0

J’ai vu le film-docu « Et je choisis de vivre »

facebook

Dimanche soir je suis allée voir le film-docu « Et je choisis de vivre » en avant première, au cinéma Lumière à L’Union (31).

C’est un film que j’attendais avec impatience. J’avais pris le train en route en découvrant le projet et vraiment j’en avait été attiré.

 

Explications :

Et je choisis de vivre est un projet de film documentaire qui nous invite à traverser avec douceur et sincérité l’épreuve de la perte d’un enfant. Vivre cette expérience, c’est aller à la rencontre de cet élan de vie plus fort que la mort.

 

Synopsis :

70 min – Réalisé par Nans Thomassey et Damien Boyer
Numéro Visa CNC 2019001394 – Code distributeur associé 4886 – ORAWA

« Quand on perd son père ou sa mère on est orpheline, quand on perd son conjoint on est veuve mais quand on perd son enfant, il n’y a plus de mots »

À tout juste 30 ans, Amande perd son enfant. Pour se reconstruire, elle entreprend alors un parcours initiatique dans la Drôme, accompagnée de son ami réalisateur, Nans Thomassey. Ensemble, et sous l’œil de la caméra, ils partent à la rencontre d’hommes et de femmes qui ont, comme Amande, vécu la perte d’un enfant.

De cette quête de sens naît Et je choisis de vivreun film sur le deuil, à la fois sensible, émouvant et rempli d’espoir.

 

Bande annonce

 

Origine du projet :

Après l’enterrement de Gaspar, rien ne semble pouvoir empêcher Amande d’être engloutie par ce vide qui s’ouvre devant elle. Pour se libérer du désespoir qui les submerge, Amande et Guillaume, son compagnon, s’engagent dans une marche. Aussitôt, une chaîne d’amitié et de partage se forge avec ceux qui ont éprouvé la même indicible douleur.

Pour Amande, naît alors une idée de film qui pourrait être vu par le plus grand nombre afin d’apporter des clés et des témoignages porteurs d’espoir. Elle en parle à son ami d’enfance Nans Thomassey (Nus et Culottés – Série TV France 5) qui commence à écrire un scénario, enthousiasmé par l’idée.

Convaincu de l’importance du sujet, Nans commence à contacter différents producteurs mais se heurte très rapidement à la réticence que suscite la mort, un sujet tabou et peu créateur d’audience dans une société qui cherche à dissimuler la faiblesse et la douleur. Nans se rapproche alors de son ami Damien Boyer, producteur, qui accepte de se lancer dans l’aventure…  Le film qu’ils vont réaliser ensemble permettra au public de se mettre dans les pas d’Amande et de progresser avec elle dans la libération.

Pour récolter des fonds, l’équipe entame un tour de France et présente son film lors de 15 conférences « Deuil et renaissance ». L’engouement est au rendez-vous puisque près de 1 500 personnes y participent.

En parallèle, l’opération de financement participatif qu’ils ont organisée est un véritable succès : elle devient la 2e plus grosse levée de fonds en ligne (plus de 2 000 donateurs) pour un film après celle du film Demain

 

Les réalisateurs :

  • Nans Thomassey : je l’avais déjà vu dans « Nus et culottés« . Si tu connais pas je te conseille cette émission, vraiment sympa, où Nans et son ami partent nus comme des vers avec un fou projet en tête à chaque fois et ils doivent se débrouiller pour le faire sans dépenser d’argent (don ou travail), tout en se faisant habiller… J’ai découvert donc Nans avec cette émission et je l’ai trouvé très humain. Il est l’ami d’Amande et ce projet qu’il met en place avec elle est un véritable cadeau.
  • Damien Boyer : je l’ai rencontré après la diffusion du film, il était présent pour le débat. Très humain également une chouette personne.

 

Le prochain projet :

C’est une plateforme internet d’aide pour le deuil qui sera lancée en même temps que la sortie officielle du film début juin : https://www.mieux-traverser-le-deuil.fr/
Hâte de voir tout ça car vraiment c’est d’utilité publique.

 

Ce que j’en ai pensé :

Ce film est très touchant, forcément. Comme c’est encore à vif pour moi, je t’avoue que j’ai pleuré quasiment tout le long. Mais j’ai aussi souri et ri. Cette randonnée à travers la nature est apaisante. On y entend le bruit de l’eau et les feuilles descendre doucement la rivière, les somptueuses couleurs de l’automne, les paysages magnifiques… Amande va faire différentes rencontres, comme par exemple avec un thérapeute, Christophe Fauré, (j’ai eu aussi l’occasion de voir une conférence en vidéo et j’aime beaucoup son discours, vrai, déculpabilisant, tourné vers l’espoir… quelqu’un que j’aurai aimé rencontrer quand j’étais au plus bas, et pourquoi pas même maintenant), des personnes ou familles ayant vécu le deuil d’un enfant chacune à leur manière et qui en ont ressorti une force de vie, un choix de vie et nous le raconter.
J’ai donc beaucoup aimé, c’est passé vite et j’aurai aimé en voir plus. Mais bon, le film aurait été super long ^^. Ceci dit, Damien a dit que des morceaux du film coupés ou plus longs seront mis en ligne 🙂
Enfin, un film qui parle du deuil, notamment d’un tout petit, fallait oser. Il va résonner pour toutes les mam’anges comme moi, tous les parents endeuillés et leurs proches mais pas seulement.
Je vous le recommande donc et j’ai plein d’espoir aussi pour le site internet dédié au deuil.
Les maîtres mots : bienveillance, empathie, écoute, voir le positif de la vie, se reconnecter avec soi-même, accueillir les émotions, enlever la culpabilité lors de moments de bonheur, espoir

Tu trouveras toutes les projections ici. S’il n’y en a pas près de chez toi, tu peux aider en devenant ambassadeur et organiser une projection ici.

Bon visionnage et n’hésite pas à venir en parler ici (en commentaire) et sur la page Facebook 😉 (sous ce post)

 

 

Publicités
0

Explications pour réaliser petits couffin et nid d’ange au crochet pour tout petit bébé (ange)

Quand j’ai réalisé le couffin pour Gabriel, je n’avais pris aucune note. Je ne pensais pas avoir à en refaire un… Pour Elaïa, j’en ai pris. Pas pour encore en refaire, j’espère, mais je me suis dit que je pourrais partager ça pour les autres mamanges.

J’ai eu ce besoin d’accompagner mes petits anges, de les « envelopper » qu’ils ne soient pas nus. Dans le commerce, on peut voir au rayon poupée mais très souvent c’est rose et pour les poupons de 20 cm environ (par ex), ben c’est trop large (un tout petit bébé c’est maigrichon).

Toutefois, des associations peuvent envoyer gratuitement un petit nid d’ange/angeline :
Lou’ange
A Bras cadabras (ensemble pour les prémas)
Ces associations fournissent les maternités, il est possible que la tienne soit équipée, sinon il ne faut pas hésiter à les mettre en relation.

On trouve quelques tutos au tricot, notamment sur le site de Lou’ange mais au crochet je n’avais pas trouvé grand chose (perso je préfère les vidéos).
Quelques liens tout de même :
Nanoucrochet (angeline et bonnet), Nanoucrochet (nid d’ange), Le petit monde de Laure (nid d’ange).

J’ai appris le crochet sur youtube (oui oui ^^) avec ça :
cours de crochet n°1
cours de crochet n°2
Avec un crochet n°6 et une pelote de chez Zeeman.
Avec entrainement je suis arrivée à faire quelques trucs quand j’étais enceinte de TiChou (voir « crochet » dans le sommaire).
Je suis loin d’être experte, je me suis débrouillée, donc excuse-moi par avance si c’est du bidouillage 🙂
En premier lieux, faire en fonction de la taille du petit ange. Je te donne un tableau fait par Lou’ange qui donne une petite idée déjà :
Tableau-MesureSiteMes anges avaient un peu plus de 16 SA et mesuraient un peu moins de 20 cm. Je suis parti sur 20 cm et qu’ils soient bien.

Matériel nécessaire :
– crochet (n°6 pour le couffin et n°4 pour le nid d’ange)
– pelote de fil (7-8 pour le couffin et 3-4 pour le nid d’ange)
C’est pour pour faire de la pub mais on trouve beaucoup de choses à tout petits prix chez Zeeman. Sinon on peut aussi trouver bonheur chez Mondial Tissus, Gifi, La Foire Fouille….

 

Pour le couffin :
J’ai trouvé un tuto sur youtube mais pour un couffin de poupon. J’ai donc dû un peu adapter. Avec un crochet n°6 et du gros fil (je n’avais pas trouvé le même fil que sur le tuto près de chez moi).
– La base :
Moïse couffin crochet partie 1/2
Pour réduire le couffin j’ai fait moitié moins de mailles chaînette. Elle en fait 18, j’en ai fait 9. Ma base de couffin mesure alors environ 30 cm. Elle fait 12 rangs et je n’en ai fait que 8 (exactement de la même manière quelle sauf que je me suis arrêté à la fin du 8ème rang).
– le tour et la capote :
Moïse couffin crochet partie 2/2
Pour adapté, je n’ai monté que 5 rangs avant de faire les anses et pour qu’elles se voient mieux j’ai fait 8 chaînettes au lieu de 6 (je trouvais que ça faisait plus joli) et j’ai fait 9 mailles serrées dessus. Faire un ou 2 rangs (voir selon visuel) avant de s’arrêter.
La capote c’était pas évident. Je n’ai pas pu me baser comme elle vu qu’on avait pas le même nombre de rangs/mailles donc j’ai bidouillé. J’ai essayé de faire des augmentations/diminutions quand au même moment qu’elle (et je ne comprends pas mes notes j’ai noté 20 mailles serrées et 32 mailles serrées). Je termine plus tôt qu’elle, forcément.
J’ai choisi de faire tout le tour du couffin d’Elaïa avec le reste du fil bleu utilisé pour Gabriel. J’ai réalisé 3 nœuds en maille chaînette que j’ai noué puis passé un fil dedans et dans le couffin pour les attacher (ça fait un dégradé de couleur mais parce que c’est la pelote qui est comme ça).
Comme mon couffin a été réalisé en fil classique et pas comme le sien, il a un peu moins de tenu. J’ai donc mis dans le fond un carton découpé aux dimensions. J’ai cousu un petit matelas  dans lequel j’ai inséré le carton découpé et de la ouate de coussin.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

Pour le nid d’ange :
J’ai choisi de faire très simple et classique. Ce sont 2 rectangles (un plus court que l’autre qui a la capuche) que j’ai fais en maille serrées.
En général, un nid d’ange s’ouvre sur le côté. Sur les conseils que j’ai eu (photographe Souven’ange), il vaut mieux un nid d’ange qui s’ouvre sur les 2 cotés (pour tout ouvrir et bien découvrir bébé pour les photos) et donc totalement fermé en bas.
Avec un crochet n°4 j’ai monté 20 mailles chaînettes, puis, j’ai crocheté pour arriver à une longueur de 16 cm environ. Marquez l’ouvrage. Ensuite montez la capuche. On continue le rectangle pour le fermer en fait. Ça donne, après le marqueur, un carré. Pour fermer le carré et faire la capuche, il suffit de replier les 2 coins et les rapprocher.
Regardez ici et .
Pour le devant, j’ai également monté 20 maille chaînettes mais fait que 15 cm de longueur. J’ai relié les 2 parties là où j’avais fait les mailles chaînettes, par une maille coulée.
J’ai choisi de faire un petit pompon que j’ai mis au bout de la capuche et de mettre des liens en ruban pour fermer. Vous pouvez aussi mettre des petits boutons.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

J’aurai aimé faire celui là en forme d’étoile, en adaptant les mesures, car il est très beau mais j’ai finalement fait classique. Je mets quand même le lien pour celles que ça intéresse ici.

Bon à savoir : pour un petit ange, si vous ne pouvez faire un bonnet, une moufle (vendue en magasin en paire avec un bonnet nouveau-né) fait très bien l’affaire (cf mes photos prises avec le couffin).
Gabriel n’avait pas de bonnet, Elaïa en avait un (la moufle) et j’ai préféré avec.
En urgence, on peut aussi prévoir un lange à plier pour emmailloter le bébé.

 

Voilà j’espère que ça va aider, sinon n’hésitez pas à me contacter via ma page Facebook.

 

 

0

<3 Gabriel 1 an <3

Ça faisait un moment que je n’avais pas écrit… J’ai eu un passage plus difficile à gérer, mais je le sais, le deuil c’est par vagues. Ça s’éloigne, ça revient, mais tous les jours je pense à eux ❤

Ce que j’en ressors encore aujourd’hui n’est que douleur et tristesse, même si je suis plus apaisée. Je ne ressens plus de colère mais j’en suis bien amère…

J’ai toutefois un  poids en moins, car finalement, monsieur Koala n’a pas eu à réfléchir longtemps pour BB4. Il a peur, tout comme moi, mais il a aussi envie qu’on ramène un bébé en bonne santé à la maison. Alors il a dit qu’il ne voulait pas me/nous priver de ça.
Mais voilà, je suis partagée entre la crainte que ça nous arrive encore une fois (car même si nos caryotypes sont revenus sans rien, la technologie actuelle ne permet peut être pas de trouver quelque chose) et le besoin intense de serrer mon bébé dans les bras, en vie et en bonne santé.

Je repense à ce que le généticien m’avait dit, 2 fois c’est très rare mais 3 fois je n’ai jamais vu. Et bien, moi j’ai « vu ». Très récemment, suite à une émission sur le sujet, j’ai trouvé un nouveau groupe Facebook de paranges. Et là, j’y ai trouvé une canadienne à qui c’est arrivé 3 fois… Ses 3 premiers enfants… Sachant que pour BB2 et BB3 ce n’était pas le même papa que BB1, elle m’a dit que clairement elle savait que ça venait d’elle. Son caryotype a été fait une première fois après son 2ème, puis un nouveau, renforcé avec son dernier. Je sais pas pourquoi chez eux les examens sont plus tard, et donc détecté plus tard aussi. Elle est désespérée et quand je lui ai demandé s’il lui était possible qu’on lui sélectionne des embryons (via une FIV), elle m’a répondu que c’était hors budget pour eux (pas remboursé chez eux) 😦 Elle ne veut plus tenter.
Son généticien pense à une T21 en mosaïque très faible chez elle avec localisation sur les cellules germinales. Et donc on ne peut rien voir.

J’avoue que tout ça me pose question… Et si ça recommençait? Comment on le gérerai?
C’est une prise de risques…mais est-ce qu’on est prêt à ça encore? La réponse est non, on cherche forcément l’issue heureuse, on ne veut pas penser au pire. Et pourtant…

1 an déjà… que j’ai accouché de mon petit ange, après la nouvelle qui nous a bouleversée… C’est passé à une vitesse… Avec entre-temps, une nouvelle grossesse et sa petite sœur qui l’a rejoint 😦

Ça fait longtemps que je pense à cette journée. Qu’est-ce qu’on peut faire pour les 1 an (et les autres « anniverciel ») de nos petits anges?
C’est très personnel je pense. Certaines familles, mangent un gâteau, d’autres fleurissent la tombe, organisent un lâché de ballons… J’avoue j’ai regardé un peu ce que faisait les autres. Je voulais marquer le coup, que se soit doux mais aussi discret (que pour nous).

J’ai amené des fleurs au jardin du souvenir. J’ai choisi celles-ci, qui me font penser à des petits soleils :

54516850_2337737749789615_771910806840279040_n

J’ai aussi allumé une bougie (je l’ai mise ensuite au-dessus du meuble car ça chauffe) :

55444920_2188317681226033_65102281049112576_n

Et ce soir, nous avons allumé et laisser partir une lanterne :

 

Je l’ai regardé s’envoler et disparaître.

Joyeux anniverciel mon ange… ❤

 

 

 

1

Les caryotypes

Après les résultats qui avaient confirmé la T21, nous avons fait avec M. Koala, chacun une prise de sang pour analyser nos caryotypes.
Dans l’attente des résultats, je dormais mal. J’imaginais tout et n’importe quoi. Quelque chose d’équilibré chez l’un de nous, et que TiChou serait porteur et pourrait vivre la même chose que nous. Ça me rendait malade… Ou une faible mosaïque chez l’un de nous. Et mes pieds avec gros orteils en « sandales », chose que l’ont peut trouver chez une personne atteinte de T21, me faisait penser que ça pouvait être moi… (pas tous ont cette spécificité). M. Koala lui attendait simplement. Il disait avoir vécu durement l’attente des résultats du bébé, beaucoup plus que ceux là, ou juste il attendait.

Mais moi, si j’étais anxieuse, c’est que je savais aussi que ça pourrait déterminer l’avenir d’un éventuel bébé en bonne santé par la suite, d’un bébé tout court même…

Car, nous avons peur tous les deux que ça recommence. Rien ne pouvait présager une récidive, c’est très rare on nous a dit. Mais voilà, c’est arrivé. Qui nous dit que cela n’arriverait pas encore? On dit jamais 2 sans 3 hein. On m’a dit aussi que la troisième fois c’est la bonne :/

J’ai peur, mais d’un autre côté, ce qui pèse beaucoup dans la balance, c’est que j’ai tellement envie (et besoin) de vivre une grossesse normale (jusqu’au bout) et de ramener un bébé en bonne santé à la maison…
Alors que M. Koala, très refroidi, dit qu’il a besoin d’y réfléchir. Il se peut qu’on arrête là.
Et là c’est dur, si on est pas d’accord (à ce moment là rien n’est fait, on attend les résultats mais on en parle). Si jamais moi je veux et pas lui. Ça deviendrait compliqué. Ça voudrait dire que je devrai mettre de côté ce désir profond et l’oublier 😦
Je lui dis alors que ça serait à lui de gérer une contraception (après tout hein) et que s’il ne veut plus du tout d’enfant, il peut songer aussi à une vasectomie.
A ce moment, il ne voit pas aussi loin et dit qu’il faut réfléchir.

Nous avons eu les résultats la semaine dernière. Y a rien. Les analyses sont normales.
Alors, du coup, d’un côté, je suis soulagée car je me dis que TiChou n’a rien non plus.
Mais, on ne sait toujours pas pourquoi finalement. On se dit qu’on va attendre celui du bébé.

Presque une semaine passe encore puisque je n’ai eu les résultats qu’hier.
La trisomie est encore libre et homogène.

J’ai pu avoir le généticien.
Pour lui, c’est très rare, 2 fois « pas de chance », ça ne s’explique pas vraiment.
La translocation est écartée et le seule possibilité, très rare, serait éventuellement une T21 en mosaïque germinale (c’est-à-dire, une cellule avec 3 chromosomes 21 qui serait présente à l’endroit de la production de spermatozoïdes ou d’ovules) mais bon peu probable et surtout même avec ça un pourcentage faible pour lui pas trop possible.
Je demande s’il est possible d’analyser nos ovules (nécessité d’une stimulation du coup) et nos spermatozoïdes. Mais pour lui ça ne donnerai pas forcément d’indications intéressantes. Il m’explique que pour les spermatozoïdes il existe des aberrations qui nous ferait « peur » alors que ça arrive souvent et ne donne rien et que pour moi ça serait lourd (ponction…) et ne donnerai rien spécialement non plus. C’est pas quelque chose qui se fait trop.
Alors du coup comment savoir que cela ne se reproduira pas?
Il me dit qu’une récidive est très rare, mais que ça arrive, qu’en tout cas trois fois il n’a jamais vu.
Pour lui, (ce sont ses mots) ce serait dommage de se priver d’une grossesse vu les risques par rapport au bénéfice. Que c’est dur ce qui nous est arrivé mais qu’il n’y ait pas de raison que la prochaine fois ça ne se passe pas bien (moué).
Il me conseille pour une éventuelle prochaine grossesse. Bon déjà il faut attendre de passer le premier trimestre, dans tous les cas. Faire l’écho du premier trimestre avec prise de la clarté nuccale. Pour lui, le tri-test ne sera pas utile et me dit de venir faire directement un DPNI entre la 13ème et la 14ème semaine. Les analyses seront passées en urgence (10 jours normalement). On pourra se revoir à se moment là.
Voilà, faut faire avec ça…

J’ai eu derrière la sage femme qui m’a fait les échos, vu qu’elle souhaitait être tenue au courant des résultats (elle est en commission et notre cas est suivi là bas). Je lui ai transmis ce qu’il m’avait dit. Pour le tri-test, elle, elle préfère quand même que se soit fait car ça peut donner d’autres indications, soit. Elle me dit que oui, faut retenter, ça serait dommage. Je demande si, par rapport à mon corps il faut attendre ou pas, vu que, quand même, j’ai eu 2 moitiés de grossesse en moins d’un an. Pour elle non, aucune raison, c’est surtout quand on se sentira prêt. Elle me demande ce que j’ai eu comme prescriptions (acide folique, vitamines…) et me demande des nouvelles : comment je vais, comment je gère, si j’ai besoin d’un suivi… On se quitte sur un « courage » et « à bientôt ».

En rentrant, je fais part de tout ça à M. Koala, qui dit « ça se réfléchi ».

Le lendemain matin, réveil bisous et il me sort « tu crois qu’on aura un autre bébé ici avec nous? »
Ben comment te dire que ça va dépendre un peu de toi ^^
Je lui dis qu’il ne faut pas dire des choses comme ça s’il ne sait pas ce qu’il veut, car pour moi c’est dur.

Comme d’habitude, pendant la première semaine de vacances, je pars avec TiChou dans la famille dans le sud est, près d’Aix-en-Provence. M. Koala se retrouve donc seul (et profite ^^) et va prendre ce temps pour réfléchir…

A suivre 😉

2

La crémation et la dispersion

Dimanche matin, avec TiChou, je suis allée en jardinerie, pour acheter 2 moulins à vent. Un va remplacer celui de Gabriel, qui est un peu passé par le soleil, et l’autre sera pour Elaïa. Je les ai marqué de leurs prénoms et de leurs dates de naissance.

Lundi, reprise du boulot. Je montre à mon directeur, pas sans émotion, l’acte d’enfant né sans vie (il est étonné et touché). Je lui parle de la crémation et de la dispersion, s’il m’autorise à m’absenter, que je pourrais récupérer des heures. Il me dit qu’il n’y a vraiment aucun problème, pas d’heure à poser, c’est normal et que si j’ai besoin je prenne le temps qu’il faut. Je lui dis que ça va aller, c’est juste que là, en sortant le document, c’est pas facile, mais je reprends. Je le remercie.

Je sors vite du boulot et à 12h j’étais au crématorium.
Je suis reçu par une dame et un monsieur qui m’explique qu’en fait la police est déjà passé, le scellé déjà fait et tout attend dans le four…
Je demande s’il est possible de voir mais du coup non.
Par contre, la dame me dit que la dispersion est programmée mardi à 14h et non pas le jour même.

Je préviens donc mon directeur car du coup, je suis aller travailler lundi après-midi, j’aurai besoin du mardi après-midi. Pas de problème pour lui.

Cet après-midi je me rends donc au crématorium. La dame était au courant. Elle me dit qu’on peut y aller et va chercher l’urne. C’est une petite urne en métal, qui a environ la taille d’une petite bouteille d’eau 0,5 l mais elle m’explique qu’en fait elle n’est rempli que d’un tiers à peu près.

Au jardin du souvenir, nous allons au pied de l’arbre « où est Gabriel ». Elle ma propose de disperser moi même si je le souhaite, ce que j’accepte. J’en garde un peu dans un petit sachet zip, pour en jeter à la mer, comme pour Gabriel (normalement on peut pas en garder).

On discute pas mal. Elle est gentille et compatissante. Je lui parle du projet, on parle petits anges… Elle m’explique que c’est méconnu le deuil périnatal, et que c’est depuis qu’elle fait ce métier qu’elle sait. Parce que sinon on ne se doute pas. C’est vrai, on y pense pas. Elle me souhaite du courage, du bonheur par la suite, me salue et me laisse seule. Je la remercie.

Je place les 2 moulins à vent. D’abord celui de Gabriel, qui se met à tourner, puis, celui d’Elaia, qui fait de même. Je les regarde. J’aime ce mouvement, qui donne l’impression qu’ils sont là. A chaque brise, chaque vent, ils tourneront, montrant ainsi qu’ils ont existé.

J’ai enfin compris pourquoi je vivais différemment pour Elaïa. Je les aime tous les deux, je souffre pour eux pareil. Mais j’ai réussi à laisser partir Elaïa, sans la « retenir » (c’est imagé ce que je dis). Gabriel j’avais eu beaucoup de mal.
C’est ça qu’on appelle le « lâcher prise » il me semble.
Laisser le petit ange partir là où il doit aller… 🙂

 

52482026_1899132506880489_8703316660552990720_n

0

Ma mission : le rdv à la mairie

Je sais plus si tu te souviens de ma « mission ». Un projet que j’avais rédigé pour la création d’un espace pour les petits anges au jardin du souvenir.
Je voulais encore relancer en janvier, souhaiter les vœux et mine de rien et demander où ça en était. Mais je n’ai pas pu vu les circonstances.

Une semaine avant l’accouchement, je reçois un appel de la mairie. Mon projet a retenu l’attention de l’élu, on me demande mes disponibilités pour un prochain entretien. On va me présenter quelque chose. Je suis contente.

La semaine dernière, on me rappelle pour fixer ce rdv au 15/02.

Dans la semaine, avec ce contact par mail de la secrétaire de l’élu que j’avais eu plusieurs fois, j’en profite pour demander un service : si les « cendres » d’Elaïa peuvent être placées au même endroit (même arbre) que celles de Gabriel. Pour que mes 2 anges soient ensembles. On m’a répondu positivement et la personne que j’ai eu ensuite au téléphone a pris des notes. J’aurai aimé qu’elle me propose de me prévenir et de venir mais bon…

Je me rend donc au rdv, avec une autre mam’ange, qui m’a aidé pour contacter l’hôpital et les cliniques pour avoir des infos (chiffres, statistiques) sur les bébés nés sans vie ou décédés.

Au rdv je retrouve le monsieur de l’état civil qui gère les décès et les cimetières. Je le reconnais et il me reconnaît aussi (vu qu’on s’est revu récemment). Il y a aussi une autre responsable et l’élu qui est arrivé plus tard.
Ils me donne des nouvelles sur ma demande « de service ». Ils me disent que tout a été réglé, ça sera fait comme mon souhait. Je remercie et dit que je n’ai aucune nouvelle de la clinique qui devait me tenir au courant de la date de crémation. Ils m’annoncent que c’est lundi, me donnent les horaires. Je ne m’y attendait pas, cela me touche 🙂
On parle du lieu. Ça sera un espace pour les touts petits : enfants nés sans vie, décédés, jusqu’à l’âge de 5 ans. Pour ceux dont les parents le souhaitent et tous ceux qui auront signé une décharge à l’hôpital ou les cliniques (crémation à la charge de l’établissement). Cela ne pourra être à l’actuel jardin du souvenir car ils me disent qu’il y a eu des dispersions partout. Ils me proposent l’ancien jardin du souvenir dans le cimetière d’à côté. Un petit jardin qui ne sert plus depuis bien une dizaine d’années, depuis que le nouveau, beaucoup plus grand, a été inauguré.
C’est donc un espace à part, clôturé avec 2 portails (on peut y rentrer). Il y a des grands pins. Il y aura un banc. Une stèle est déjà présente, elle sera re-gravée et des petites plaques pourront y être ajoutées à la demande des parents avec nom, prénom… et ça c’est chouette (le bonus!).

J’ai essayé de gratter des plantations, mais ça demande de l’entretien (y a déjà la tonte et enlever les aiguilles des pins) et il faut de la place et que ça reste sobre :/
J’ai proposé un arbre en fer forgé ou autre. Donc pour des trucs plus précis ils reviendront vers nous. J’ai pensé à ce genre de choses (arbres de vie en métal, arbre du souvenir dans un jardin du souvenir) que je leur enverrai :

Comme on est d’accord déjà sur le lieu et la stèle, le projet va être présenté à Mme le Maire pour qu’elle valide (on me dit que cela ne devrait pas poser de problème).

Fin de rdv, on se salue. Le monsieur de l’état civil, me dit « j’espère qu’on se reverra à l’état civil mais que vous soyez de l’autre côté, aux naissances, pour une bonne nouvelle, et que vous me fassiez un coucou quand même ». Cela me touche beaucoup et je lui répond « j’espère » 🙂
Il est super gentil je trouve. La dame aussi d’ailleurs, qui a été touché par nos histoires et notre demande, ainsi que l’élu.
Le monsieur de l’état civil nous raccompagne et on reparle de ce rdv, de l’approbation de Mme le Maire (que ça peut se faire vite) et de la crémation d’Elaïa. Il me redonne les horaires et me dit que je peux y aller 0_0
Je ne pensais pas pouvoir, du coup cette possibilité s’offre à moi.

Cela me fait bizarre. L’impression que tout ce que je n’avais pas pu faire avec Gabriel, qui m’avait fait souffrir, là j’ai pu (et je peux) le faire avec Elaïa… Je me pose plein de questions…

Nous sommes satisfaites de ce rdv et avons hâte de la suite.

2

Cette douleur…

Cette douleur… que je connais déjà, qui commençait à peine à se « soigner » mais avec une plaie toujours ouverte tentant de se refermer. Elle s’est ouverte à nouveau, plus grande. Et même en le vivant différemment, c’est la même souffrance après.

Pour Gabriel, l’attente des résultats avait été plus douce, contrairement à Elaïa où elle était insupportable, parce qu’on connaissait l’issue.
Pour Gabriel, la naissance avait été stressante et dure, alors que pour Elaïa elle était plus douce.

C’est l’après qui est identique. La souffrance, le manque…

Et pourtant, j’avais essayé de me protéger, avec un premier trimestre presque détaché, en ne m’investissant pas dans cette grossesse, par crainte. En prenant du recul au maximum. J’avais rien acheté pour le bébé, ou presque, uniquement un petit sarouel tissu arc-en-ciel, qui allait bien à ce bébé espoir. Et c’est pendant que je cherchais le petit bonnet assorti que tout à basculé. Me retournant ainsi à la réalité. Comme quoi, rien n’est acquis ni gagné 😦

C’est peut être parce que j’ai voulu me protéger, que je n’ai pas bien réalisé. Les résultats ont atterris comme une bombe et même si je savais ce qui allait se passer, j’ai eu beaucoup de mal à y croire, à l’accepter. Ce n’était pas possible, pas mon bébé espoir…

Il a bien fallu que je me rende à l’évidence. J’ai dû préparer sa venue, comme pour Gabriel, avec à l’idée d’essayer de faire ce que je n’avait pas pu/pas oser faire avec lui.

C’est le retour à la maison le plus dur. Encore une fois, les bras vides, le cœur lourd, sans bébé 😦
Avec un TiChou qui commence à comprendre un peu plus et demande si le bébé va revenir… « Et non mon cœur, c’est pour ça que je suis triste, le bébé est parti au ciel, il ne reviendra pas. Nous avons 2 bébés au ciel ».

Ce sentiment d’injustice, pourquoi encore? Pourquoi ne pas avoir un bébé espoir. Juste un. La vie s’acharne, on ne comprend pas.

L’espoir s’en est allé…