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L’espoir fait vivre

Dans mon précédent article je te faisais part de mon état de « moins bien ». Là on va dire que c’est un peu mieux.
Difficile d’expliquer ces changements, comment ils arrivent.
En tout cas, je me suis accrochée à un espoir, qui me pousse « au mieux » : une nouvelle grossesse.
J’en suis à mon C3 après mon retour de couche. Fin du C2 j’espérai beaucoup, et les reds sont arrivées comme prévu. J’ai été très déçue. J’avais peur de retourner dans un « creux ». Mais en réalité, non, j’ai espoir, j’ai envie d’y croire, que ça va marcher.
Par contre, il est certain que j’ai toujours peur, je sais que j’aurai une grossesse stressante, mais j’ai envie de croire que, la prochaine fois, bébé sera en bonne santé. Je m’y accroche fermement.

Bien sûr je pense toujours à mon ange, rien ni personne ne le remplacera jamais. Mais j’ai envie de lui donner un petit frère ou une petite sœur, de serrer un bébé dans les bras.

Cependant, il faut que je fasse un gros travail sur moi même, et pas des plus simple, le laisser partir… Oui, il n’est plus là, mais quelque part, je m’y accroche…
Non je ne vois pas de psy (j’ai déjà fait une séance après l’accouchement et je ne m’y suis pas retrouvée), c’est pas de ça dont j’ai besoin. J’ai plus besoin de spiritualité mais c’est difficile à concevoir.

Samedi dernier, je suis allée à un soin énergétique qu’une amie très chère m’a offert. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. En tout cas elle l’a connait donc j’avais confiance. Elle a un diplôme de reiki, et fait bien d’autres choses. On a discuté, je lui ai raconté et elle m’a raconté aussi son parcours. Elle m’explique qu’il faut « casser » le lien émotionnel qui me lie à mon ange et « nettoyer » mon utérus (c’est très imager hein, j’essaye de raconter au mieux). Puis, la séance. Je suis très cérébrale, je réfléchis à plein de choses tout le temps et j’avais du mal à me laisser aller. J’ai fermé les yeux pour m’y aider et éviter de la regarder faire, parcourir mon corps avec ses mains placées au-dessus de moi. J’ai ressenti des choses un peu au cœur, mais surtout, dans mon utérus. Une fois terminé elle m’a expliqué ce qu’elle avait fait et où (j’ai donc relié ça à mes sensations). Elle m’a dit que j’étais quelqu’un de très mental (oui lol) et me dit qu’elle avait ressenti que je gardais mon ange contre moi. Oui, je lui dis que j’ai souvent cette image que je tiens mon bébé contre moi. Voilà… Elle a demandé à ce qu’on s’occupe de lui.
C’est pas évident de comprendre tout ça, faut y croire. Mais ça se rejoint de quand on parle du lâcher prise. Quand on retient quelqu’un il ne peut pas partir…

C’est très dur en tant que maman de faire ce travail sur soi. Même si je n’ai pas connu ce bébé, j’étais connectée à lui, je le désirai et il me manque d’où ma souffrance.
j’espère y arriver…

Mon état est quand même très variable. C’est surtout parce que j’ai quelquefois de la nostalgie, un état mélancolique. C’est en arrière plan car je bosse (bientôt en vacances), je profite de mon homme, je m’occupe beaucoup de TiChou, mais je n’effacerai jamais ce qui nous est arrivé. Et quelque part, je n’en ai pas envie, parce que je veux aussi me souvenir, je ne veux pas l’oublier, honorer sa mémoire. Jauger tout ça est compliqué. C’est encore récent et donc normal je pense.

Lors d’une mise au point avec M. Koala (grâce/à cause de la BM LOL), on a beaucoup discuté lors d’un trajet en voiture et il m’a expliqué son ressenti. Nous dès de début on est très investi sur la grossesse, les hommes c’est pas encore concret, il leur faut le temps (et quand on perd un bébé trop tôt, je pense que c’est d’autant plus compliqué pour eux). Nous sommes connectée à bébé, nous sommes dans une « bulle » avec lui. Eux sont à côté. J’ai compris qu’il avait fait beaucoup de choses « pour moi » comme la déclaration (pas qu’il n’en avait pas envie mais il n’y aurait pas pensé), déposer la pierre au jardin du souvenir, l’ange posé dans notre salon (un crève-cœur apparemment pour lui, mais qu’il laisse pour moi, parce que j’y tiens, que ça me fait « plaisir »)… L’un et l’autre nous faisons des concessions. Je lui laisse vivre son deuil comme il le sent, sans reproche que ce n’est pas « assez » pour moi (mais de tout façon je ne juge pas), et lui me laisse vivre le mien, m’accompagne. Finalement, même si on en parle pas (à fond) souvent, quelque part, cela nous a « uni », un lien fort est là.

Je vais te raconter quelque chose qui m’a bouleversé… Dans la crèche de TiChou (dans sa section), il y a un petit garçon atteint de T21. L’an dernier il était déjà avec lui. Je l’avais déjà vu plusieurs fois. Je trouve ça bien qu’il soit intégré. Je ne sais pas quel âge il a exactement. C’est un enfant qui vient occasionnellement (la maman ne travaille pas je pense). Le vendredi je vais chercher TiChou pour 14h30. Il sortait de la sieste, je patientais. Ce petit garçon était là. La nounou ayant rejoint la salle de change (ouverte), il était seul dans la pièce qui jouxte l’entrée où j’étais. Je l’ai observé. Il avait de petites mains, une bouille sympa, une langue qui sortait (tout le temps). Il ne parle pas mais a des expressions. J’ai continué à le regarder et je sentais les larmes monter… Je pensais à mon ange… Pour ne pas pleurer totalement là bas, je me suis ensuite concentrée sur l’écran de TV où l’on peut voir les photos des enfants prises pendant des activités/sorties…
La vie nous confronte à nos réalités…

J’aimerai dire à mon ange que je l’aime, qu’il peut partir sans crainte. Je vais y arriver.
J’espère qu’il est bien, qu’il ne nous en veut pas, qu’il comprend, qu’il veillera sur notre famille.
On ne l’oubliera pas… ❤

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Le creux de la vague

Une amie m’a expliqué que quand on vit un deuil on passe par des vagues, des hautes, des basses. Et du coup je me dis que je suis en vague « basse » en ce moment.
Pourtant il me semblait que j’arrivait à « bien gérer »…
Une tristesse, une nostalgie s’empare de moi. Je repense à mon ange plus souvent, je verse plus de larmes aussi. Je l’imagine…et si…mais non.
Je pensais à un « coup de mou ».
Je ne pense pas que la fête des mères y soit pour quelque chose vu que j’aurai dû être encore enceinte.
Mais, coïncidence ou pas, ça a commencé juste après ce week-end là. On en parle avec M. Koala. Bon point tu me diras, sauf qu’en me livrant (à sa demande), il me répond « oui mais tu te fais du mal »… (typique de l’homme qui vit son deuil à sa façon : y penser c’est se faire du mal…). Ce à quoi j’ai répondu que si c’était pour me répondre ça c’était pas la peine qu’il me pousse à en parler, ça aide pas… Je lui explique que je prends sur moi, ce qui ne veut pas dire que j’oublie : « je pense à Gabriel tous les jours ». Il me répond que lui aussi, mais apparemment différemment.
J’ai mes règles, je commence mon C2. Il me dit qu’il a l’impression que je suis « contente », qu’on dirait que je n’en veux pas d’autres. En fait, je suis déçue, j’ai envie et besoin d’un bébé, mais effectivement, je lui avoue que, quelque part, je suis rassurée. Quand ça arrivera il y aura l’anxiété, la peur, les futurs examens…et j’ai pas hâte de tout ça 😦
Il me dit que c’est arrivé une fois, il me rappelle « la faute à pas de chance » qu’on nous a dit. Oui mais… il n’y a pas que ça. Maintenant je sais (concrètement) que des choses pas prévues peuvent arriver. Pas que je l’ignorai avant, non, mais là je suis « concernée », j’ai un « antécédent », je sais… et je sais que je ne suis pas seule, et pas uniquement pour la T21.

Jusque là, j’arrivais depuis récemment à pouvoir raconter sans me mettre à pleurer, et puis… Y a une semaine je me suis rendue à un café de mam’anges, prévu depuis un moment. J’avais hâte et j’appréhendais en même temps. Déjà sur le trajet j’ai senti que ça allait être plus difficile que ce que je pensais, et j’ai versé des larmes. Je m’installe et les organisatrices présentent le principe et là, et tout le reste du temps je n’ai fais que pleurer. Je me suis présentée la dernière et tout le long des présentations des autres mam’anges, et jusqu’à la fin, j’ai pleuré sans pouvoir me retenir. Et encore plus à la fin quand on a toutes écrit sur un papier qu’on a attaché à un ballon gonflé à l’hélium pour un lâché. C’est difficile de laisser partir le ballon et le voir s’envoler au loin…
Elles voient des « signes » elles pour leur ange. Ca m’attriste. Je suis peu être trop terre à terre, je sais pas, mais moi j’ai rien 😦

J’ai aussi besoin d’en parler, de raconter mais pas évident de trouver des personnes « intéressées » ou juste à qui on peut le faire (et pas encore au courant). J’ai pas eu de déconvenue à celles à qui j’en ai parlé en tout cas.

Tout ça me fait dire que je suis loin, très loin d’être « mieux », et en même temps, c’est normal, ça fait juste un peu plus de 2 mois, c’est encore tout récent. Mais là je suis plus dans une phase ou j’essaie beaucoup de l’imaginer 😦
Pas de regrets, non, je pense avoir fait au mieux pour lui, mais il me manque quand même ❤

J’en suis à mon C2 donc, à suivre.

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La peur

Avec M. Koala nous sommes officiellement en essais bébé, mais…

J’ai peur.

Je pense à mon ange, à ce qui s’est passé.

Peur de revivre la perte d’un bébé. C’est tellement dur, je crains tout.

J’ai peur de tout, avant même que ce bébé ne soit là.

J’apprendrai une grossesse, je ne pourrais me réjouir, non. En tout cas, pas avant d’être entièrement rassurée, et encore, à sa naissance peut être.

J’ai été touchée en plein cœur, marquée à vif…

On me dit qu’il n’y a pas de raison. Certes, mais il n’y en avait pas non plus pour mon ange.

D’autres me disent que je peux toujours patienter. Mais c’est pas le temps qui y changera quelque chose, on oublie jamais. De plus, nous avons besoin d’accueillir un bébé dans notre maison, nos bras.

J’appréhende cette grossesse. Cela ne sera jamais plus pareil. Moi qui était sereine pour les précédentes, positive. J’ai perdu mon insouciance, ma zenitude, terminé.
J’espère que je pourrais être bien entourée (ça encore je pense que oui, la sage femme était super), rassurée un max. J’appréhende chaque examen, chaque résultat, avant même que cela se présente. Je serai sûrement plus surveillée, je ferai peut être plus d’examens, parce que j’ai « un antécédent ».

Il y a quelques temps, j’ai rêvé que j’étais enceinte d’une petite fille, et que j’accouchait. Je regardais ce bébé, et le lien ne se faisait pas. Le sentiment que ce n’était pas « le bon bébé ».
Ben non forcément, je le sais que ça ne sera pas le même. Pourquoi ce rêve je ne sais pas. Je ne me pose même pas la question de si j’aimerai ce bébé, c’est évident, je l’aimerai peut être « trop » même je pense. Peut être même que j’aurai du mal à « le lâcher ». J’ai tellement ce manque de serrer mon bébé dans mes bras…

Bref, je suis terrorisée 😦 mais j’en ai aussi tellement envie…

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1 mois après

Mon deuil
1 mois sans mon ange, où il ne se passe pas un jour sans que je ne pense à lui.
Plusieurs fois par jour même.
J’ai souvent rêvé que je tenais mon bébé dans les bras, que je le serrais contre moi, que je le berçait.
J’y pense tendrement, amèrement aussi, car je trouve cela toujours injuste ce que la vie nous a imposé.
j’essaye de vivre avec, d’avancer.
On s’est beaucoup recentrer sur nous. Nous 2, nous 3, nous retrouver. Ca nous a beaucoup rapproché.

Sa place, nos souvenirs
Ce qui m’a beaucoup aidé, c’est de « m’occuper de lui ». De lui faire une place, qu’il ait une existence (son couffin, son coin chez nous, son coin au jardin du souvenir, sa boîte à souvenirs, la déclaration à l’Etat Civil, son prénom).
Les photos de la photographe ont été une révélation. Je les ai reçus avant nos vacances. Ca m’a fait une sensation bizarre quand je les ai vu. Pourtant, je n’avais pas oublié. Le jour de l’accouchement, j’avais pas voulu/ pas vu les traits de la trisomie. L’émotion, la douleur peut être. A tel point que je me posais des questions, « et si? ». Et là, j’ai vu. Ca m’a beaucoup apaisé, comme si, effectivement tout prenait son sens, c’était à cause de la T21, pas d’erreur possible. Je le savais mais j’ai eu besoin de « voir » je pense, que se soit flagrant, mais aussi, que je sois prête à voir. Cela ne change rien de mon amour pour lui de toute façon. Surtout, je n’éprouve plus la culpabilité qui me rongeait.

Son coin chez nous (case meuble Ikea)

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Son coin au jardin des souvenirs

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Sa boîte à souvenirs (moins haute que celle de TiChou, avec les échos, examens, cartes, mots, poèmes, cadeaux, doudous, photos…)

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Le couple
M. Koala avait peur de tout ça. Peur que « je me fasse du mal », que je reste dans ma tristesse à pleurer sur les souvenirs (photos par ex). Je l’ai rassuré en lui disant que ça serait rangé, à disposition si on le désirait, que j’avais besoin de m’occuper à tout ça. il m’a fait confiance.
Au niveau du couple ce qui n’est pas simple c’est qu’on ne réagit pas de la même manière. Personne tu vas me dire. Mais homme/femme c’est très différent. Une épreuve sépare ou rapproche, c’est inévitable. L’homme veut montrer qu’il est fort, qu’il est là, qu’il soutient. Mais il a quand même ses faiblesses. Le mien a tenu. Il est triste mais tient. J’aurai sombré dans une profonde dépression, est-ce qu’il aurait tenu dans la durée? Personne ne sait, mais quand on passe en mode survie on se préserve…
Quand moi j’ai eu besoin de faire tout ça, lui mettait ça dans un coin de sa tête. Pas qu’il n’est pas touché, pas qu’il n’y pense jamais, mais pour se préserver. On est très différent. Mais ce qui est important c’est qu’on en parle, qu’on s’écoute. Il n’a pas tout compris mes besoins, des fois m’approuvant (bonne idée), d’autres m’observant avec la crainte de me voir sombrer.
Quand j’ai annoncé vouloir voir notre bébé après l’accouchement, il m’a regardé sans rien dire. Et puis, c’était devenu pour lui une évidence.
Quand je lui ai parlé de la photographe, j’ai failli passer « pour une folle ». Mais je lui ai expliqué. Il a voulu les voir et il trouve que c’est bien de les avoir.
Quand j’ai fais la pierre pour le jardin du souvenir, il m’a regardé d’un air perplexe. Pour autant, il a souhaité m’accompagner. Il a voulu voir « où notre ange était » (où les cendres avaient été déposées) et participer à faire ce petit coin. Il a été touché, c’est certain, et c’est pour ça qu’il ne l’aurait pas fait de lui même. Mais au final, il a apprécié ce moment.
Est-ce qu’on a changé? Je sais pas trop. C’est peut être un peu trop tôt pour le dire. J’ai l’impression que lui s’est plus rapproché et que moi, je vois les choses différemment, sous un autre angle maintenant. A voir avec le temps.

Pas seuls
Qu’est-ce qu’on est nombreux je trouve à être paranges… trop en fait. Bien sûr on a des amis qui ont connu le deuil périnatal mais on pense toujours que c’est rare. En vrai, quand on lance le sujet, on est pas seuls. Ca permet d’échanger, de se sentir moins seuls ok mais non ce n’est pas rare et ça fait peur.
J’ai lu qu’une grossesse sur 5 ne se passe pas comme prévu, je trouve ça énorme.
On est impuissant face à tout ça et je me pose beaucoup de questions sur le pourquoi.

Le contrôle technique
Ce matin rendez-vous de contrôle avec le gynéco avec une écho. Il me montre l’écran où l’on ne voit rien et avec un grand sourire, l’air satisfait, il me dit que c’est vide. Sauf que ça n’a pas le même sens pour lui et pour moi. Lui rassurant que « le nettoyage » de mon utérus soit une opération réussie, moi vide de mon ange… oui, vide…
On parle contraception, futur enfant, il veut savoir ce que je veux. On veut laisser faire la nature, qui j’espère, cette fois-ci, sera plus sympa avec nous.
C’est « accidentel ». Tel est le terme employé dans les résultats du caryotype fraîchement reçu. Une trisomie libre et homogène sans aucune cause génétique, je suis rassurée, en partie, jusqu’à la prochaine grossesse…

Ma liste
Je remercie M. Koala pour avoir été là, m’avoir soutenue. Ca peut paraître évident mais pas forcément. J’étais pas bien, il ne s’est pas posé de question, il a pris le relais. Je sais qu’il a pris sur lui alors que lui aussi était triste.
Y a ceux qui ont envoyé des messages/mots/cadeaux, je les en remercie.
Y a ceux qui en plus m’ont proposé de téléphoner quand je voulais. Je m’excuse de ne pas l’avoir fait. Je n’ai pas osé mais surtout, pas capable d’aligner quelques mots sans pleurer, je n’ai tout simplement pas pu. J’espère qu’ils comprendront.
Y a ceux qui n’ont rien dit, mais qui ont pensé quand même à nous.
Y a ceux qui étaient gênés, qui n’osaient pas, ne le soyez pas, je ne vous en veux pas.
Y a ceux qui nous ont fuit. Peut être qu’on les retrouvera un jour… ou pas.
Y a ceux qui ont eu des vilains mots. Ceux là on ne les verra plus.
J’ai entendu dire, pour me « consoler », que bon, j’avais quand même de la chance d’avoir un enfant (TiChou) en parfaite santé. 2 j’avais pas le droit?
Y a ceux qui ne comprennent pas comment on peut « déjà » envisager BB3.
On m’a demandé si je me sentais mieux…
On m’a dit que je devrai arrêter d’y penser.
Y a ceux qui parlent devant moi de leur futur bébé à venir en oubliant que moi je n’aurai pas le mien.
Y a ceux qui zappe notre ange, par mégarde, et d’autres volontairement comme s’il ne comptait pas. Ceux là j’ai envie de leur coller le livret de famille sous leur nez.
Y a ceux qui ne parle pas de la trisomie, comme si c’était honteux. N’importe quoi.
Y a ceux qui pense que ce n’était qu’un fœtus. A ceux là je voudrai leur dire que certes le terme médical est exact, mais que derrière y a des sentiments, que c’est un bébé, notre bébé…

Il restera à jamais mon bébé, il ne grandira jamais…sa place restera toujours vide…

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Les événements de la semaine

Le coucher de TiChou
TiChou a toujours eu l’habitude à ce que je reste allongée près de lui jusqu’à ce qu’il s’endorme, même après la fin de l’allaitement (y a pas si longtemps que ça). Pourquoi? Peut-être avec la proximité de l’allaitement. En tout cas, qu’avec moi. Avec l’annonce de BB2, on s’était dit qu’il fallait qu’on s’occupe de gérer le coucher différemment car je ne pourrais être physiquement présente pour TiChou et en même temps pour un bébé. Et surtout, qu’il fallait qu’on soit calé avant la naissance de BB2, histoire qu’il n’y ait pas de jalousie. Avec tous les événements que l’on a vécu (l’attente des résultats, la perte de notre petit ange), on avait laissé ça de côté, et puis, j’étais près de TiChou. Le problème c’est qu’avec le temps, l’endormissement était devenu plus long. TiChou luttait pour ne pas dormir et pour pouvoir vérifier que j’étais toujours là. Cette semaine, j’en pouvais plus. J’avais aussi besoin d’avoir des soirées avec M. Koala et la gestion du coucher ne me le permettait pas. On en a donc rediscuté et décidé de changer dès cette semaine, lundi soir. J’ai donc expliqué à TiChou que non je ne venais pas dans son lit, que j’allais m’assoir sur le tabouret à côté pour lire l’histoire. Une fois l’histoire terminée, j’éteins la petite lampe, lui fait un gros bisous et lui souhaite bonne nuit. Bien sûr, ça s’est fait sur plusieurs jours, j’ai dû remonter plusieurs fois, BEAUCOUP le rassurer, lui dire que j’étais là, que si besoin il pouvait m’appeler. Le premier soir, il a pleuré quelques fois, je suis montée à chaque fois pour le rassurer qu’il ne s’inquiète pas, que j’étais là, qu’il pouvait faire un gros dodo et plein de jolis rêves et qu’il fasse un gros calin à ses doudous et son nounours. Les autres soirs pas de pleurs mais des appels. Selon, soit je lui parlais d’en bas des escaliers, soit je montais. Dans l’ensemble, ça s’est très bien passé, avec bienveillance, sans avoir à crier. Il ne sortait pas de son lit et le matin, on ne manquait pas de le féliciter. Au final, il s’endort beaucoup plus rapidement que lorsque je restais avec lui…Il n’est jamais trop tard pour bien faire.

La reprise du boulot
Reprise du boulot mercredi, je ne m’y suis pas rendu sereinement. J’avais peur. Peur de craquer, peur des questions…Ca c’est bien passé quand même. Les élèves ne savaient rien, donc de ce côté là pas de problème. Mes collègues avaient été mis au courant, pas les profs (mais pas au courant de la grossesse). Un des surveillants vient me parler pour me dire qu’il voulait envoyer un sms de soutien, mais qu’il n’avait pas osé, pour pas qu’on soit submergé… J’ai répondu que ce n’était pas grave. Puis, il me dit qu’il connait des amis (classique, tout le monde connaît quelqu’un à qui un truc du même genre est arrivé) qui ont aussi perdu leur bébé mais eux après l’enlèvement d’un cerclage. Je le coupe, en lui disant que je n’ai pas perdu mon bébé mais qu’on a dû arrêter la grossesse car il avait un soucis. Ah… et j’ai poursuivi en disant qu’on allait parler d’autre chose sinon j’allais me mettre à pleurer, à quoi il a répondu « ah oui bien sûr pardon » et j’ai filé. Sinon hier, une prof un peu relou à lourdement insisté pour savoir pourquoi j’avais été en arrêt en me posant plein de questions comme « c’est ton fils qui a été malade? » ou autre, auxquelles je répondais toujours non et une de mes collègues lui précise que c’est perso, la prof tente encore et me dit « mais peut être que tu n’as pas envie d’en parler? »… ben non! tsss la relou. Enfin libérée ma collègue m’avoue qu’elle ne savait plus quoi faire pour s’en débarrasser… super les curieux…

La crémation
Ce matin j’ai envoyé un sms à ma sage femme pour savoir si elle en savait plus concernant la crémation. Au départ elle m’avait dit que ça se ferait sûrement mardi mais je n’avais pas eu de nouvelles depuis. Réponse fin de matinée : la crémation a été faite mercredi, j’ai le cœur lourd. Je me pose la question de me rendre au jardin du souvenir et crématorium.

La psy
Rdv chez la psy à 16h30. J’y suis restée 1h. J’ai parlé, elle a écouté. « hum hum oui » avec de la compassion. Mais je peux pas dire vraiment que ça m’ait aidé. Le fait d’en parler ça m’a fait pleurer (normal c’est douloureux et surtout encore très récent) mais ça m’a pas forcément fait « du bien ». Pas de mal non plus hein, mais je reste perplexe sur cet entretien. Soit la thérapeute ne m’a pas convaincu, soit j’estime que je peux avancer seule. Je ne pense pas que j’y retournerai.

La dispersion
Après ce rdv, je décide de me rendre au jardin du souvenir et au crématorium. J’aimerai en savoir plus si possible, je risque rien à demander. J’arrive sur place vers 17h50, une cérémonie est affichée de 17h30 à 18h. Je fais donc un tour dans le jardin du souvenir en attendant. J’emprunte le chemin le plus proche du crématorium, des dispersions ont été faite, dont une près d’un arbre, je me demande « s’il n’est pas là » et continue mon tour. Après 18h, les proches du défunt discutent devant le crématorium, je n’ose y entrer. Puis, ils commencent à partir. Je décide donc d’y aller. Je voudrai trouver quelqu’un et poser des questions. Au pire, on me refoule mais j’aurai essayer. A l’intérieur, la décoration est particulière, design mais dans le thème, apaisante. Je n’ai pas vu le bureau de suite à ma droite et une dame embêtée en sort et me dit qu’elle va bientôt fermer. Je m’approche d’elle et je lui dit que j’aimerai un renseignement (si elle est au courant).
« Mercredi, normalement, il y a eu la crémation d’un tout petit bébé… (je fonds en larmes), un petit bébé dans un couffin bleu »
« Gabriel? »
Et là je me sens, comment dire, le regard qui s’ouvre, pleine d’espoir.
« oui, Gabriel »
« C’est votre fils? »
« Oui, on a dû arrêter la grossesse, il y avait un soucis »
« vous voulez savoir le lieu de dispersion? »
« oui s’il vous plaît » (re-espoir)
« ok, je pars là, suivez moi, je vais vous montrer où je les ai mise, j’ai dispersé les cendres ce matin »
Je la suis, sur le chemin du crématorium qui mène dans le jardin du souvenir, elle m’indique l’arbre que je pensais.
« voilà, j’ai vidé ici, autour de cet arbre »
Je la remercie et en partant elle me frotte les épaules et me dit « courage ». Je la remercie encore.
Je suis rassurée de savoir où il est. C’est bête, moi qui disait que je n’aimais pas les tombes, ce lieu fixe avec une représentation que je n’aime pas… Au final, c’est contradictoire peut être. Je sais où la dispersion a été faite et quelque part, je me sens mieux. Je sais où est mon bébé 🙂 La dispersion se termine en un tout petit tas. Et là je me dis que je peux en prendre un peu, et l’amener aussi à la mer pour une autre dispersion (j’aime beaucoup la mer). Sauf que dans un sac à main on a pas forcément une boîte hein. J’avais sur moi, juste le sachet zip en plastique dans lequel j’ai reçu le petit ange qui le représente que j’ai mis sur mon bracelet Pandora… Coïncidence du lien…
Je quitte ce lieu « toute contente » d’avoir eu ces informations, rassurée, apaisée. Je vais pouvoir moi aussi faire une dispersion, et peut être mettre quelque chose sur place au jardin du souvenir, je ne sais pas encore. Déjà, pour son « anniversaire » je pourrais amener des fleurs (sur des groupes j’ai lu « anniverciel » c’est mignon je trouve). Bref, des possibilités. Oui, je sais, j’avais aussi dit qu’on récupérait des cendres surtout les affaires et le cercueil, mais oui c’est symbolique…

En presque 2 semaines, j’ai avancé. Oui j’ai toujours, et j’aurai toujours cette peine de cœur, une pensée pour mon ange, des regrets pour son absence (sans penser à la trisomie), le poids de la décision et de l’arrêt de la grossesse, toujours. Une place pour lui dans mon cœur, pour la vie. Mais j’ai aussi de l’espoir. L’espoir d’agrandir la famille et de continuer à avancer tous ensemble.

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Une semaine

Une semaine que j’ai accouché et que j’ai perdu mon ange… il me manque.

La douleur est toujours là (et je l’aurai à vie), les pleurs ce sont espacés, je suis nostalgique. J’imagine que c’est ça, être sur la voie de l’acceptation.

Le plus dur, c’est le soir au coucher, je ne peux m’empêcher de verser des larmes.

Mon ventre s’est aplati, mes aréoles redeviennent rose… le corps sait.

Quelquefois, il m’arrive encore de passer la main sur mon ventre, qui n’est plus rebondi, je me rends compte, je la retire peinée…

Avec M. Koala on est proche, mais on vit tout ça différemment. Lui s’est acheté un nouveau PC portable et a passé du temps à étudier les caractéristiques qu’il souhaitait, il a besoin de décompresser avec ses potes, il passe beaucoup plus de temps avec TiChou. Moi aussi je suis plus sur TiChou, mais j’aurai besoin de solitude aussi… On passe du temps ensemble aussi.

J’ai quand même fait du tri, rangé des affaires, fait de la place… Les affaires de bébé, de TiChou, que j’avais prévu de ressortir bientôt, je les ai rangées définitivement. Y a plein de choses que j’aurai aimé faire. J’ai eu des moments où j’étais active et d’autres pas, car besoin de ça aussi. Je n’aurai pas le temps de tout faire, la reprise du boulot est prévue pour mercredi mais tant pis ça attendra. J’appréhende cette reprise, mais il ne restera qu’une semaine et demi, après ce sont les vacances scolaires, donc ça va le faire (j’espère).

Difficile de trouver des personnes avec qui en parler car elles n’ont pas forcément vécu ça et les autres je ne vais pas leur rappeler leurs malheurs. Alors j’ai essayé quelques groupes Facebook sur le deuil périnatal, mais le problème c’est que là on est toutes avec la même peine et c’est pas super positif.

Du coup, j’ai demandé à ma sage femme pour un suivi psychologique (on m’en avait proposé un mais je n’étais pas décidée). Je sais pas si ça m’aidera, j’ai rdv vendredi, je teste et je verrai bien. Je lui ai demandé aussi où ça en était pour la crémation de notre ange et ça sera mardi en principe (donc demain), elle me tient au courant.

Avec M. Koala, nous avons décidé de se protéger jusqu’au retour de couche et ensuite de laisser faire les choses. Nous avons besoin d’un nouveau bébé… Aucun bébé ne remplacera notre ange qui restera notre BB2. Le prochain, sera BB3. Et j’espère que ça se passera bien (j’angoisse déjà rien que d’y penser) parce que nous avons envie d’accueillir un bébé dans notre maison et pas uniquement dans nos cœurs.

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Le vide…

Y a un truc que je peux affirmer, ce n’est pas parce que l’accouchement est passé, que c’est fini, qu’on est prêt à passer à autre chose… En tout cas pas pour moi, et pas maintenant (normal).

Je dirai que la douleur est pire, j’ai horriblement mal… Et qu’une fois fait, il y a le manque… le manque de son bébé.

Je me sens vide…

Les hormones de l’accouchement n’aidant sûrement pas.

Normalement, après un accouchement, on a bébé avec soit et on est rempli d’hormones ocytocines, le bonheur immense nous envahit, on kiffe bébé et ça nous fait potentiellement oublier les douleurs de l’accouchement.

Sauf que là…bébé n’est pas là. C’est comme si tout mon corps l’appelait, le réclamait.

Le vide, l’absence, le manque…me ronge.

Et là, je ne pense même plus à la trisomie, je veux mon bébé. Moi aussi je voudrait l’avoir dans mes bras, le câliner… sauf que c’est pas possible, c’est fini.

Je ne regrette pas ma décision qui a été la bonne, ça j’en suis sûre. La trisomie ne se soigne pas et on aurait pas pu savoir à l’avance comment et à quel degré elle l’aurait accablé. S’il aurait pu être heureux, s’il aurait souffert. On a préféré ne pas prendre de risque. Lui donner une chance pour une autre vie.

Mais ce bébé, je l’aimais quand même. Il était désiré.

Je pense à lui, tout le temps. Si je ne me retenais pas, j’en pleurerai à longueur de journée (j’y suis pas loin en fait) (encore merci les hormones, en plus du reste).

J’en veux à la terre entière. J’aurai voulu que mon bébé soit épargné.

Il me manque 😦

Je me demande comment je vais y arriver, comment continuer, penser à lui autrement.

J’ai une plaie ouverte que tout le monde essaie de panser, j’attends la cicatrice…