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La fausse couche

Les vacances passaient et rien n’arrivait. Je me voyais déjà contacter le gynéco en disant que rien ne s’était passé.
J’avais bien eu de légères pertes brunes sur 2 jours mais qui s’étaient arrêtées une semaine, puis repris.
Et enfin, hier, fin de matinée, les règles arrivent.
Quelque part soulagée, si ça peut m’éviter une hospitalisation, que ça vienne naturellement.
Et puis le soir, d’un coup, je me sens me vider. Je pars une première fois aux WC, je dois me changer de vêtements. Je perds pas mal de sang avec caillots.
Un peu plus tard, idem, sauf que là je sens que quelque chose d’assez conséquent (plus que des caillots) est tombé. Je file aux WC et dans ma culotte, je vois un tout petit placenta, de la taille d’un abricot environ (je pense qu’il a continué à se développer alors que bébé lui non pourtant). Le gynéco qui disait que je ne m’apercevrai de rien…hum. Ça colle plutôt avec les témoignages que j’avais eu, bref.
Je regardais ce placenta. Comme il n’était pas tombé dans les WC et que je l’avais devant mes yeux, je me voyais pas l’y jeter. Du coup, je l’ai récupéré et je l’ai enterré dans le jardin avec ma maman au pied du cerisier.

Après ça, je n’ai plus eu d’hémorragie. Une fois le placenta sorti c’était comme des règles classiques.

Demain, en rentrant de vacances, j’enverrai donc à mon gynéco un message pour le tenir au courant. Il me programmera une écho, en espérant qu’il ne reste rien et que tout soit bien parti…

Bien sûr qu’après 2 IMG, c’est très différent comme sentiment, mais cela reste une épreuve difficile, encore plus quand on attend un bébé espoir.

Encore un espoir qui s’envole…

Je me demande ce qui va bien pouvoir nous tomber sur le nez la prochaine fois 😦

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L’espoir de bébé arc en ciel

Le mois dernier, fête des mères oblige, je m’étais monté la tête et au final j’avais eu mes règles.
J’ai abordé ce nouveau cycle blasée, déçue. Ça finirai bien par arriver n’est-ce pas?
Et puis, fin de ce cycle, sentiment différent, mais je me disais « non te fait pas d’idée tu va être très déçue ».
Jour J RAS : « ne te fais pas d’idée ! »
J + 1 : « sérieux comme la dernière fois, si c’est pour les avoir demain c’est dégueulasse ! »
J + 2 : « ah… et si? Allez, demain matin si rien test pipi »
Lundi matin me voilà en train de faire un test de grossesse :

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C’est léger mais c’est là 🙂
Du coup, à la pause déjeuner je file au labo.
Et dans l’aprem :

pds 24-06-19

Pour une fois, j’avais une ordonnance avec une nouvelle pds 48h après. Mais du coup, j’avais peur que le taux n’évolue pas. Et en fait si 🙂
Aujourd’hui :

pds 26-06-19

Donc pour l’instant ça évolue bien.

Je suis contente, mais je sais ce qui m’attend… et je sais ce que je crains. Et même une fois passés les examens du premier trimestre, si tout est ok on va souffler un peu, mais l’angoisse sera là jusqu’à ce que bébé soit avec nous et qu’on le ramène en vie à la maison. Le vécu laisse des traces 😦
J’avoue aussi qu’à fréquenter les groupes de mamanges, je devient pas mal au courant de tout ce qui peut se passer de pire dans une grossesse.

Ne me dites pas « il n’y a pas de raison ». Il n’y en a jamais. On ne choisit pas, ça tombe sur nous sans prévenir. Il n’y en avait pas pour aucun de mes anges, c’est comme ça.

Aujourd’hui, nous avons conscience, plus que jamais, que la vie tient à un fil, même celle des touts petits bébés, et qu’elle peut basculer d’un coup.

Alors on espère de tout notre cœur que tout se passera bien, mais on en sait rien, on croise tout ce qu’on peut.

Contrairement aux dernières fois, je ne me suis même pas précipité pour avoir un rdv de suivi sage femme ou prendre rdv pour une écho de datation. Ne sachant par où commencer, j’ai envoyer un mail à la sage femme qui me fait les échos, parce que je ne sais pas par où commencer, avec qui et comment.
Elle m’a dit de l’appeler, elle me propose de me voir chaque mois (avec écho) pour me rassurer. On va voir pour que je sois rassurée et mon suivi 🙂

A suivre 😉

 

 

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En ce jour de fête des mamans…

En ce jour de fête des mamans, je suis partagée.
Partagée entre l’immense plaisir d’avoir reçu de la part de TiChou un cadre peint et un poème et le manque de mes anges.

TiChou, 3 ans et demi, en petite section de maternelle, m’a apporté tout fier son oeuvre (non sans avoir vendu la mèche avant ^^) et m’a récité sa première poésie.
Séquence émotion pleine de choupitude 🙂

Je mesure encore plus aujourd’hui, l’immense chance d’avoir TiChou près de moi et qu’il soit tout heureux de me fêter ce jour si particulier.
Je pense à toute celles qui, aujourd’hui, n’ont rien reçu, ou partiellement, car elle ont un ange là haut.

Gabriel aurait 8 mois, et j’aurai sûrement reçu, comme pour TiChou, ses empreintes à la peinture formant un cœur, une fleur ou autre en revenant de la crèche.
Elaïa serait encore dans mon ventre, bien au chaud, dans le 8ème mois.
La vie en a voulu autrement, et aujourd’hui, encore plus, je pense à eux.

Ce mois-ci, j’ai voulu positiver à fond, à me dire que, cette fois-ci, je pourrais avoir un cadeau supplémentaire. Tellement, que la semaine dernière j’avais acheté un test de grossesse. Avec 2 jours jours de retard, j’aurai pu faire un test aujourd’hui! Sur le papier ça aurait été chouette. Vendredi, jour J, rien, j’y crois. Samedi matin, rien, la banane. Et c’est arrivé dans l’aprem. Dé-gou-tée ! Encore, mon corps n’est pas si sadique que ça. Certes, un jour de retard et j’y ai cru, mais il m’a épargné d’y croire plus et de cramer un test pour rien ce matin…
Mais voilà, pas de surprise, ce jour 😦

A suivre…

 

 

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<3 Gabriel 1 an <3

Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit… J’ai eu un passage plus difficile à gérer, mais je le sais, le deuil c’est par vagues. Ça s’éloigne, ça revient, mais tous les jours je pense à eux ❤

Ce que j’en ressors encore aujourd’hui n’est que douleur et tristesse, même si je suis plus apaisée. Je ne ressens plus de colère mais j’en suis bien amère…

J’ai toutefois un  poids en moins, car finalement, monsieur Koala n’a pas eu à réfléchir longtemps pour BB4. Il a peur, tout comme moi, mais il a aussi envie qu’on ramène un bébé en bonne santé à la maison. Alors il a dit qu’il ne voulait pas me/nous priver de ça.
Mais voilà, je suis partagée entre la crainte que ça nous arrive encore une fois (car même si nos caryotypes sont revenus sans rien, la technologie actuelle ne permet peut être pas de trouver quelque chose) et le besoin intense de serrer mon bébé dans les bras, en vie et en bonne santé.

Je repense à ce que le généticien m’avait dit, 2 fois c’est très rare mais 3 fois je n’ai jamais vu. Et bien, moi j’ai « vu ». Très récemment, suite à une émission sur le sujet, j’ai trouvé un nouveau groupe Facebook de paranges. Et là, j’y ai trouvé une canadienne à qui c’est arrivé 3 fois… Ses 3 premiers enfants… Sachant que pour BB2 et BB3 ce n’était pas le même papa que BB1, elle m’a dit que clairement elle savait que ça venait d’elle. Son caryotype a été fait une première fois après son 2ème, puis un nouveau, renforcé avec son dernier. Je sais pas pourquoi chez eux les examens sont plus tard, et donc détecté plus tard aussi. Elle est désespérée et quand je lui ai demandé s’il lui était possible qu’on lui sélectionne des embryons (via une FIV), elle m’a répondu que c’était hors budget pour eux (pas remboursé chez eux) 😦 Elle ne veut plus tenter.
Son généticien pense à une T21 en mosaïque très faible chez elle avec localisation sur les cellules germinales. Et donc on ne peut rien voir.

J’avoue que tout ça me pose question… Et si ça recommençait? Comment on le gérerai?
C’est une prise de risques…mais est-ce qu’on est prêt à ça encore? La réponse est non, on cherche forcément l’issue heureuse, on ne veut pas penser au pire. Et pourtant…

1 an déjà… que j’ai accouché de mon petit ange, après la nouvelle qui nous a bouleversée… C’est passé à une vitesse… Avec entre-temps, une nouvelle grossesse et sa petite sœur qui l’a rejoint 😦

Ça fait longtemps que je pense à cette journée. Qu’est-ce qu’on peut faire pour les 1 an (et les autres « anniverciel ») de nos petits anges?
C’est très personnel je pense. Certaines familles, mangent un gâteau, d’autres fleurissent la tombe, organisent un lâché de ballons… J’avoue j’ai regardé un peu ce que faisait les autres. Je voulais marquer le coup, que se soit doux mais aussi discret (que pour nous).

J’ai amené des fleurs au jardin du souvenir. J’ai choisi celles-ci, qui me font penser à des petits soleils :

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J’ai aussi allumé une bougie (je l’ai mise ensuite au-dessus du meuble car ça chauffe) :

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Et ce soir, nous avons allumé et laisser partir une lanterne :

 

Je l’ai regardé s’envoler et disparaître.

Joyeux anniverciel mon ange… ❤

 

 

 

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La crémation et la dispersion

Dimanche matin, avec TiChou, je suis allée en jardinerie, pour acheter 2 moulins à vent. Un va remplacer celui de Gabriel, qui est un peu passé par le soleil, et l’autre sera pour Elaïa. Je les ai marqué de leurs prénoms et de leurs dates de naissance.

Lundi, reprise du boulot. Je montre à mon directeur, pas sans émotion, l’acte d’enfant né sans vie (il est étonné et touché). Je lui parle de la crémation et de la dispersion, s’il m’autorise à m’absenter, que je pourrais récupérer des heures. Il me dit qu’il n’y a vraiment aucun problème, pas d’heure à poser, c’est normal et que si j’ai besoin je prenne le temps qu’il faut. Je lui dis que ça va aller, c’est juste que là, en sortant le document, c’est pas facile, mais je reprends. Je le remercie.

Je sors vite du boulot et à 12h j’étais au crématorium.
Je suis reçu par une dame et un monsieur qui m’explique qu’en fait la police est déjà passé, le scellé déjà fait et tout attend dans le four…
Je demande s’il est possible de voir mais du coup non.
Par contre, la dame me dit que la dispersion est programmée mardi à 14h et non pas le jour même.

Je préviens donc mon directeur car du coup, je suis aller travailler lundi après-midi, j’aurai besoin du mardi après-midi. Pas de problème pour lui.

Cet après-midi je me rends donc au crématorium. La dame était au courant. Elle me dit qu’on peut y aller et va chercher l’urne. C’est une petite urne en métal, qui a environ la taille d’une petite bouteille d’eau 0,5 l mais elle m’explique qu’en fait elle n’est rempli que d’un tiers à peu près.

Au jardin du souvenir, nous allons au pied de l’arbre « où est Gabriel ». Elle ma propose de disperser moi même si je le souhaite, ce que j’accepte. J’en garde un peu dans un petit sachet zip, pour en jeter à la mer, comme pour Gabriel (normalement on peut pas en garder).

On discute pas mal. Elle est gentille et compatissante. Je lui parle du projet, on parle petits anges… Elle m’explique que c’est méconnu le deuil périnatal, et que c’est depuis qu’elle fait ce métier qu’elle sait. Parce que sinon on ne se doute pas. C’est vrai, on y pense pas. Elle me souhaite du courage, du bonheur par la suite, me salue et me laisse seule. Je la remercie.

Je place les 2 moulins à vent. D’abord celui de Gabriel, qui se met à tourner, puis, celui d’Elaia, qui fait de même. Je les regarde. J’aime ce mouvement, qui donne l’impression qu’ils sont là. A chaque brise, chaque vent, ils tourneront, montrant ainsi qu’ils ont existé.

J’ai enfin compris pourquoi je vivais différemment pour Elaïa. Je les aime tous les deux, je souffre pour eux pareil. Mais j’ai réussi à laisser partir Elaïa, sans la « retenir » (c’est imagé ce que je dis). Gabriel j’avais eu beaucoup de mal.
C’est ça qu’on appelle le « lâcher prise » il me semble.
Laisser le petit ange partir là où il doit aller… 🙂

 

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Cette douleur…

Cette douleur… que je connais déjà, qui commençait à peine à se « soigner » mais avec une plaie toujours ouverte tentant de se refermer. Elle s’est ouverte à nouveau, plus grande. Et même en le vivant différemment, c’est la même souffrance après.

Pour Gabriel, l’attente des résultats avait été plus douce, contrairement à Elaïa où elle était insupportable, parce qu’on connaissait l’issue.
Pour Gabriel, la naissance avait été stressante et dure, alors que pour Elaïa elle était plus douce.

C’est l’après qui est identique. La souffrance, le manque…

Et pourtant, j’avais essayé de me protéger, avec un premier trimestre presque détaché, en ne m’investissant pas dans cette grossesse, par crainte. En prenant du recul au maximum. J’avais rien acheté pour le bébé, ou presque, uniquement un petit sarouel tissu arc-en-ciel, qui allait bien à ce bébé espoir. Et c’est pendant que je cherchais le petit bonnet assorti que tout à basculé. Me retournant ainsi à la réalité. Comme quoi, rien n’est acquis ni gagné 😦

C’est peut être parce que j’ai voulu me protéger, que je n’ai pas bien réalisé. Les résultats ont atterris comme une bombe et même si je savais ce qui allait se passer, j’ai eu beaucoup de mal à y croire, à l’accepter. Ce n’était pas possible, pas mon bébé espoir…

Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. J’ai dû préparer sa venue, comme pour Gabriel, avec à l’idée d’essayer de faire ce que je n’avait pas pu/pas oser faire avec lui.

C’est le retour à la maison le plus dur. Encore une fois, les bras vides, le cœur lourd, sans bébé 😦
Avec un TiChou qui commence à comprendre un peu plus et demande si le bébé va revenir… « Et non mon cœur, c’est pour ça que je suis triste, le bébé est parti au ciel, il ne reviendra pas. Nous avons 2 bébés au ciel ».

Ce sentiment d’injustice, pourquoi encore? Pourquoi ne pas avoir un bébé espoir. Juste un. La vie s’acharne, on ne comprend pas.

L’espoir s’en est allé…

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Au revoir Elaïa…

Le jour J, on part avec TiChou pour le déposer à l’école. Sur le chemin, M. Koala se rend compte qu’il a oublié son téléphone et arrivé à l’école qu’on a oublié le sac de TiChou, chacun pensant que l’autre l’avait pris :/
Ça commence bien… J’étais déjà stressée, ça n’arrange rien.
On dépose TiChou et retourne à la maison chercher le téléphone et le sac, retourne à l’école pour déposer le sac et enfin on va à la maternité.

On nous installe dans la chambre (pas la même que la dernière fois, ça m’étonne) et on attend qu’on vienne nous chercher pour monter. On trouve le temps long et on se demande pourquoi.

Enfin, on nous dit de monter, on nous installe. La sage femme qui va s’occuper de nous se présente et me donne le comprimé. Elle me dit qu’on est libre, qu’on peut aller dehors, dans la chambre… ce qu’on veut et qu’on revienne si contractions. Dehors il fait moche, seul M. Koala y va pour fumer. Mais moi, je me dis que comme s’est allé vite pour Gabriel, que là ça sera pareil. Du coup je reste sur place et je m’installe.

Mais en fait, cela ne va pas aussi vite, et à part aller faire pipi plusieurs fois, il ne se passe pas grand chose. Du coup, M. Koala part manger. D’ailleurs, il n’y a pas grand monde non plus à l’espace naissance. Sur un trajet pour aller aux toilettes, je m’attarde à discuter avec la sage femme et l’auxiliaire de puériculture.

C’est sûrement pour ça que tout est beaucoup plus détendu : c’est pas le rush, malheureusement on connaît déjà, et aussi, tout a bien été organisé/brieffé par le gynécologue.

3h après, prise d’un nouveau comprimé (M. Koala est revenu entre temps). Mon gynécologue attend tranquillement dans la salle de repos. Et là, ça commence à bouger, et assez rapidement. Du coup, l’anesthésiste est appelé. Et là aussi, tout a été organisé/brieffé par rapport à la dernière fois. Le gynécologue a lourdement insisté (bravo à lui). Du coup, franchement, impeccable. Bon je suis tombée sur un monsieur super à la base mais, une crème quoi. On a plusieurs doses, à mettre ou pas, selon le besoin, pour faire au mieux.
La première dose c’est pas mal mais j’ai quand même mal (bon ça va hein) et je sens que ça se rapproche. Du coup, la sage femme me dit qu’elle va en remettre un peu (faut bien 10 minutes pour en ressentir les effets). Et là, je dis « trop tard ». Je perds les eaux. Bon. Je pleure, je sais que c’est « bientôt fini ». Ça s’affaire autour de moi. Une 2ème vague de liquide arrive et j’annonce que bébé n’est pas loin, je le sens. Et puis, à peine je termine ma phrase que bébé arrive sur une 3ème vague, comme un boulet (petit).
Tu es arrivée, ce jeudi 31 janvier à 15h00.
J’essaye de regarder (cette fois-ci on ne m’a rien mis sur les jambes) et la sage femme me demande si je veux voir. Oui, carrément. Elle me dit on l’essuie et vous montre. Là je sais déjà à quoi m’attendre, pas de peur ni de craintes, je connais. Gabriel était au même terme à 4 jours près. Regard plein de tendresse, de pleurs (de nous 2, aussi)… On me dit qu’elle doit être amenée mais pas longtemps (essuyée, petit examen), on donne ses affaires et l’auxiliaire revient avec.
Et c’est là que c’est bien différent aussi. On me la ramène quasi de suite et on me la donne. Gabriel lui était parti (je l’avais à peine entrevu) et je ne l’avait revu que bien plus tard en chambre. Là j’ai pu la garder tout le temps, l’admirer, la toucher (cette fois ci j’ai osé). Son petit corps était tout chaud, les détails, c’est fou, c’est déjà très bien fait. Le petit menton, les mignons tout petits pieds… Alors, bien sûr, la trisomie se voit (nuque, yeux), mais tout ça je le sais, et la différence avec Gabriel c’est que pour lui, déjà je ne connaissais pas (petit bébé, les signes), mais surtout, j’étais dans la négation pour lui. Là, bien obligée d’accepter, fatalement.
Le gynécologue avait été averti et vient contrôler. Du coup, la sage femme me dit qu’elle me la reprend, mais la pose juste à côté. Je croise pour qu’il n’y ait rien…
Le placenta a l’air entier.
Pour la petite explication, en gros, un placenta c’est une poche avec de l’eau et le cordon dedans (avec bébé bien sûr), « collé à un genre de steak » (désolé pour le mot mais c’est un peu ça). Et même si la poche est intacte, il peut rester des petits bouts de « steaks ».
Le gynéco me fait une écho endo-vaginale (hum chouette). La dernière fois c’était sur le ventre mais il me dit qu’on voit beaucoup mieux. Et c’est vrai. Même quand j’ai eu mes échos, les images étaient bien plus belles en passant par là. Soit.
Manque de bol reste quelques bouts… Le gynéco m’explique qu’il peut tenter d’enlever avec un ou 2 doigts, ça évite une anesthésie générale. Ok. On me donne un peu plus de dose via péridurale. Il enlève ce qu’il y a au plus près mais il reste un bout au fond. Et pour aller le chercher, comme il va plus au fond, ça pousse l’utérus et il doit donc le ramener avec son autre main posée sur mon ventre. Je sais pas si tu imagines, mais moi je douille en sentant ses doigts avec ses ongles sur mon ventre (pas dedans hein). Je souffre sincèrement. On me propose le gaz hilarant, toujours si je souhaite tenter sans AG. Oui oui si ça peut éviter. Alors le gaz, (au bout d’un moment) on est bien conscient, on ressent des picotements, on est un peu ailleurs tout en étant là, un peu dans le cosmos. On sent un peu moins mais franchement on sent quand même et j’ai mal. Des larmes coulent, la sage femme me rassure. Le gynéco dit que normalement c’est bon, encore une écho, qui confirme, OUF. Bon je suis quand même contente d’avoir évité l’AG.
M. Koala pose la question quand je peux rentrer à la maison et le gynéco répond qu’il sait que c’est pas évident pour moi de rester à la maternité mais qu’il aimerait une nuit de surveillance si malaise, hémorragie ou autre. On suit son avis, on lui fait confiance.

Je dois attendre 1h en salle de naissance, pour contrôle. On me la redonne, M. Koala va rentrer et aller chercher TiChou, ils viendront me voir en chambre.

Et donc toute cette heure, j’étais encore avec elle, à la regarder, la toucher. Je me suis excusée en lui disant que cela n’aurait pas dû se passer comme cela, pas une 2ème fois. Que j’étais bien dégoûtée, que j’avais envie de hurler cette injustice, cet acharnement qu’on devait subir, ma colère, mon incompréhension.
Mon espoir s’est envolé avec elle…

Puis la sage femme me propose de descendre et me demande ce que je veux faire d’elle (encore une fois, rien à voir avec Gabriel). Je lui réponds que là, M. Koala et TiChou m’attendent en chambre, du coup, je ne peut pas la garder mais lui demande de le faire pour moi et que je la récupère après, seule. J’en profiterai pour faire des photos, avec l’appareil photo cette fois (j’en avais fait avec le téléphone jusqu’à présent). Je lui parle d’empreintes. J’en ai pas eu pour Gabriel, mais là si possible, j’aimerai bien. Elle me répond que oui sans problème.

Je descends donc sans elle, et rejoint mes hommes. On profite un peu tous les 3 et ils me disent au revoir.

On m’amène à manger puis je prends ma douche et je demande à la revoir.

Là aussi j’ai pris du temps. Par contre, c’était plus difficile, car elle était froide (conservation oblige) et du coup, elle a aussi un peu changé (couleur). Malgré tout, je fais comme prévu, les photos. Ensuite, je la garde un peu avec moi. Un bon moment. Puis, je me décide à appeler les sages femmes, c’est pas très raisonnable, il faut que je lui dise au revoir 😦

Elles viennent la chercher, me parlent des empreintes (la communication est passée), ça c’est chouette. Je demande s’il est possible d’avoir un bracelet. Là encore on me dit aucun problème, on me demande son prénom que j’épelle.

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Je me permets d’en demander un pour Gabriel aussi, j’en avais pas eu. Là aussi, aucun problème, l’une d’elle note la date de naissance et elles repartent (avec elle).

Elles reviennent peu de temps après, avec de l’encre sur les doigts ^^, les 2 bracelets et les empreintes.

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Tu peux pas imaginer ce que ça représente pour moi… Un souvenir de gagné en plus.

On vient me voir 2-3 fois, je discute, on me pose des questions, me rassure, je raconte, je pleure (de l’incompréhension de la situation). Equipe au top notons le, sincèrement.

J’ai mis la TV, eu M. Koala un peu, répondu aux messages… j’ai retardé le coucher.

J’avais mal physiquement : j’ai encore les marques des 2 prises de la ponction, des ongles du gynéco sur mon ventre, les résultantes de la péri dans le dos, l’accouchement… le corps meurtri. Mais aussi une profonde tristesse…
Seule, dans le noir, en attendant le sommeil, je pleure (j’ai beaucoup retenu toute la journée) 😦

J’ai beaucoup de mal à dormir. Y a ce p**** de cathéter que j’ai dans le pli du coude du bras droit (compliqué de l’installer ailleurs), qu’on m’a laissé « au cas où » qui me gène, plus mes douleurs, plus la situation.

Au petit matin, avant la relève, prise de température et tension. Dommage, je dormais… J’arrive tout de même à me rendormir un peu. Le gynéco passe un peu avant 9h (et me réveille) pour me donner une ordonnance avec un cocktail de vitamines et autre (fer, vitamine C, vitamine K, acide folique…) parce que, quand même dit-il, je viens d’accoucher (j’ai pas du tout eu ça la dernière fois). Il me donne aussi un papier avec un rdv de contrôle et me dit de passer au secrétariat pour l’arrêt de travail, je lui dirait ce que je veux (je suis étonnée, agréablement).

Je me lève. Je vois que M. Koala a essayé de me joindre pour venir me chercher, avec TiChou qui est encore un peu maladou, pas en forme (il n’ira donc pas à l’école). Je le préviens de ne pas venir de suite. Il me reste à prendre le petit déjeuner, me doucher, aller au secrétariat du gynéco, attendre la cadre sage femme pour signer les papiers pour la crémation (à leur charge) et qu’elle me donne le certificat de naissance/accouchement.

Ce que j’attends le plus c’est le cadre sage femme. Tout est ok, j’appelle M. Koala. Il signe lui aussi les papiers et on s’en va.

Dire que la dernière fois, en partant, je me disais (avec espoir), que la prochaine fois que je viendrai, je repartirai avec un bébé… Loin de moi de penser que cela ne serait pas le cas 😦
Je repars encore sans bébé, le cœur lourd, encore délesté d’un petit morceau, envolé avec mon ange.
Cette fois-ci, je ne me dis rien, je ne crois plus en rien, l’avenir avec un bébé est incertain. Et pourtant, l’envie, le manque, est toujours là 😦

On part à la mairie pour la déclaration et on rentre… Je suis épuisée, physiquement et moralement.

J’ai maintenant 2 anges sur le livret de famille, dans le ciel et dans mon cœur.

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Au revoir Elaïa… Ton frère a dû t’accueillir.
Nos pensées vont vers vous ❤

 

Pensées pour toutes les mamanges (et papanges) et leurs anges ❤

> Céline Dion – Les petits pieds de Léa
> Louane – Si t’étais là
> Louane – Je vole
> Céline Dion – Vole