😦 Elle ne veut plus tenter.
Son généticien pense à une T21 en mosaïque très faible chez elle avec localisation sur les cellules germinales. Et donc on ne peut rien voir.

J’avoue que tout ça me pose question… Et si ça recommençait? Comment on le gérerai?
C’est une prise de risques…mais est-ce qu’on est prêt à ça encore? La réponse est non, on cherche forcément l’issue heureuse, on ne veut pas penser au pire. Et pourtant…

1 an déjà… que j’ai accouché de mon petit ange, après la nouvelle qui nous a bouleversée… C’est passé à une vitesse… Avec entre-temps, une nouvelle grossesse et sa petite sœur qui l’a rejoint 😦

Ça fait longtemps que je pense à cette journée. Qu’est-ce qu’on peut faire pour les 1 an (et les autres « anniverciel ») de nos petits anges?
C’est très personnel je pense. Certaines familles, mangent un gâteau, d’autres fleurissent la tombe, organisent un lâché de ballons… J’avoue j’ai regardé un peu ce que faisait les autres. Je voulais marquer le coup, que se soit doux mais aussi discret (que pour nous).

J’ai amené des fleurs au jardin du souvenir. J’ai choisi celles-ci, qui me font penser à des petits soleils :

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J’ai aussi allumé une bougie (je l’ai mise ensuite au-dessus du meuble car ça chauffe) :

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Et ce soir, nous avons allumé et laisser partir une lanterne :

 

Je l’ai regardé s’envoler et disparaître.

Joyeux anniverciel mon ange… ❤

 

 

 

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La crémation et la dispersion

Dimanche matin, avec TiChou, je suis allée en jardinerie, pour acheter 2 moulins à vent. Un va remplacer celui de Gabriel, qui est un peu passé par le soleil, et l’autre sera pour Elaïa. Je les ai marqué de leurs prénoms et de leurs dates de naissance.

Lundi, reprise du boulot. Je montre à mon directeur, pas sans émotion, l’acte d’enfant né sans vie (il est étonné et touché). Je lui parle de la crémation et de la dispersion, s’il m’autorise à m’absenter, que je pourrais récupérer des heures. Il me dit qu’il n’y a vraiment aucun problème, pas d’heure à poser, c’est normal et que si j’ai besoin je prenne le temps qu’il faut. Je lui dis que ça va aller, c’est juste que là, en sortant le document, c’est pas facile, mais je reprends. Je le remercie.

Je sors vite du boulot et à 12h j’étais au crématorium.
Je suis reçu par une dame et un monsieur qui m’explique qu’en fait la police est déjà passé, le scellé déjà fait et tout attend dans le four…
Je demande s’il est possible de voir mais du coup non.
Par contre, la dame me dit que la dispersion est programmée mardi à 14h et non pas le jour même.

Je préviens donc mon directeur car du coup, je suis aller travailler lundi après-midi, j’aurai besoin du mardi après-midi. Pas de problème pour lui.

Cet après-midi je me rends donc au crématorium. La dame était au courant. Elle me dit qu’on peut y aller et va chercher l’urne. C’est une petite urne en métal, qui a environ la taille d’une petite bouteille d’eau 0,5 l mais elle m’explique qu’en fait elle n’est rempli que d’un tiers à peu près.

Au jardin du souvenir, nous allons au pied de l’arbre « où est Gabriel ». Elle ma propose de disperser moi même si je le souhaite, ce que j’accepte. J’en garde un peu dans un petit sachet zip, pour en jeter à la mer, comme pour Gabriel (normalement on peut pas en garder).

On discute pas mal. Elle est gentille et compatissante. Je lui parle du projet, on parle petits anges… Elle m’explique que c’est méconnu le deuil périnatal, et que c’est depuis qu’elle fait ce métier qu’elle sait. Parce que sinon on ne se doute pas. C’est vrai, on y pense pas. Elle me souhaite du courage, du bonheur par la suite, me salue et me laisse seule. Je la remercie.

Je place les 2 moulins à vent. D’abord celui de Gabriel, qui se met à tourner, puis, celui d’Elaia, qui fait de même. Je les regarde. J’aime ce mouvement, qui donne l’impression qu’ils sont là. A chaque brise, chaque vent, ils tourneront, montrant ainsi qu’ils ont existé.

J’ai enfin compris pourquoi je vivais différemment pour Elaïa. Je les aime tous les deux, je souffre pour eux pareil. Mais j’ai réussi à laisser partir Elaïa, sans la « retenir » (c’est imagé ce que je dis). Gabriel j’avais eu beaucoup de mal.
C’est ça qu’on appelle le « lâcher prise » il me semble.
Laisser le petit ange partir là où il doit aller… 🙂

 

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Cette douleur…

Cette douleur… que je connais déjà, qui commençait à peine à se « soigner » mais avec une plaie toujours ouverte tentant de se refermer. Elle s’est ouverte à nouveau, plus grande. Et même en le vivant différemment, c’est la même souffrance après.

Pour Gabriel, l’attente des résultats avait été plus douce, contrairement à Elaïa où elle était insupportable, parce qu’on connaissait l’issue.
Pour Gabriel, la naissance avait été stressante et dure, alors que pour Elaïa elle était plus douce.

C’est l’après qui est identique. La souffrance, le manque…

Et pourtant, j’avais essayé de me protéger, avec un premier trimestre presque détaché, en ne m’investissant pas dans cette grossesse, par crainte. En prenant du recul au maximum. J’avais rien acheté pour le bébé, ou presque, uniquement un petit sarouel tissu arc-en-ciel, qui allait bien à ce bébé espoir. Et c’est pendant que je cherchais le petit bonnet assorti que tout à basculé. Me retournant ainsi à la réalité. Comme quoi, rien n’est acquis ni gagné 😦

C’est peut être parce que j’ai voulu me protéger, que je n’ai pas bien réalisé. Les résultats ont atterris comme une bombe et même si je savais ce qui allait se passer, j’ai eu beaucoup de mal à y croire, à l’accepter. Ce n’était pas possible, pas mon bébé espoir…

Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. J’ai dû préparer sa venue, comme pour Gabriel, avec à l’idée d’essayer de faire ce que je n’avait pas pu/pas oser faire avec lui.

C’est le retour à la maison le plus dur. Encore une fois, les bras vides, le cœur lourd, sans bébé 😦
Avec un TiChou qui commence à comprendre un peu plus et demande si le bébé va revenir… « Et non mon cœur, c’est pour ça que je suis triste, le bébé est parti au ciel, il ne reviendra pas. Nous avons 2 bébés au ciel ».

Ce sentiment d’injustice, pourquoi encore? Pourquoi ne pas avoir un bébé espoir. Juste un. La vie s’acharne, on ne comprend pas.

L’espoir s’en est allé…