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C’est décidé !

La dernière fois que j’ai posté, ce n’était pas pour une bonne nouvelle, c’était pour clore une grossesse, encore.
Depuis, heureusement, après contrôle gynéco, tout va bien, mon utérus est « propre ». J’avais peur d’une intervention que j’ai pu éviter, avec la FC qui s’est déclenchée naturellement et aussi parce qu’il ne restait rien. Un gros souci en moins.
J’aurai espéré une nouvelle grossesse avant mon retour de couche qui a débarqué mi septembre, et non. Nous voilà donc, toujours, en essais.

Mais ce n’est pas de ça dont je vais te parler aujourd’hui. Non. Mais plutôt reconversion professionnelle.

Plus jeune, j’ai fais des études scientifiques spécialisées dans l’agro-alimentaire (j’ai un M1 en biochimie). J’ai surtout bossé dans la qualité, et je me suis spécialisée là dedans. Ma foi ça me plaisait bien. Et puis, j’ai changé de région, j’ai changé aussi, j’ai eu plus de mal à trouver du boulot et puis j’ai eu TiChou. Là j’ai vraiment changé. Ce métier ne me correspondait plus. Quand TiChou a eu un an, j’ai voulu retravailler mais pas dans ça et garder du temps pour lui, me rendre utile aussi. Et me voilà AVS, et là AESH.
Plusieurs fois on m’a demandé ce que je faisais là, avec mes diplômes, pourquoi je n’allais pas plus loin. En lycée, je ne me voyais pas faire prof, pas envie d’être mobile. Et puis, quand je suis arrivée en primaire (que je n’avais pas demandé à la base comme quoi), là ça m’a travaillé : instit pourquoi pas ! Et puis j’avais loupé les inscriptions, j’étais tombé enceinte, je m’étais dis, la prochaine fois !
Cet été j’ai regardé comment je pourrais me préparer. A moindre coût j’ai pensé faire un M1 dans l’enseignement en formation continue, mais trop tard. Et puis encore une grossesse ça remet en question et en pause, puis non plus de grossesse. Au final je ne fais que repousser :/
Et puis, une copine qui faisait du handball avec moi prend contact avec M. Koala pour vendre sa maison (il est agent immobilier, je ne sais pas si je te l’ai déjà dit). J’apprends qu’elle s’est reconvertie, qu’elle a passé le concours, l’a eu et commence en tant que stagiaire. Du coup j’ai pu lui poser des questions.

Tout ça a relancé finalement un peu plus ma motivation. Bon elle, elle a pris une année sabbatique rien que pour bosser son concours, moi je peux pas et ça, ça me rassure pas :/
Par contre, elle me parle de son organisme de préparation (que j’avais déjà regardé mais cher) et de son aide « égalité des chances ». Du coup, me voilà sur leur site à monter un dossier et à regarder l’inscription au concours. Aide que j’ai obtenue 🙂
Me voilà inscrite en prépa chez objectif CRPE 🙂
Par où commencer? :/
Il me reste à me décider sur le domaine du dossier à l’oral, au choix : sciences et technologies, histoire, géographie, histoire des arts, arts visuels, éducation musicale, enseignement moral et civique, langues vivantes étrangères (à priori soit sciences soit histoire) et à l’ordre de mes vœux (académie de Toulouse, quoi mettre après le 82) et je valide (date limite le 10/10 à 17h).

Truc de dingue, j’ai super peur, je ne veux pas rater, mais voilà, y a du boulot, j’ai la pression.
Et peur aussi que si jamais une grossesse est lancée et va jusqu’au bout (oui hein on sait jamais) et que j’ai ce concours (oui tout d’un coup, de la chance, pourquoi pas) comment je vais faire????
Et si j’accouchais entre l’écrit et l’oral? mdrrr
Mais pfff sinon je repousse mais toujours pas de bébé au final, donc bon…je me débrouillerai…

Suis-je folle? :p

 

HvNoRpyc

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Les événements de la semaine

Le coucher de TiChou
TiChou a toujours eu l’habitude à ce que je reste allongée près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme, même après la fin de l’allaitement (y a pas si longtemps que ça). Pourquoi? Peut-être avec la proximité de l’allaitement. En tout cas, qu’avec moi. Avec l’annonce de BB2, on s’était dit qu’il fallait qu’on s’occupe de gérer le coucher différemment car je ne pourrais être physiquement présente pour TiChou et en même temps pour un bébé. Et surtout, qu’il fallait qu’on soit calé avant la naissance de BB2, histoire qu’il n’y ait pas de jalousie. Avec tous les événements que l’on a vécu (l’attente des résultats, la perte de notre petit ange), on avait laissé ça de côté, et puis, j’étais près de TiChou. Le problème c’est qu’avec le temps, l’endormissement était devenu plus long. TiChou luttait pour ne pas dormir et pour pouvoir vérifier que j’étais toujours là. Cette semaine, j’en pouvais plus. J’avais aussi besoin d’avoir des soirées avec M. Koala et la gestion du coucher ne me le permettait pas. On en a donc rediscuté et décidé de changer dès cette semaine, lundi soir. J’ai donc expliqué à TiChou que non je ne venais pas dans son lit, que j’allais m’assoir sur le tabouret à côté pour lire l’histoire. Une fois l’histoire terminée, j’éteins la petite lampe, lui fait un gros bisous et lui souhaite bonne nuit. Bien sûr, ça s’est fait sur plusieurs jours, j’ai dû remonter plusieurs fois, BEAUCOUP le rassurer, lui dire que j’étais là, que si besoin il pouvait m’appeler. Le premier soir, il a pleuré quelques fois, je suis montée à chaque fois pour le rassurer qu’il ne s’inquiète pas, que j’étais là, qu’il pouvait faire un gros dodo et plein de jolis rêves et qu’il fasse un gros calin à ses doudous et son nounours. Les autres soirs pas de pleurs mais des appels. Selon, soit je lui parlais d’en bas des escaliers, soit je montais. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé, avec bienveillance, sans avoir à crier. Il ne sortait pas de son lit et le matin, on ne manquait pas de le féliciter. Au final, il s’endort beaucoup plus rapidement que lorsque je restais avec lui…Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

La reprise du boulot
Reprise du boulot mercredi, je ne m’y suis pas rendu sereinement. J’avais peur. Peur de craquer, peur des questions…Ca c’est bien passé quand même. Les élèves ne savaient rien, donc de ce côté là pas de problème. Mes collègues avaient été mis au courant, pas les profs (mais pas au courant de la grossesse). Un des surveillants vient me parler pour me dire qu’il voulait envoyer un sms de soutien, mais qu’il n’avait pas osé, pour pas qu’on soit submergé… J’ai répondu que ce n’était pas grave. Puis, il me dit qu’il connait des amis (classique, tout le monde connaît quelqu’un à qui un truc du même genre est arrivé) qui ont aussi perdu leur bébé mais eux après l’enlèvement d’un cerclage. Je le coupe, en lui disant que je n’ai pas perdu mon bébé mais qu’on a dû arrêter la grossesse car il avait un soucis. Ah… et j’ai poursuivi en disant qu’on allait parler d’autre chose sinon j’allais me mettre à pleurer, à quoi il a répondu « ah oui bien sûr pardon » et j’ai filé. Sinon hier, une prof un peu relou à lourdement insisté pour savoir pourquoi j’avais été en arrêt en me posant plein de questions comme « c’est ton fils qui a été malade? » ou autre, auxquelles je répondais toujours non et une de mes collègues lui précise que c’est perso, la prof tente encore et me dit « mais peut être que tu n’as pas envie d’en parler? »… ben non! tsss la relou. Enfin libérée ma collègue m’avoue qu’elle ne savait plus quoi faire pour s’en débarrasser… super les curieux…

La crémation
Ce matin j’ai envoyé un sms à ma sage femme pour savoir si elle en savait plus concernant la crémation. Au départ elle m’avait dit que ça se ferait sûrement mardi mais je n’avais pas eu de nouvelles depuis. Réponse fin de matinée : la crémation a été faite mercredi, j’ai le cœur lourd. Je me pose la question de me rendre au jardin du souvenir et crématorium.

La psy
Rdv chez la psy à 16h30. J’y suis restée 1h. J’ai parlé, elle a écouté. « hum hum oui » avec de la compassion. Mais je peux pas dire vraiment que ça m’ait aidé. Le fait d’en parler ça m’a fait pleurer (normal c’est douloureux et surtout encore très récent) mais ça m’a pas forcément fait « du bien ». Pas de mal non plus hein, mais je reste perplexe sur cet entretien. Soit la thérapeute ne m’a pas convaincu, soit j’estime que je peux avancer seule. Je ne pense pas que j’y retournerai.

La dispersion
Après ce rdv, je décide de me rendre au jardin du souvenir et au crématorium. J’aimerai en savoir plus si possible, je risque rien à demander. J’arrive sur place vers 17h50, une cérémonie est affichée de 17h30 à 18h. Je fais donc un tour dans le jardin du souvenir en attendant. J’emprunte le chemin le plus proche du crématorium, des dispersions ont été faite, dont une près d’un arbre, je me demande « s’il n’est pas là » et continue mon tour. Après 18h, les proches du défunt discutent devant le crématorium, je n’ose y entrer. Puis, ils commencent à partir. Je décide donc d’y aller. Je voudrai trouver quelqu’un et poser des questions. Au pire, on me refoule mais j’aurai essayer. A l’intérieur, la décoration est particulière, design mais dans le thème, apaisante. Je n’ai pas vu le bureau de suite à ma droite et une dame embêtée en sort et me dit qu’elle va bientôt fermer. Je m’approche d’elle et je lui dit que j’aimerai un renseignement (si elle est au courant).
« Mercredi, normalement, il y a eu la crémation d’un tout petit bébé… (je fonds en larmes), un petit bébé dans un couffin bleu »
« Gabriel? »
Et là je me sens, comment dire, le regard qui s’ouvre, pleine d’espoir.
« oui, Gabriel »
« C’est votre fils? »
« Oui, on a dû arrêter la grossesse, il y avait un soucis »
« vous voulez savoir le lieu de dispersion? »
« oui s’il vous plaît » (re-espoir)
« ok, je pars là, suivez moi, je vais vous montrer où je les ai mise, j’ai dispersé les cendres ce matin »
Je la suis, sur le chemin du crématorium qui mène dans le jardin du souvenir, elle m’indique l’arbre que je pensais.
« voilà, j’ai vidé ici, autour de cet arbre »
Je la remercie et en partant elle me frotte les épaules et me dit « courage ». Je la remercie encore.
Je suis rassurée de savoir où il est. C’est bête, moi qui disait que je n’aimais pas les tombes, ce lieu fixe avec une représentation que je n’aime pas… Au final, c’est contradictoire peut être. Je sais où la dispersion a été faite et quelque part, je me sens mieux. Je sais où est mon bébé 🙂 La dispersion se termine en un tout petit tas. Et là je me dis que je peux en prendre un peu, et l’amener aussi à la mer pour une autre dispersion (j’aime beaucoup la mer). Sauf que dans un sac à main on a pas forcément une boîte hein. J’avais sur moi, juste le sachet zip en plastique dans lequel j’ai reçu le petit ange qui le représente que j’ai mis sur mon bracelet Pandora… Coïncidence du lien…
Je quitte ce lieu « toute contente » d’avoir eu ces informations, rassurée, apaisée. Je vais pouvoir moi aussi faire une dispersion, et peut être mettre quelque chose sur place au jardin du souvenir, je ne sais pas encore. Déjà, pour son « anniversaire » je pourrais amener des fleurs (sur des groupes j’ai lu « anniverciel » c’est mignon je trouve). Bref, des possibilités. Oui, je sais, j’avais aussi dit qu’on récupérait des cendres surtout les affaires et le cercueil, mais oui c’est symbolique…

En presque 2 semaines, j’ai avancé. Oui j’ai toujours, et j’aurai toujours cette peine de cœur, une pensée pour mon ange, des regrets pour son absence (sans penser à la trisomie), le poids de la décision et de l’arrêt de la grossesse, toujours. Une place pour lui dans mon cœur, pour la vie. Mais j’ai aussi de l’espoir. L’espoir d’agrandir la famille et de continuer à avancer tous ensemble.

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Faire garder bébé…ou pas

Après mon congé mater (fin décembre), je serai en recherche d’emploi (dispo dès début janvier).

J’aurai bien aimé rester avec Petit Chou jusqu’à ses 6 mois (sa première année ça aurait été top) mais financièrement (si un an) et avec les projets de M. Koala (acheter une maison ensemble et lancer BB2 d’ici 2 ans) ce n’est pas trop possible. Et je n’ai pas droit au congé parental.

J’ai pas trop envie de le laisser… bref

Sauf que pour travailler il faut un mode de garde, et quand on ne travaille pas, on est pas prioritaire. Normal tu me dira. Je pourrais le mettre en occasionnel, une à deux journées par semaine. Mais quand il faudra un temps plein (au moment où je trouverai du boulot), crèche ou ass mat je ne suis pas sûre d’avoir une place à temps plein. Pour un temps plein, il faudrait que je travaille et que je réserve pour septembre 2016.

Je me sens un peu coincée…

Quand tu bosse c’est « plus simple » dans le sens où il FAUT une place à telle date et point.

De l’occasionnel me permettrai d’avoir du temps pour moi. Ca lui ferait du bien aussi. Mais l’allaitement ça donnerai quoi?

Je suis perdue…

Si t’as un conseil je suis preneuse :/